Père Pierre Girard, 70 ans de sacerdoce le 29 juin 2026
Sa vitalité impressionne ! À 95 ans, le Père Pierre Girard est toujours actif : prêtre auxiliaire de la paroisse Sainte-Marie des Nations de Bihorel - Hauts de Rouen, conseiller spirituel du mouvement des Guides et Scouts d'Europe, il est également un confesseur régulier de la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Rouen. Il fêtera le 29 juin prochain ses 70 ans de sacerdoce, son jubilé de platine. L’occasion de relire ce parcours d’engagement et de fidélité au micro d’En Chemin.
©Diocèse de RouenDernier de 5 garçons, Pierre Girard a grandi dans une famille très croyante avec une maman qu'il qualifie lui-même de “sainte femme”. La famille s'est installée à La Bonneville-sur-Iton en 1937. Son père, ingénieur est une figure plus effacée, un peu éloigné des contingences domestiques et familiales et de l'Eglise, jusqu'à ce que sa femme , dans le secret, demande à son fils Bernard le jour de sa première communion de prier pour que son papa les accompagne le dimanche à la messe. "À compter de ce jour, il est venu à la messe chaque dimanche” , se souvient le Père Pierre avec émotion et d’insister : "la prière des enfants touche le cœur de Jésus !"
La guerre, puis l'exil
En 1940, Pierre Girard a 9 ans. Avec ses parents, ils prennent la route de l’exode. Il se souvient de la voiture chargée, des matelas sur le toit de ses frères qui partaient en vélo, par manque de place dans l’auto… “Ma mère avait promis que si nous rentrions tous vivants, elle se dévouerait au service de la paroisse. Et c’est ce qu’elle a fait !” relate le Père Pierre. Petit, Pierre ne pense pas tout de suite à devenir prêtre. Il penche plutôt pour l’architecture :“ je passais mon temps à dessiner des plans de maison”, se souvient-il. Cependant la fréquentation quotidienne de l'Eucharistie, la figure de son curé, l'abbé Lamin laisse une empreinte profonde dans son cœur d’enfant. "Un jour, se rappelle-t-il, l’abbé Lamin me demande ce que je voulais faire quand je serai grand, et là, je me suis surpris à répondre : comme vous M. le curé !”. Pierre rentre alors en 7e au petit séminaire, où il poursuit ses études secondaires à Orgeville, près de Passy-sur-Eure.
Prêtre du Concile
Il est ordonné en 1956 et se souvient avec une grande acuité du moment de la prostration lors de son ordination . “Ce moment précis où on sent qu’il y a toute l’Eglise qui nous tombe dessus !" Du souffle du concile il se souvient aussi avec précision, en particulier de la joie qu'il y avait alors à sortir des routines, des habitudes et à oser des chemins nouveaux !
Curé et aumônier scout
Le père Pierre découvre le scoutisme 8 jours après son ordination. Depuis cette époque il participe chaque année aux camps d'été avec enthousiasme, convaincu de cette pédagogie qui englobe toutes les dimensions de l'être, et constitue une formation intégrale de la personne. "J'ai demandé le jour de mon inhumation que l'on dépose sur mon cercueil mes foulards scouts. C'est important ces signes d'appartenance", confie-til
Sainte Thérèse, une sœur, une amie !
Pour ses 25 ans de sacerdoce, Le Père Pierre a l'idée de se retirer dans un lieu de prière. Un ami lui parle alors d'une rencontre de prêtres à Lisieux… Il se décide, et retrouve alors une quarantaine de prêtres, parmi eux les grands pontes du Renouveau charismatique (Albert de Mauléon, Raymond Halter et Emilien Tardif) pour 24h de prière. “Je m’en souviens comme si c’était hier : nous avons passé toute une nuit d'adoration, priant les uns pour les autres, dans la chapelle du Carmel. J’ai vécu un moment extraordinaire de rencontre avec Thérèse, un moment de conversion ! Et le Père Pierre d'ajouter en évoquant le moment du grand passage : " je sais qu'elle sera là !"


