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Père Gabriel Casas : "De plus en plus de personnes se posent la question de Dieu"

Père Gabriel Casas : "De plus en plus de personnes se posent la question de Dieu"

Un article rédigé par Pauline de Torsiac, avec OR - RCF, le 2 février 2026 - Modifié le 7 février 2026
TémoinPère Gabriel Casas : La mission en France d'un prêtre vénézuélien

Il en est le témoin joyeux. Dans le nord d’Albi, le Père Gabriel Casas vit son ministère de prêtre "de surprise en surprise". Sur ce territoire entre ville et campagne, il note que "de plus en plus de personnes se posent la question de Dieu. Et ça me motive, se réjouit-il. C’est un cadeau et je le prends avec joie !"

Pour le Père Gabriel Casas, prêtre à Albi, de plus en plus de personnes se posent la question de Dieu - Image DRPour le Père Gabriel Casas, prêtre à Albi, de plus en plus de personnes se posent la question de Dieu - Image DR

"Pour moi la priorité c’est les gens." Le Père Gabriel Casas est aujourd'hui prêtre à Albi. Il a quitté le Venezuela il y a plus de vingt ans. Son quotidien est fait de rencontres. Parfois, ses voisins, sans être pratiquants, l’invitent à déjeuner, "souvent pour parler de ce qui se passe au Venezuela" et surtout depuis l’enlèvement de Maduro.

Enlèvement de Maduro : "Je suis très heureux de ce qui s’est passé"

Il a vécu les événements en exil, loin de son pays. Le Père Gabriel Casas a appris le 3 janvier 2026, que le président vénézuélien venait d’être enlevé par les États-Unis lors d’une opération militaire qui a fait 83 morts. "Comme la plupart des Vénézuéliens, je suis très heureux de ce qui s’est passé, confie-t-il. Cela nous donne un nouvel élan, un espoir. Cela nous remplit d’espérance car nous pensons que le pays pourra s’en sortir. On pourra passer à autre chose."

Si l’on peut s’inquiéter de l’ingérence des États-Unis, Gabriel Casas nous rappelle comment vit la population depuis plus de dix ans, et qui selon lui n’est pas toujours rapporté fidèlement par les médias en France. Il décrit un quotidien "insupportable". Ce que veut la population vénézuélienne, ce sont des hôpitaux, des autoroutes, de l’essence, du gaz… Quitte à ce que cela vienne des États-Unis. "Qu’ils apportent un peu de soulagement à cette population qui souffre depuis plus de vingt-six ans !" souhaite le prêtre.

Dire aux jeunes qu'il sont aimés par Dieu

C’est en France, à Marseille et à Toulon, que Gabriel Casas s’est préparé pour devenir prêtre. Un pays qu'il connaît bien. Après plusieurs années d’études et de stages pastoraux, notamment à Bayonne et Toulouse, il a été ordonné prêtre pour le diocèse d’Albi, le 26 juin 2016. Et comme beaucoup de prêtres aujourd’hui en France, il est très occupé. "J’ai du mal à gérer mon agenda", confie-t-il. Mais il explique aussi qu’il est là pour donner de son temps, en quelque sorte. 

"Quand je vois les jeunes déboussolés je me retrouve", dit-il. Le Père Gabriel Casas a vécu une enfance heureuse mais marquée par le divorce de ses parents et le sentiment d’être rejeté à l’école. "Moi j’étais timide - c’est la belle chose que Dieu a faite avec moi, j’en témoigne librement avec beaucoup d’émotions. Je sais ce que c’est d’être rejeté, mis de côté." 

Aujourd'hui aumônier des jeunes, il accompagne les jeunes des lycées Sainte-Cécile et Saint-Dominique d’Albi. Aux jeunes de l’aumônerie, il tient à dire : "Là, comme tu es, le Christ t’aime et il a donné sa vie pour toi. Et la preuve qu’il a donné sa vie pour toi, c’est que moi je suis là et que je te parle et que je te le dis." Gabriel Casas a vécu une expérience spirituelle forte, jusqu’à demander le baptême, qu’il a reçu à l’âge de 17 ans. 

 

Dans une France où on se dispute pour des histoires de crèche et tout ça, je suis dans un quartier où les gens me remercient parce qu’il y a le carillon, où les gens viennent voir la crèche, où les gens allument des bougies dans l’église...

 

"De plus en plus de personnes se posent la question de Dieu"

Pendant l’Avent, sa paroisse a relancé le carillon. "Pendant Noël je leur ai mis le carillon à fond, je me suis dit : Les gens vont se plaindre. Mais non, au contraire, les gens me félicitent pour l’ambiance de Noël ! Dans une France où on se dispute pour des histoires de crèche et tout ça, je suis dans un quartier où les gens me remercient parce qu’il y a le carillon, où les gens viennent voir la crèche, où les gens allument des bougies dans l’église, où l’église est ouverte."

Le prêtre d’Albi n’en doute pas, il y a en France "quelque chose de nouveau". Tous ces gens qui viennent dans l’église, "qui s’approchent pour nous rencontrer, pas forcément pour venir pratiquer la foi chrétienne mais pour poser des questions". Tous ces jeunes qui "s’ouvrent à une certaine transcendance". Cela lui fait dire que "la période noire dans l’histoire de l’Église en France est en train de passer"...

Dans le nord d’Albi, le Père Casas vit son ministère de prêtre "de surprise en surprise". Sur ce territoire entre ville et campagne, il en est le témoin joyeux : de plus en plus de personnes se posent la question de Dieu. "Et ça me motive, se réjouit-il. Ça m’invite vraiment à donner tout et je me retrouve à ma place. Je ne me sens pas dans le regret de mon pays, c’est un cadeau et je le prends avec joie !"

 

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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