Les maronites de Marseille tournés vers le Liban en crise
Présente depuis plusieurs décennies à Marseille, la communauté maronite constitue l’une des principales expressions du christianisme oriental dans la ville. Mais aujourd’hui, les regards de nombreux fidèles sont tournés vers le Liban, frappé par les tensions et les violences dans la région. Monseigneur Paul Karam, procureur patriarcal de l’Église maronite à Marseille, évoque l’histoire de cette Église et l’inquiétude grandissante pour l’avenir du pays avec les tensions actuelles.
©Dialogue RCFL’Église maronite trouve son origine au IVᵉ siècle autour de la figure de saint Maroun, un ermite ayant vécu dans le Nord de l'actuelle Syrie. Autour de lui se forme une communauté de disciples marqués par sa spiritualité et son mode de vie ascétique. Avec le temps, ces chrétiens prennent le nom de "maronites" et s’implantent durablement dans les montagnes du Liban. Fidèle à la foi catholique et en communion avec le Pape, l’Église maronite s’est progressivement développée bien au-delà du Moyen-Orient grâce à une importante diaspora. Marseille, ville méditerranéenne ouverte sur le monde, accueille ainsi depuis longtemps une communauté maronite active.
La paroisse Notre-Dame du Liban y est fondée officiellement en 1947. Depuis, elle constitue un lieu de rassemblement pour les fidèles venus du Liban mais aussi pour d’autres chrétiens orientaux. Autour de la paroisse gravitent différentes initiatives : accueil d’étudiants au foyer franco-libanais, activités culturelles et spirituelles, rencontres pour les jeunes et les familles.
Marseille et le Liban partagent un même esprit méditerranéen d’ouverture et de convivialité
L’inquiétude face à la situation dramatique au Liban
Mais aujourd’hui, au sein de la communauté marseillaise, les préoccupations sont largement tournées vers la situation du Liban. Conflits régionaux, tensions politiques et instabilité chronique plongent le pays dans une crise profonde.
Pour Mgr Paul Karam, la situation actuelle est "extrêmement tragique". Le Liban, explique-t-il, se retrouve souvent pris dans des conflits qui le dépassent. "Depuis des décennies, notre pays subit les conséquences de rivalités régionales et internationales", analyse-t-il.
Les violences récentes aggravent encore une situation déjà fragile. Des bombardements, des destructions et des déplacements de population viennent s’ajouter aux crises économiques et politiques qui affectent le pays depuis plusieurs années.
Face à ce contexte, le prêtre maronite appelle à une prise de responsabilité à tous les niveaux. "Les guerres ne produisent que des destructions et des souffrances" insiste-t-il.
Il faut retrouver le chemin du dialogue et du respect du droit international
Un message de paix malgré l’épreuve
Malgré tout, l’espérance demeure au cœur du message porté par l’Église maronite. La récente visite du Pape Léon XIV au Liban a été perçue comme un signe fort d’encouragement pour les chrétiens du pays.
Le souverain pontife y a rencontré une jeunesse croyante et une Église toujours vivante. Une réalité qui rappelle l’identité particulière du Liban, souvent décrite comme un "pays-message", selon l’expression de Jean-Paul II : un lieu où différentes religions et cultures ont appris à coexister.
"Si les Libanais pouvaient vivre sans interférences extérieures, le Liban redeviendrait un véritable message de paix pour l’Orient et pour l’Occident"
Un espoir fragile, mais qui continue d’animer les maronites de Marseille comme ceux du Liban.


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