Prix du livre de la liberté intérieure 2026, la sélection (2/7) : "Le Visage de la nuit", de Cécile Coulon
Le Prix du livre de la liberté intérieure, organisé par l'émission Le Jour du Seigneur, sur France 2, a sa place tout l’été sur les ondes de RCF Notre Dame. Odile Riffaud a lu "Le Visage de la nuit", de Cécile Coulon (éd. L’Iconoclaste). C’est l’un des sept livres en sélection.
"Le Visage de la nuit", de Cécile Coulon, dans la sélection du 9e prix du livre de la liberté intérieure ©éditions de L'IconoclasteLa nature de nuit évoquée avec puissance
Cécile Coulon qui enrichit avec cet ouvrage une œuvre remarquée, installée dans le paysage littéraire, elle a déjà reçu de nombreux prix pour ses romans et recueils de poèmes. "Le visage de la nuit", c’est l’histoire d’un enfant sans nom ni prénom, dont le visage a été défiguré par la maladie. Il est devenu littéralement un monstre, et son père en a perdu la raison. L’enfant a donc été recueilli par le curé du village, qui a entrepris de l’éduquer avec l’ancienne institutrice, une femme aveugle.
"Le visage de la nuit", c'est celui de cet enfant si monstrueux qu’il ne peut sortir que la nuit du presbytère pour fuir le regard des habitants du village. La nuit, ce sera à la fois son moment de liberté, d’expérience du monde, et aussi son lieu de vie. C'est une atmosphère dans laquelle le narrateur nous plonge avec une grande puissance d’évocation. La nature par temps d’obscurité est comme un espace-temps à lui tout seul.
Quelque chose de lumineux dans ce récit initiatique
Cécile Coulon emprunte au polar et aux romans gothiques. La nuit est bien le lieu de concentration de toutes nos peurs primaires. Mais le jeune héros apprivoise ce temps et ce lieu, il en voit la beauté. Le nom du village, "Le Fonds du Puits", fait penser à l’univers réaliste et étrange à la fois d’un Murakami et de ses "Chroniques de l'oiseau à ressort", où il est question d’aller s’isoler au fond d’un puits comme pour trouver une conscience de soi. Chez Cécile Coulon, la nature est omniprésente et Le Fond du Puits semble plus correspondre à une topographie qu'à un village, avec ses rues et ses places. Malgré l’aspect dérangeant et même macabre de l’histoire, on peut trouver quelque chose de lumineux dans ce récit initiatique.
Cela tient surtout à la figure du prêtre, qui joue un rôle important dans l’histoire. Il pose un regard profondément bon et juste sur cet enfant que tous désignent comme un monstre. Ce n’est pourtant pas de la littérature catholique à proprement parler. Le rapport à la mort peut interroger. Cette œuvre littéraire a toute liberté à reconsidérer le rapport à la mort. Il est écrit : "Un être est déclaré mort mais cela ne signifie pas que la vie l’a quitté.. en lui d’autres vies continuent, celles des bactéries, des chairs, des muscles…" Cela renvoie à une vision très contemporaine de la mort nourrie d’une approche écologique.
Reste que faire l’expérience de la liberté intérieure, c’est parfois aller à contre-courant, contre tous les enfermements, trouver de la lumière où sont les ténèbres, de la joie où est la tristesse. Ce que dit la fameuse prière de saint François d’Assise, qui est d’ailleurs le saint patron de l’écologie. Si la lecture du "Visage de la nuit" pouvait nous l’inspirer, la lecture de cet ouvrage serait une belle expérience de liberté intérieure !


RCF Notre Dame est partenaire du Prix du livre de la liberté intérieure, organisé par l'émission Le Jour du Seigneur, sur France 2. Tout au long de l'été dans La Matinale, et avant la remise du prix en septembre 2026, Odile Riffaud vous présente les ouvrages en sélection.

