Le père Antoine Chevrier, « un modèle de curé de paroisse » pour le prêtre Xavier Bizard
En avril 1867, le jour de Pâques, l’abbé Robin, archiprêtre de Villeurbanne, préside la cérémonie d’installation du père Chevrier en tant que chapelain de l’église du Moulin-à-Vent de Vénissieux. Presque 160 ans plus tard, la paroisse se souvient et lui dédie une matinée, en pleine année « Antoine Chevrier » à Lyon.
Pour le prêtre Xavier Bizard, Antoine Chevrier est un modèle pour tous les prêtres - © RCF LyonLe père Antoine Chevrier, « c’est un modèle pour nous de curé de paroisse » pour Xavier Bizard, curé de l’ensemble paroissial Notre Dame de la Miséricorde. Son église de Vénissieux, au cœur du quartier populaire de Moulin à Vent, il a conscience de la devoir au père Antoine Chevrier, mais pas seulement. En 1822, Moulin à Vent n’est qu’un hameau, à dix kilomètres du centre-ville du village qu’était Vénissieux et plus loin encore de Lyon. Les quelques 800 habitants devaient marcher des heures pour se rendre à Vénissieux. Dans ce contexte, les personnes âgées ne pouvaient plus assister à la messe et les enfants grandissaient dans l’ignorance, faute d’école gratuite.
Alors les familles ont commencé à se mobiliser pour créer une paroisse. « C'est très édifiant de voir qu'à cette époque-là, ce sont les paroissiens qui ont commencé à se bouger et ils vont être très persévérants » raconte le père Xavier Bizard, car la paroisse ne sera reconnue qu’en 1907 et il faudra attendre 1927 pour que l’évêque de Grenoble prenne possession de son église. Soit 105 ans entre le constat d'absence d'éducation religieuse et d'école libre, et la reconnaissance par l'évêque de ce lieu comme paroisse. Pour le prêtre actuel, « aujourd'hui, on a un petit peu tendance à résumer les problèmes de l'église aux problèmes des prêtres qui manquent. On voit qu'une mobilisation d'un quartier pour transmettre la foi aux enfants et transmettre une bonne éducation aussi, c'est primordial ».
Dans cette histoire, c’est le père Antoine Chevrier qui deviendra curé de la chapelle érigée ensuite en paroisse. « Il a voulu se mettre au service des personnes qu'il a rencontrées, c’étaient des personnes un peu pauvres. Il a su les écouter, leur transmettre premièrement le Christ, le trésor de sa vie ».
Dans les quartiers populaires, « une ferveur, une immédiateté de la foi qui se voit »
Si Antoine Chevrier est un modèle pour les prêtres actuels, la paroisse de Vénissieux serait un modèle de naissance d’église. « Aujourd'hui, c'est bon, dans nos quartiers populaires en tout cas, de se mettre à l'écoute de comment ces paroisses ont été créées pour les renouveler aujourd'hui ». Pour cela, l’église de l’Immaculée Conception de Vénissieux organise une matinée hommage le dimanche 19 avril 2026, autour de la messe, suivie d’une conférence sur la mission en quartier populaire par sœur Marie-Hélène Robert, professeur de théologie à l’UCLy, et un temps de partage fraternel entre visiteurs et paroissiens.
On peut retirer un enseignement par ce qu'on y vit et par ce qu'on y voit. Il y a des gens dans ces quartiers populaires qui ne ressemblent plus aux quartiers populaires d'il y a 100 ans, mais qui sont issus de tous les pays. Une forte immigration et des gens qui, finalement, sont là pour le Christ. Il y a une espèce de ferveur, une immédiateté de la foi des gens, qui se voit. Je pense que c'est une école pour nous, un renouveau qui vient dans l'Église catholique aussi. On a beaucoup à recevoir de ces nouveaux quartiers.
À Vénissieux, la paroisse est, comme il y a deux cent ans, au service des habitants avec de nombreux services pensés pour la jeunesse, une catéchèse et, surtout une église ouverte en permanence.
« On a envie que les personnes sachent que le Christ est vivant dans notre quartier »
Pour Xavier Bizard, la mission dans les quartiers populaires « une urgence mais une urgence bon enfant d'une population qui est heureuse de vivre chrétienne, catholique, dans un quartier à dominante musulmane ». Unis par leur appartenance au Christ malgré leurs différences, les paroissiens ont créé une équipe de cinq missionnaires pour « penser la vie paroissiale à partir de l'extérieur », retisser des liens avec le quartier, accueillir le public et remettre l'église au centre de la vie du quartier.
« On a envie que les personnes qui le souhaitent sachent que le Christ est vivant dans notre quartier, qu'il y a des chrétiens qui vivent leur foi et qui sont heureux de la vivre. » Les chapelles ont été refaites et l’une d’elle a été dédiée à Antoine Chevrier avec un arbre de vie signé Philippe Duret, qui sera inauguré le dimanche 19 avril, qui représente « la croix du Christ et en même temps, cette source vive qui jaillit de la Croix et qui donne la vie à tout le quartier ».
Pour le père Xavier Bizard et ses paroissiens, l’objectif est d’être à la hauteur du premier curé de la chapelle de Vénissieux en étant « une forme d'imitation du Christ au milieu des gens, qui rend accessible le Christ. Antoine Chevrier, c'est une espèce d'incarnation de l'Évangile à travers son mode de vie qui a permis de relancer l'évangélisation dans les quartiers populaires ». Pas étonnant, dès lors, de voir le prêtre de la paroisse aujourd’hui s’impliquer activement dans l’organisation des éditions lyonnaises de la Marche pour Jésus.


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