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« Pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 36-38)
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« Pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 36-38)

Un article rédigé par Gobilliard Emmanuel (Monseigneur) (57834) - RCF, le 26 février 2024  -  Modifié le 26 février 2024
Prière du matin « Pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 36-38)

« Pardonnez, et vous serez pardonnés »

Méditation de l'évangile (Lc 6, 36-38) par Mgr Emmanuel Gobillard 

Chant final : "Soyez miséricordieux" par Christine et Vincent Géraud

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera :
c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
car la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira de mesure aussi pour vous. »


MEDITATION par Mgr Emmanuel Gobillard 

Soyez miséricordieux comme votre père est miséricordieux. Ce matin je voudrais juste m’arrêter sur cette magnifique prière que Jésus adresse à chacun de nous. Parler de miséricorde, c’est parler de Dieu lui-même. La miséricorde n’est pas un attribut de Dieu, elle nous dit quelque chose de lui-même, de sa personne, de son identité, de son être. Dans la bible, comme dans le cantique de Zacharie ou le cantique de Marie, le magnificat, on n’ose pas parler de miséricorde et on traduit souvent le mot hébreux Hésed par tendresse ou amour. Pourtant la miséricorde ne peut pas être remplacé par une autre expression. La miséricorde est présente dans tout le magnificat. On pourrait dire que Dieu n’est pas très gentil avec les riches et les orgueilleux. Les premiers il les renvoie les mains vides, les seconds, il les abaisse. Effectivement, peut-être Dieu n’est-il pas très gentil avec eux mais il est infiniment miséricordieux avec tous, y compris les puissants qu’il fait descendre de leur trône. Il leur donne ainsi la capacité d’aimer en vérité, de se donner, sans se prendre pour le centre du monde, attitude qui les détruit en profondeur. Il est miséricordieux en renvoyant les riches les mains vides : il leur donne la joie de recevoir, la joie de dépendre de l’autre. L’amour commence souvent, chronologiquement lorsque je suis capable de dire à l’autre : « j’ai besoin de toi ! », lorsque je suis capable de lui ouvrir mon cœur et de lui découvrir ma faiblesse et même ma blessure. Dans sa miséricorde, Dieu accueille et pardonne mon péché et ma blessure dans un même mouvement, celui de l’amour maternel dont le cœur est déchiré de voir souffrir son enfant. Mais ce cœur maternel et divin n’est pas bouleversé uniquement lorsque l’enfant souffre, mais aussi lorsque l’enfant se détruit sciemment, ou inconsciemment, lorsqu’il s’éloigne de ce qui constitue son vrai bien. Il y a dans la notion de miséricorde, pas seulement une tendresse mais aussi une force, pas seulement une pitié mais aussi un amour viril. Dans un même mot, Dieu est à la fois père et mère, fort et faible, doux et exigeant. Le psaume 102 décrit bien cette attitude miséricordieuse de Dieu qui ne cesse de nous livrer son cœur. Le point culminant de la miséricorde, c’est la croix. Dans sa miséricorde, Dieu nous donne tout, et plus encore. Voilà ce que le pape François disait de la miséricorde lorsqu’il a ouvert l’année de la miséricorde :

« Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité et de paix. Elle est la condition de notre salut. Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité. La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. »

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