Prêtre et médecin : un choix possible au séminaire St Paul VI
Dans le diocèse de Lille, deux jeunes hommes sont ordonnés cette année, l’un diacre en vue du sacerdoce, l’autre prêtre. Tous deux ont un point commun: ils ont poursuivi leurs études de médecine en parallèle de leur formation au séminaire, grâce à la formule proposée par le séminaire St Paul VI. Une manière originale de se préparer au ministère de prêtre, qui peut conduire certains à poursuivre l’exercice de leur métier en parallèle de leur quotidien au service des âmes.
Charles Midol est médecin en hôpital et bientôt ordonné prêtre dans le diocèse de Lille. Crédits: service communication diocèse de Lille« L’idée n’est pas de former des futurs prêtres qui travailleront, mais plutôt de s’adapter à des profils différents. L’Eglise demande à ce que les jeunes aient déjà terminé une formation avant d’entrer au séminaire, cela permet donc à des jeunes encore en études d’avoir un vrai temps de discernement » explique Charles Midol, diacre en vue du sacerdoce dans le diocèse de Lille.
Le séminaire St Paul VI qu’il a fréquenté propose en effet cette formule différente des séminaires classiques : « Il s’agit d’une formation sur le modèle de l’alternance, uniquement dans les premières années de séminaire, en parallèle de la poursuite des études ou d’une activité professionnelle » précise le père Bruno Becker, curé à Lille et ancien formateur au séminaire St Paul VI. Le but ? Former des prêtres aux compétences riches pour l’Eglise et pour le monde.
Une mission d’Eglise
Après leur ordination, l’immense majorité d’entre eux se consacrera entièrement à son ministère de prêtre. Mais certains, en accord avec leur évêque, peuvent obtenir la possibilité de consacrer une partie de leur temps à l’exercice de leur métier. C’est le cas de Charles Midol qui sera ordonné prêtre cette année, et par ailleurs médecin hématologue à l’hôpital: « je vais poursuivre mon activité à l’hôpital deux jours par semaine. »
Je me suis dit que si l'Eglise avait eu le discernement de me demander ça, c’est qu’il m’était peut-être demandé d’en faire quelque chose au nom de ce ministère de prêtre.
Cette décision est le fruit d’une longue maturation, en parallèle de ses 13 années de formation : « je me suis demandé pendant toutes mes études de médecine pourquoi je faisais mes études. Puis arrivé au séminaire à temps plein, je me suis dit que si l'Eglise avait eu le discernement de me demander ça, c’est qu’il m’était peut-être demandé d’en faire quelque chose au nom de ce ministère. Je peux vivre une partie de mon ministère de prêtre de manière un peu différente, en tant que médecin dans un hôpital catholique : il y a là une vraie mission d’Eglise que j’aimerais développer dans l’accompagnement, notamment l’accompagnement spirituel des soignants. »
Un appel propre pour chaque prêtre
Pour Foucauld Honoré, ordonné diacre en vue du sacerdoce et psychiatre, « chaque prêtre vit un appel propre dans son appel au sacerdoce. Il y a un appel premier à devenir prêtre, et ensuite un autre appel personnel. Moi, en tant que psychiatre, je désire creuser l’articulation entre psychiatrie et spiritualité. Beaucoup de personnes viennent me poser des questions à propos de cas où le discernement entre psychiatrie et spiritualité n’est pas clair. Je suis convaincu qu’il y a un besoin dans l'Église sur ce sujet. Aujourd’hui, je suis encore en formation, mais il me semblerait important de garder un pied sur le terrain, d’être auprès des patients pour pouvoir les aider et avancer sur cette articulation. »
Je désire creuser l’articulation entre psychiatrie et spiritualité. Je suis convaincu qu’il y a un besoin dans l'Église sur ce sujet.
Des prêtres ouvriers du XXIe siècle ?
Faut-il y voir une forme actualisée des prêtres ouvriers, présents dans les usines françaises durant la seconde moitié du XXème siècle ? « Je ne me vois pas du tout comme un prêtre ouvrier » affirme Charles Midol. Contrairement à ces derniers qui vivaient leur ministère avec discrétion en se fondant avec les ouvriers qu’ils côtoyaient, le jeune médecin fait le choix de porter un signe distinctif, son col romain, à l'hôpital : « Je pense que c’est un beau témoignage que de montrer que je suis diacre, bientôt prêtre et disponible. Cela montre la présence de l’Eglise dans leur environnement.»
Une présence visible qui permet de se rendre disponible aux questionnements éthiques des soignants: « je pense que l’Eglise apporte de vraies réponses en ces temps de débats autour des questions de bioéthique, sur la fin de vie par exemple. Il y a là un vrai enjeu auquel notre double formation nous permet de répondre » affirme Charles Midol.


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