Actualité chrétienne
Revenir aux sources pour redécouvrir le message de La Salette
Dans cet entretien, Emmanuel Decaux, vicaire général du diocèse de Grenoble-Vienne, revient sur le sens de son ouvrage. Il explique pourquoi il a voulu repartir des documents authentiques de La Salette, afin d’éviter les approximations et de retrouver la force d’un message qui parle encore aujourd’hui.
Un message à redécouvrir
S. D. Ce message a-t-il encore une actualité ?
E. D. Oui, notamment parce qu’on ne le connaît pas bien. Le 180e anniversaire est une belle occasion de le reprendre. Il existe des documents authentiques — des lettres, des notes, des échanges — et c’est passionnant. Mais c’est très peu connu, très peu lu.
Je me suis appuyé uniquement là-dessus, pour éviter les approximations et essayer d’entendre ce que cette « belle dame » a dit à deux enfants très simples, et comment cela peut nous parler aujourd’hui.
S. D. Pourquoi cette insistance sur les sources ?
E. D. Parce qu’on a fait dire à Marie un tas de choses qui n’avaient rien à voir avec le message. Tout le problème est là. Quand on revient aux documents authentiques, c’est d’une richesse extraordinaire, bien plus que tout ce qui a pu être ajouté ou déformé.
Une invitation à se mettre en chemin
S. D. En quoi ce livre est-il une école de prière ?
E. D. Ce qui m’a marqué, c’est le passage entre le début et la fin de l’événement. Au départ, deux enfants endormis auprès d’une source qui ne coule plus. À l’arrivée, ces mêmes enfants envoyés annoncer une bonne nouvelle, avec une source qui s’est remise à couler.
Qu’est-ce qui s’est passé entre les deux ? Comment passer, nous aussi, d’un certain endormissement à un élan missionnaire ? La prière peut nous aider à faire ce passage.
S. D. Les thèmes que vous développez parlent-ils encore aujourd’hui ?
E. D. Oui, parce que l’expérience elle-même parle. La montagne, la lumière… Les enfants disent qu’ils ont vu une clarté au début et à la fin. Tout est baigné de lumière. Et cette lumière, c’est celle du Christ. Cela fait partie du message. Il faut s’approprier tout cela.
Une question simple, mais radicale
S. D. « Faites-vous bien votre prière ? » Une question très simple ?
E. D. Oui, mais très profonde. Marie s’adresse à deux enfants qui n’ont quasiment aucune culture religieuse. Et elle leur demande s’ils prient. Cela nous rejoint directement : est-ce que je suis un homme de prière ?
L’enjeu n’est pas la quantité. « Quand bien même ne diriez-vous qu’un pater et un ave, c’est bien assez. » Ce qui compte, c’est la disposition du cœur.
Un message pour aujourd’hui
S. D. Peut-il éclairer notre monde actuel ?
E. D. Les gens de l’époque ont compris. Ils ont entendu ce qui leur était dit et ils l’ont traduit dans leur quotidien. Dans leurs difficultés, ils ont compris qu’ils pouvaient se tourner vers Dieu.
Aujourd’hui encore, la question est là : comment vivre tout cela sous le regard de Dieu ? C’est très actuel, mais cela demande un vrai travail d’écoute personnelle.
S. D. Vous parlez d’une « main tendue »…
E. D. Oui. Mélanie voulait remonter à La Salette. Cela montre qu’elle n’a pas reçu ces paroles comme une menace, mais comme une invitation. Une main tendue pour vivre quelque chose de nouveau. Il faut retrouver cette simplicité du message.
Changer de regard
S. D. Qu’est-ce que cela change pour vous ?
E. D. Cela m’apprend à prendre de la hauteur et à accueillir une lumière nouvelle sur mon quotidien. Une lumière qui permet de regarder les choses autrement.



