Le sacrement de l'ordre : pourquoi on reste prêtre toute sa vie
Le chiffre officiel de 84 nouveaux prêtres a été annoncé pour l'année 2026. Les ordinations presbytérales ont eu lieu traditionnellement autour de la fête des saints Pierre et Paul, ce lundi 29 juin. C'est "une marque indélébile" que reçoivent les séminaristes de l'Église catholique. Le sacrement de l’ordre marque en effet une "empreinte spirituelle, un don total que l'on ne peut pas perdre". Explications de la théologienne Frédérique Poulet.
L'imposition des mains lors des ordinations diaconales dans le diocèse de Versailles, le 29/06/2025 ©Corinne Simon / Hans LucasLe 29 juin, l’Église catholique commémore le martyre des saints Pierre et Paul - le premier évêque de Rome et "l’apôtre des nations". Deux figures fondatrices de la religion chrétienne. Et c’est au moment de leur fête que traditionnellement sont ordonnés les prêtres. Et que l'Église communique sur les chiffres annuels des ordinations. Ce jeudi 25 juin, le chiffre officiel de 84 nouveaux prêtres a été avancé pour l'année 2026.
Pour être prêtre, il faut savoir mener une communauté, accepter de rester célibataire, apprendre à prêcher, avoir une vie de prière... Il faut pas moins de six à sept ans d’études pour s’y préparer. Mais cela n’est pas vraiment une affaire de compétences.
"On n’attend pas des hommes parfaits, on attend des hommes qui aiment le peuple de Dieu et qui se mettent au service du peuple de Dieu." Dans Le B.-A. BA du Christianisme, Frédérique Poulet, docteure en théologie et professeur au Collège des Bernardins, revient sur quelques aspects fondamentaux du sacrement de l’ordre.
Qui peut recevoir le sacrement de l’ordre ?
Le sacrement de l’ordre "ne peut être donné qu’à des personnes baptisées, confirmées eucharistiées". L’ordination sacerdotale, par laquelle un homme devient prêtre, suit l’ordination diaconale. Seuls les diacres célibataires pourront ensuite devenir prêtres.
Décide-t-on soi-même de devenir prêtre ? On dit que c’est l’Église qui appelle et que même si l’on peut éprouver le désir d’entrer dans la prêtrise, on ne décide pas à soi tout seul de devenir prêtre. D’ailleurs, "ce n’est pas qu’une fonction, ce n’est pas simplement quelque chose d’utile, c’est tout l’être qui est consacré à ça", précise Frédérique Poulet.
Un geste majeur : l’imposition des mains
Lors d’une messe d’ordination, tous les prêtres présents font le geste d’imposition des mains aux jeunes confrères ordonnés. On appelle "presbyterium" l’ensemble des prêtres. Ils forment "le corps tout entier des prêtres" dans lequel entre la personne nouvellement ordonnée.
L’imposition, "c’est un geste majeur de l’ordination, insiste Frédérique Poulet, c’est vraiment ce geste qui date des origines de l’Église. On met à part, on appelle l’Esprit-Saint sur la personne qui est mise à part pour qu’elle puisse, au sein de l’Église assurer la place du Christ serviteur, du Christ tête et du Christ qui prend soin de son troupeau."
Une fois qu’on est ancré dans le Christ, qu’on a reçu cette huile, elle nous a pénétrés - par le front ou par les mains - il y a vraiment quelque chose qui marque la personne
"Une marque indélébile"
L’onction avec le saint chrême, c’est l’autre geste fort de l’ordination. Le saint chrême, c’est une huile mêlée à de l’essence de lavande que l’évêque consacre le Jeudi saint. "C’est une très, très belle consécration, remarque Frédérique Poulet, où l’évêque va souffler par trois fois sur l’huile." Ce souffle pour indiquer que celui qui sera oint sera "porteurs de l’Esprit-Saint".
Le saint chrême est utilisé pour les sacrements que l’on dit "à caractère" - d’après le mot grec "charaktèr", qui signifie "marque" ou "empreinte". Le baptême, la confirmation et l’ordination sont les trois sacrements que l’on ne reçoit qu’une fois dans la vie. Ce sont ceux qui "nous font devenir chrétiens".
On dit même qu’ils sont constitutifs car ils "marquent la personne d’une manière spécifique". Ainsi, dans la conception catholique, le sacrement de l’ordre "imprime dans l’âme une marque indélébile" et permet à celui qui le reçoit d’être, "au sein de la communauté, ministre, c’est-à-dire serviteur, du Christ tête".
La personne qui reçoit le sacrement de l’ordre, le prêtre comme le diacre, reste toute sa vie marquée par cette "empreinte spirituelle". Et si un prêtre quitte son ministère, "il ne peut pas perdre ce don total. L’huile, ça pénètre, explique Frédérique Poulet, une fois qu’on est ancré dans le Christ, qu’on a reçu cette huile, elle nous a pénétrés - par le front ou par les mains - il y a vraiment quelque chose qui marque la personne."


Dans le souci de s’adresser au plus grand nombre et avec curiosité, Pauline de Torsiac sollicite théologiens et biblistes pour un échange enthousiaste sur les fondamentaux de la foi chrétienne.




