[Évangile du dimanche] L'homme, ambassadeur de la paix du Christ

RCF, le 28/05/2020 à 10:28
 -  Modifié le 28/05/2023 à 05:00
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[Évangile du dimanche] L'homme, ambassadeur de la paix du Christ (Jn 20, 19-23)

"La paix soit avec vous !" Dans l'évangile de ce dimanche, Jésus ressuscité se manifeste aux disciples. La grande sobriété de l'évangéliste Jean rejoint la grande humilité du Christ : il ne se présente pas comme un héros mais un envoyé de Dieu. Qui vient faire de nous des ambassadeurs de sa paix.

Gebhard Fugel, Ascension du Christ ©Wikimédia commons Gebhard Fugel, Ascension du Christ ©Wikimédia commons

 

 

Évangile du dimanche 28 mai (Jn 20, 19-23)

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Source : AELF

 

Jésus hors du temps

 

Ce récit a été composé presque 50 ans après la mort de Jésus. Il a été écrit pour dire une expérience plus que pour raconter un enchaînement de faits. Or cette expérience est "hors du temps", précise Agnès von Kirchbach, pasteure de l'Église protestante unie de France. "On n'est plus dans la linéarité, cette expérience-là, elle échappe au chronométrage de notre habitude." Et même si "nous ne pouvons pas penser autrement qu'en terme de temporalité", il est nécessaire de garder à l'esprit que "Dieu est hors cadre", souligne la pasteure. "Il pose le temps mais il n'est pas dans le temps." Ainsi, le Christ ressuscité ne revit pas comme Lazare, qui, lui, "rentre dans le temps". Le Ressuscité est "hors du temps", il n'est plus dans le temps des disciples.

 

La peur des disciples après la mort de Jésus

 

La peur qu'éprouvent les disciples intervient après sa mort sur la croix. Ils craignent d'être condamnés à leur tour. "Et nous, interpelle Agnès von Kirchbach, à cause de qui fermons-nous les portes ? On a tous des portes fermées, on a tous des manières de prendre notre peur comme boussole." Des portes fermées entre Églises, entre religions, entre voisins... Pour la pasteure il y a là "quelque chose qui nous rejoint immédiatement". Cette peur des juifs dans le texte n'est autre que "la peur du frère". "Et ça, c'est à entendre, mon premier 'ennemi' entre guillemets, ce n'est pas celui qui est éloigné mais celui qui est proche de moi."

 

Ambassadeurs de la paix

 

"La paix soit avec vous" : cette parole du Christ vient à l'encontre de ce qui réunit les disciples, c'est-à-dire la peur, observe la pasteure. "Et sa parole crée une nouvelle situation. En fait, le seul, bibliquement parlant, qui peut donner la paix, c'est Dieu : donc Jésus dit d'où il vient. Il dit la réalité de Dieu en lui pour nous aujourd'hui."

 

La grande sobriété du style de Jean rejoint l'humilité du Christ qui ne se manifeste pas comme un héros. Il dit qu'il a été envoyé par Dieu. "Il appuie sa vie sur la parole d'envoi." Agnès von Kirchbach utilise l'image d'un ambassadeur ou d'un commercial qui, pour réaliser la mission qui lui est confiée, s'appuie sur un lien de confiance. Un lien qui "rend capable de performance". Ainsi, Jésus nous envoie à être comme lui parmi nos semblables le "signe d'une guérison possible" de l'humanité. "Il est vraiment important de savoir que Jésus atteste de cette possibilité que l'humanité peut retrouver un sens, une signification devant Dieu."

 

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