Les attributs des saints, des supports visuels pour vénérer les saints de l'Église catholique
L'agneau de saint Agnès, la clé de saint Pierre, les roses de sainte Thérèse de Lisieux... Pour représenter les quelque 8.000 saints de l'Église catholique, on leur a associé des attributs. Ces éléments de l'iconographie chrétienne sont autant de symboles qui disent quelque chose de la mission ou de la vie des saints et des bienheureux. Ils nous font entrer dans un foisonnement de récits, proches parfois des contes et des légendes, émaillés de miracles. Dans l'histoire du catholicisme, le culte des saints, c'est des siècles de prières, de vénération et d'invocations, qui prennent appui sur des représentations d'art sacré.
"L’idée n’est pas l’art pour l’art mais c’est vraiment l’art pour édifier, pour donner à comprendre, pour évangéliser, pour expliquer." ©Isabelle Souriment / Hans LucasCe sont des éléments importants de la culture religieuse pour un catholique, mais aussi des incontournables pour tous les amateurs d'art et d'art sacré en particulier. Les attributs des saints sont des supports essentiels au culte des saints qui s'est considérablement développé à partir du Moyen Âge.
Les attributs des saints : qu’est-ce que c’est ?
Les attributs des saints sont des signes iconographiques qui permettent de les identifier lorsqu’ils sont représentés en peinture, en sculpture ou sur des vitraux. Si l’auréole, ou nimbe, souvent dorée, est un attribut générique ancien hérité de l’Antiquité, les attributs individuels se sont multipliés au cours du Moyen Âge. C’est en effet à partir du XIIe siècle que le culte des saints s’est développé dans le monde chrétien.
Véritables outils d’évangélisation, les attributs des saints racontent une histoire. "L’idée n’est pas l’art pour l’art mais c’est vraiment l’art pour édifier, pour donner à comprendre, pour évangéliser, pour expliquer, nous dit Sophie Roubertie. Parfois, on a l’impression de se retrouver devant une bande dessinée dans les églises !"
Auteure de "Je reconnais les saints dans les églises et les musées - 30 œuvres d'art décryptées", (éd. Mame, 2024), Sophie Roubertie souhaite favoriser auprès des enfants l'appropriation de tout un patrimoine. Son ouvrage s’adresse aux 8-12 ans mais elle remarque que "les adultes sont bien contents de découvrir eux aussi les attributs des saints qu’on fréquente dans les églises !"
Les attributs, des éléments essentiels du culte des saints
Les clés de saint Pierre, la tête de saint Denis qu’il tient entre ses mains, le manteau de saint Martin de Tours, les roses de sainte Thérèse de Lisieux, les instruments de musique de sainte Cécile… Aujourd’hui, c’est aussi bien dans les églises que dans les musées que l’on peut admirer des œuvres d’art sacré représentant des saints et leurs attributs.
Ils permettent de comprendre ce qu’est le culte des saints. Depuis l’Antiquité, les chrétiens les invoquent ou les vénèrent comme serviteurs de Dieu. Une pratique qui s’est développée au cours de la période médiévale, à l’appui de ces représentations iconographiques.
Si les attributs des saints sont des signes pour reconnaître une figure de saint ou de bienheureux, ce sont aussi des symboles qui viennent associer un personnage à un événement précis de sa vie - son martyre, une apparition, un miracle, etc. - ou à sa mission. Ainsi, saint Martin partageant son manteau ou saint Pierre ouvrant les clés du paradis.
Des outils de diffusion d'une spiritualité
Les attributs des saints sont des éléments essentiels à la pratique du culte des saints, mais aussi à la transmission d’une certaine culture biblique. Ainsi, les évangélistes sont représentés avec un aigle pour saint Jean, un ange pour saint Matthieu, un taureau pour saint Luc et un lion pour saint Marc. On les trouve la plupart du temps représentés ensemble, ils forment ce que les spécialistes d’art sacré appellent le tétramorphe. Il fait directement référence aux "quatre Vivants" de l’Apocalypse. "L’Église fait en sorte que finalement on puisse comprendre très vite de quoi il s’agit lorsqu’on est face à une œuvre d’art", observe Sophie Roubertie.
Les attributs sont des outils pour diffuser et favoriser la réception d’une nouvelle spiritualité. Ainsi, la spiritualité du Sacré-Cœur a-t-elle émergé au XIXe siècle, notamment après les apparitions de Jésus à sainte Marguerite-Marie, à Paray-le-Monial, au XVIIe siècle. "Voilà ce cœur qui a tant aimé les Hommes", aurait dit Jésus à la religieuse en 1675. Tout comme saint Jean Eudes, Marguerite-Mare est souvent représentée "devant Jésus qui présente son cœur ouvert aux Hommes ou avec un objet qui représente le cœur de Jésus".


Dans le souci de s’adresser au plus grand nombre et avec curiosité, Pauline de Torsiac sollicite théologiens et biblistes pour un échange enthousiaste sur les fondamentaux de la foi chrétienne.




