JavaScript is required
Accueil
Le mois de la parole : Apocalypse, Alliance et Paix dans le baptême.

Le mois de la parole : Apocalypse, Alliance et Paix dans le baptême.

Un article rédigé par Myriam Dutilleul / Jean-Luc Léglise - RCF Lorraine Meuse, le 23 janvier 2026 - Modifié le 26 janvier 2026

Ce sont trois jours qui ont été bien occupés. 3 jours, du vendredi au dimanche, pour vivre 3 événements sous des temps étonnants : une formation nationale sur le livre de l’Apocalypse, dans une dimension éco-poétique ; puis une formation interdiocésaine sur l’alliance et la paix dans la Bible, et enfin l’Evangile dominical du Baptême de Jésus. Comment articuler et relire ces évènements ? Pour y répondre, scrutons mieux ce parcours surprenant.

Le mois de la  paroleLe mois de la parole

La tempête de l’Apocalypse

Vendredi 9 janvier 2026, c’était la tempête Goretti : des foyers privés de lumière. Qu’à cela ne tienne, des fidèles de toute la France, ont bravé la tempête, et à Verdun et à Bar-le-Duc, les bibles étaient ouvertes, ouvertes aux chapitres de l’Apocalypse. Le père Jacques Descreux, docteur en théologie, nous invite à tourner les pages et à voir les images.
L’Apocalypse. Un livre énigmatique. Dans les conversations, entendre le terme apocalyptique suggère du catastrophique. Alors se plonger dans le dernier livre de la Bible n’est pas sans appréhension. Pourtant, il s’agit d’une « révélation ».(Ap 1.1)
Cette étude du vendredi, s’est faite sous l’angle éco-poétique, c’est-à-dire selon la manière dont l’être humain exprime son espace. Le livre de l’Apocalypse est un voyage, le lecteur se sent dans l’image, avec des aidants qui permettent d’aller au point final : la Jérusalem céleste. Mais dans le chemin vers Dieu, des adversaires, des difficultés et des obstacles s’opposent à ce projet final. Les saints ont déjà fait cette traversée, ils ont réussi. La justice est rétablie. 
Pour cause, l’auteur « Moi, Jean » (Ap 1, 9) - qui n’est probablement pas le disciple St Jean - encourage le lecteur à aller plus loin : « heureux le lecteur et les auditeurs de ces paroles prophétiques s’ils en retiennent le contenu, car le temps est proche » (Ap 1, 3). Entendez par là : la venue du Christ est proche. Soyez prêts. Il se révèle dans ces versets.
Parce que dans le livre de l’Apocalypse, le Christ est le centre : « je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu, "Il est, Il était et Il vient" le Maître-de-tout » (Ap 1, 8). Ce premier chapitre complète la grande titulature (les titres) du Christ, comme Maître de tout. Pour être sûr de bien comprendre, les lettres aux Églises d’Asie - à l’ouest de la Turquie actuelle - apportent des conseils avisés, particulièrement lorsqu’elles sont éprouvées. Le dernier est 7 fois répété : « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises. » (Ap 2, 7)
 

01




L’espérance de la Jérusalem céleste :
Nous voilà prévenus, la Parole est décapante, exigeante, nous fait passer à la moulinette. Ce rappel de l’Ancien Testament dans un septénaire (encore le chiffre 7) d’Eglises, n’était que le premier chapitre. C’est une invitation à tenir bon. Les visions prophétiques arrivent juste après, « je me trouvai en Esprit » (Ap 4, 2) écrit Jean, pour montrer l’urgence de la conversion des auditeurs. 
C’est toute l’organisation de la Jérusalem céleste qui est ensuite présentée. Une multitude de symboles, d’images narratives et de chiffres symboliques. Il faut s’accrocher pour suivre la succession et la juxtaposition des éléments spatio-temporels, l’imagination ne peut pas suivre. Le mieux est de se faire un schéma. Le Christ habite l’espace ecclésial, une tente de la rencontre avec des louanges, des chants et des acclamations tout autour, donc une atmosphère liturgique. Les Anciens l’entourent, deux anciens. Puis une myriade d’anges, « ils se comptaient par myriades de myriades et par milliers de milliers » (Ap 5, 11) dans le ciel, séparé de la terre et de la mer.
Se profile l’adversaire : le dragon est décrit de manière terrifiante « Alors je vis surgir de la mer une Bête ayant sept têtes et dix cornes, sur ses dix cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des titres blasphématoires ».(Ap13, 1) 
La bête, non, les bêtes sont terribles, elles se déguisent. Rassurons nous, les bêtes séductrices n’auront finalement pas gain de cause. Mais le combat est rude, les avertissements sont nombreux, car l’idolâtrie provoque la chute. Alors où peut donc bien se trouver cette paix ?

Une paix paradoxale, dans une grande famille :
« C’est Dieu que tu dois adorer » (Ap 22, 9) nous dit l’ange. Ce livre est tout de même un livre de réconciliation, l’agneau est « debout » et « comme égorgé » (Ap5, 6) dans le même verset biblique. Seul l’agneau, qui représente le Christ, peut ouvrir le livre scellé. Mais la justice tarde à venir et le mal persiste longtemps. La violence est bien présente dans ce récit. 
Pourtant, Dieu est un Dieu d’alliance et de paix. Le père Olivier Bourion, bibliste, nous a expliqué, dans un samedi empli de neige, que Dieu est un Dieu d’alliances, et que la paix n’est pas sans conflit. Personne ne nous laisse aussi peu en paix que Jésus, c’est une paix paradoxale, une paix crucifiée. Cette paix qui descend du ciel et qui se transmet, nous vient du Père, par son Fils, dans une promesse. Elle ne nous appartient pas. La paix recherchée et reçue nous transforme, et nous fait entrer dans une filiation. L’acceptation de la filiation, fait que nous sommes tous enfants de Dieu. C’est toujours Dieu, par son Fils, qui réconcilie.
Le baptême de Jésus, entendu le dimanche, a donné une résonnance à ce fil conducteur. Lors de notre baptême, nous avons été nommés, appelés par notre nom, en tant qu’enfants de Dieu. Jésus, dans sa condition d’homme, a pris notre humanité, notre fragilité. Le temps était aussi plus clément. Le ciel était bleu dans cette famille d’enfants de Dieu. Les forces du mal sont aussi amoindries dans cette généalogie. Quelles qu’en soient notre histoire et notre couleur du ciel, par le baptême, la réconciliation est toujours possible, en recentrant sur le Christ, à l’écoute de ce que l’Esprit peut bien souffler aux Églises.

La relecture de ce week-end amène des passages de l’Ecriture, qui n’ont pas fini de nous surprendre. Chacun, chacune peut se sentir concerné, car la lecture est différente selon les époques, selon les lieux, selon les communautés. Leur grammaire est particulière, elle nécessite de se laisser enseigner. Car la Parole a toujours quelque chose à dire, et se l’approprier aide à cheminer vers Dieu, à se réconcilier avec Lui, avec soi, avec les autres, dans la Paix. A vous grâce et paix !
 

02

 


 

Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.