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Migrants : l'accueil est un trésor du christianisme
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Migrants : l'accueil est un trésor du christianisme

RCF, le 12 janvier 2017  -  Modifié le 9 février 2024
Grand Angle Migrants | L'accueil est un trésor du christianisme

Depuis 2015, les flux de populations vers l'Europe sont plus importants. Comme le précise Marie Bussi, on voit des personnes "de plus en plus vulnérables" frapper à nos portes: des femmes, des mineurs isolés. Si de belles actions sont menées en faveur de leur accueil, leur présence engendre aussi une certaine "crispation politique", note la politologue. Faut-il ouvrir grand les frontières? La question intervient pour Véronique Albanel à un moment de "crise démocratique" et de quête d'identité nationale. Selon elle, il y a là une "véritable décision à prendre": ferons-nous le choix du repli sur soi guidé par la peur? La question - et la réponse à apporter - sont évidemment complexes. D'ordre politique, mais aussi spirituel.

Marche solidaire pour les migrants, France. ©Alexandre CHELLALI/CIRIC Marche solidaire pour les migrants, France. ©Alexandre CHELLALI/CIRIC

Une spiritualité de l'accueil

"Lors des mouvements de réfugiés et de migrants, ceux et celles qui accompagnent ces personnes découvrent une expérience humaine singulière, qui n'est pas sans rappeler celle d'Abraham. Si la foi peut s'entendre comme chemin de migration, peut-être verrons-nous aussi avec Abraham combien la migration est un chemin de foi." Jean-Marie CARRIÈRE, "Abraham et la migration comme chemin de foi", in Christus, n°253 - Janvier 2017

L'accueil de l'étranger, un sujet d'actualité mais aussi de spiritualité. Pour Marie Bussi, nous vivons plus une "crise de l'accueil" qu'une "crise migratoire". Or, l'accueil est l'une des richesses du christianisme. Le pape invite souvent les uns et les autres à accueillir l'étranger. Parfois cela dérange. On a beau être sensible à la question, on peut se sentir désemparé. Qui accueilir et comment? Le P. Antoine Paumard raconte que "les demandeurs d'asile ont aussi peur que les familles d'accueil à entrer dans une famille et à se dire qu'ils vont rester quatre à six semaines dans une famille dont ils ne connaissent ni la culture ni les habitudes." Il dirige depuis octobre 2016 le Service Jésuite des réfugiés (JRS), qui propose à des familles de devenir famille d'accueil pour une durée déterminée. "C'est beau de voir les craintes de chacun."
 

Pour le directeur du JRS, il y a dans cette parole de la Genèse "une parole heureuse" qui concerne accueillis et accueillants. "Où que tu sois tu dois quitter ton pays intérieur et traverser ta peur", voilà ce que dit en somme la Bible. Ces migrants qui frappent à nos portes nous questionnent sur nos propres origines, notre quotidien, notre confort. Ce qu'ils vivent nous interpelle dans notre foi. "Est-on prêt à bouger intérieurement?" se demande Marie-Caroline Bustarret, de la revue Christus.
 
 

Discerner le sens de l'accueil

Chacun peut ainsi contribuer à donner vie à « une culture de la miséricorde, fondée sur la redécouverte de la rencontre des autres : une culture dans laquelle personne ne regarde l’autre avec indifférence ni ne détourne le regard quand il voit la souffrance des frères »[14]. Ainsi seulement on pourra construire des sociétés ouvertes et accueillantes envers les étrangers et, en même temps, sûres et en paix à l’intérieur.

Discours du pape FRANÇOIS à l'occasion des vœux du corps diplomatique, 09/01/2017

 

"Ouvrir sa porte, c'est une décision", avertit le P. Antoine Paumard. Le dossier du numéro de janvier de la revue Christus invite à un discernement, nécessaire pour "bien ouvrir sa porte." Le directeur du JRS appelle à "une hospitalité raisonnée". Les résistances de certains à accueillir l'autre ne sont pas nécessairement des égoïsmes, il est nécessaire de considérer la complexité des situations. Car il est question de "rencontres humaines".

 

L'accueil pour retrouver du sens

"Nous pouvons être sauvés par étranger." La famille de Véronique Albane est famille d'accueil au sein du JRS. Selon elle, à l'heure où notre jeunesse traverse une crise de sens, elle parle de "désespérance", la rencontre avec des jeunes migrants a "quelque chose de salutaire". "Les migrants jeunes ont un rapport à la vie et à la mort qui se pose de manière très différente, très aigüe."

 

Emission en partenariat avec la revue Christus

 

 

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