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Dimanche de la santé : redécouvrir le sacrement de l'onction des malades

Dimanche de la santé : redécouvrir le sacrement de l'onction des malades

Un article rédigé par Pauline de Torsiac, avec OR - RCF, le 2 février 2026 - Modifié le 8 février 2026
B. A. -BA du christianismeSacrement des malades: Dernier sacrement avant la mort?

Ce dimanche 8 février, c’est le dimanche de la santé. Il précède la journée mondiale des malades, le 11 février. L’occasion d’évoquer un sacrement souvent mal compris : l'onction des malades. On l’a longtemps appelé "extrême-onction" et beaucoup l’associent aux derniers instants de la vie. Mais cela a changé depuis Vatican II. Explications.

"L’imposition des mains, c’est vraiment l’appel de l’Esprit saint sur la vie de la personne malade... Donc c’est un geste très beau." ©Nicolas Guyonnet / Hans Lucas"L’imposition des mains, c’est vraiment l’appel de l’Esprit saint sur la vie de la personne malade... Donc c’est un geste très beau." ©Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Quand on évoque le sacrement des malades, on pense souvent aux personnes en fin de vie. Pendant longtemps, en effet, on a parlé en effet de l'extrême-onction, qui était administrée aux mourants en même temps que la réconciliation. Depuis Vatican II, on peut recevoir l'onction des malades plusieurs fois au cours d'une vie. On fait le point à l'occasion du dimanche de la santé, le 8 février.

 

Qu’est-ce que le dimanche de la santé ?

C’est une spécificité de l’Église de France. Le dimanche de la santé est né dans les diocèses de Lille, Arras et Cambrai et s’est étendu à la faveur du jubilé de l’an 2000. 

Le dimanche de la santé précède la journée mondiale des malades, que célèbrent les catholiques du monde entier le 11 février, en l’honneur de la fête de Notre-Dame de Lourdes. Cette année, pour la 34e journée mondiale des malades, le pape Léon XIV adresse un message sur le thème : "La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l’autre". 

Le dimanche de la santé a été institué dans l’Église de France pour que, avant la journée mondiale des malades, les paroissiens puissent, lors de la messe dominicale, porter attention à ceux qui prennent soin des malades. Soignants, personnel médical, mais aussi aidants, visiteurs, associatifs… Le dimanche de la santé invite à "prendre conscience de leur nombre et de leur existence". En 2026, il a pour thème : "Que votre lumière brille".

 

Sacrement des malades, extrême onction : quelle différence ? 

Rendre visite aux malades, prier pour eux ou leur porter la communion... Tout cela "fait partie des sacrements", explique Frédérique Poulet. "Et au milieu de tous ces sacrements, il y en a un plus spécifique qui est l’onction des malades", précise Frédérique Poulet, théologienne et enseignante au Collège des Bernardins. 

On a longtemps parlé d’extrême-onction. La formule suggère un sacrement réservé aux personnes mourantes. "On a associé l’onction des malades à la fin de vie parce qu’on avait la possibilité d’être pardonné de ses péchés une seule fois dans sa vie, une fois baptisé." Il faut cependant bien distinguer l’onction des malades et le sacrement de réconciliation, même si ce dernier est un préalable pour recevoir le second. "La maladie n’est pas un péché !" rappelle la théologienne.

Dès les IXe, XIIe siècles, on a commencé à administrer le sacrement de l’extrême-onction. Et ce jusqu’à Vatican II (1962-1965). Depuis le concile, on parle d’onction des malades.

 

Qui peut recevoir l’onction des malades ?

Le sacrement peut être donné "aux fidèles dont la santé commence à être altérée dangereusement par la maladie mais aussi par la vieillesse", précise la théologienne. On peut recevoir l’onction des malades à tout âge, par exemple avant une intervention chirurgicale grave, "où on va demander à l’Esprit d’irriguer cette épreuve". On peut la demander pour un enfant malade ou une personne inconsciente - à condition que l’on soit certain ou presque que celle-ci l’aurait demandée.

L’onction des malades, tout comme la réconciliation ou la communion, est un sacrement qui peut être reçu plusieurs fois au cours d'une vie. Si l’on a par exemple les signes qu’une maladie chronique s’aggrave.

"C’est un sacrement qui est fait pour les croyants", reconnaît la théologienne. Mais "Dieu seul connaît notre foi et donc ce n’est pas à nous d’en juger". Toute personne baptisée, ayant fait sa première communion et sa confirmation peut recevoir l’onction des malades.

 

Le sacrement des malades a-t-il une origine dans la Bible ?

L’idée d’un rituel spécifique pour les malades est venue rapidement aux premiers temps du christianisme. "L’huile était un moyen de guérison aux origines de l’Église." Comme dans la parabole du bon samaritain, on met de l’huile sur les plaies.

La symbolique de l’huile est très présente dans la Bible. Le mot "messie" vient du verbe hébreu qui signifie oindre, tout comme le mot grec "christ" qui signifie "l’oint". Dans la tradition biblique, celui qui est oint d’huile parfumée est celui qui est choisi ou consacré par Dieu. La tradition chrétienne, qui reconnaît en Jésus le messie, a repris cette symbolique de l’huile.

L’huile des malades est bénie chaque année lors de la messe chrismale, pendant la Semaine sainte, par l’évêque, en même temps que l’huile des catéchumènes et le saint chrême – qui lui, est utilisée lors du baptême, de la confirmation ou de l'ordination des prêtres. "Le fait que l’évêque bénisse une huile pour eux montre bien toute la place qu’ils ont dans la communauté et la nécessité pour la communauté de prier pour eux, avec eux et aussi de leur demander de prier pour la communauté parce qu’ils ont un rôle très spécifique à jouer au sein de la communauté."

 

L’onction d’huile et l’imposition des mains : les deux principaux rites du sacrement des malades

Lorsque le prêtre administre l'onction des malades, il suit un rituel spécifique. Il donne toute sa place à la Parole de Dieu et à la prière "avec et pour le malade". Mais les deux principaux rites sont l’onction d’huile et l'imposition des mains.

Le prêtre trace le signe de la croix avec l'huile sainte sur le front, dans la paume de chaque main et si possible sur les pieds de la personne malade. "L’huile, ça pénètre, ça traverse la peau, explique la théologienne, c'est le signe de la présence de Dieu dans la vie de la personne malade."

Le prêtre va aussi imposer les mains au-dessus de la personne qui reçoit le sacrement. Un moment important qui se fait dans le silence. "L’imposition des mains, c’est vraiment l’appel de l’Esprit saint sur la vie de la personne malade. On demande à l’Esprit saint de venir irriguer toute la personne, corps, âme et esprit. Donc c’est un geste très beau."

 

Onction des malades : faut-il en attendre un miracle ?

Demander l’onction des malades, c’est une démarche de foi. Il y a l’idée que l’on peut, par ce sacrement, recevoir "une grâce particulière de réconfort dans la maladie, de force, pour traverser l’étape de cette maladie". Frédérique Poulet va même jusqu’à dire qu’il faut "oser demander la guérison... Il faut aussi y croire", assure-t-elle. La guérison du corps mais aussi "de tout l’être". "On appelle l’Esprit saint pour qu’il vienne guérir toute la personne."

Demander l’onction des malades est une démarche très personnelle, que l’on ne peut exiger ni imposer. En effet, selon le catéchisme de l’Église catholique, par ce sacrement, le malade est associé à la Passion du Christ. Être en "union avec le Christ souffrant" est quelque chose de très fort, porteur d’une symbolique puissante.

Le sacrement est proposé aux personnes qui ont le désir de traverser l'épreuve de la maladie avec le Christ, dont il est dit dans le Credo qu’il a "souffert sa Passion". Il faut donc beaucoup de délicatesse pour proposer ce sacrement à une personne qui souffre. "Simplement, on peut l’aider à avancer sur ce chemin."

 

Peut-on assister à l'onction des malades ?

Pour les sept sacrements de l’Église catholique, la dimension communautaire a son importance. À travers ce sacrement de l'onction des malades, l’Église dit "que les membres souffrants ne sont pas mis à part de l’Église, explique la théologienne. Ils font partie intégrante de l’Église."

Lors du dimanche de la santé ou bien de la journée mondiale des malades, le 11 février, il est possible que des fidèles, rassemblés dans l’église pour la messe, assistent à la célébration de l’onction des malades. Peut-être verront-ils que des personnes de tous âges sont là pour le recevoir. "C’est une très bonne chose de voir qu’il y a plusieurs âges pour le recevoir, que la communauté accompagne cette réception et que c’est un sacrement qui n’est pas réservé uniquement à la chambre d’hôpital ou sur le lit de mort."

 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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