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"Moi, je suis la porte des brebis" (Jn 10, 1-10)
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"Moi, je suis la porte des brebis" (Jn 10, 1-10)

Un article rédigé par Antoni Sébastien (Père) (57489) - RCF, le 9 mai 2022  -  Modifié le 9 mai 2022
Prière du matin "Moi, je suis la porte des brebis" (Jn 10, 1-10)

"Moi, je suis la porte des brebis"

Méditation de l'évangile (Jn 10, 1-10) par le père Sébastien Antoni

Chant final: "Moi, je suis le bon pasteur" par le Choeur Cantemus Domino

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus déclara :
  « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
  Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
  Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
  Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
  comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
  J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
  Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
  Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Source : AELF

Méditation Père Sébastien Antoni

En ce temps pascal, comment ne pas faire un lien avec cette parabole lue à l’instant et … le passage de Luc qui raconte l’histoire des disciples d’Emmaüs ?… L’homme qui avait rejoint la route avec Cléophas et son compagnon était pour les deux hommes un étranger qui ne savait rien de la raison de leur chagrin. Et pourtant, c’est lui qu’ils reconnaissent dans l’auberge après quelques mots échangés… et surtout le cœur brûlant que provoquèrent ces mots qui les transportaient de joie.

Eh bien les brebis aujourd’hui reconnaissent Jésus, elle aussi, à sa voix, comme Cleophas et l’autre disciple. Elles connaissent ses accents, ses mots, des phrases et son propos… Elles ne lui sont donc pas étrangères et lui non plus n’est pas un étranger pour elle un étranger.

Et pour nous ? Où en sommes-nous après 2 millénaires ? Nous qui nous réclamons du cortège de ces brebis qui traverse le temps, qui comme nos aïeux avons entendu et reçu son message de liberté et d’une joie sans retour…  Sans doute, puisque nous prions ce matin ensemble…

Mais là n’est peut-être pas la pointe de ce passage de la Parole… Je le vois plutôt dans ce constat : si nous sommes tous des brebis, en Eglise nous ne formons pas un seul et même troupeau… uni, unique, soudé, proche,… le regrettez-vous ? Mais est-ce si grave ?

Au sujet des brebis, Jésus dit que le berger « les appelle, chacune par son nom ». Jésus nous appelle donc chacun. Et à cet appel, il nous faut à la fois répondre comme communauté et à la fois répondre comme sujet singulier. Or nous avons parfois grande peine à articuler ces deux réponses. Et là se loge justement une grande difficulté pour la vie sereine de l’Église, et donc pour le vivre ensemble de l’humanité entière. C’est aussi une difficulté pour la foi.

Car si je n’ai de relation à Dieu qu’en face à face, engoncé dans ma propre sensibilité, qui me dira que Dieu est plus grand que ce que je perçois de lui ? Mais si je ne suis que ralliement à la foi des autres, si je suis une brebis qui se contente de suivre le troupeau, comment ferais-je l’expérience que ce n’est pas seulement le troupeau que Dieu appelle, mais aussi moi par mon nom ? Une difficulté à assumer… positivement et non à rejeter ou à exclure, un jeu d’équilibriste sans doute à tenir coute que coute pour être dans la ligne de l’invitation de Jésus.

Un sage juif disait : « Que l’homme ait toujours deux poches. Dans l’une il inscrira : “Je ne suis que poussière et cendres”, et dans l’autre : “Le monde n’a été créé que pour moi.” » : un appel assumé et équilibré de tous et un appel de chacun en particulier. Sans exclusion.

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