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"Le Fils de l’homme est maître du sabbat" (Mt 12, 1-8)
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"Le Fils de l’homme est maître du sabbat" (Mt 12, 1-8)

Un article rédigé par Antoni Sébastien (Père) (59159) - RCF, le 21 juillet 2023  -  Modifié le 21 juillet 2023
Prière du matin "Le Fils de l’homme est maître du sabbat" (Mt 12, 1-8)

"Le Fils de l’homme est maître du sabbat"

 

Méditation de l'évangile (Mt 12, 1-8) par le père Sébastien Antoni

 

Chant final: "Maître du sabbat" par Claude Bernard et Michel Wackenheim

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, un jour de sabbat,
Jésus vint à passer à travers les champs de blé ;
ses disciples eurent faim
et ils se mirent à arracher des épis et à les manger.
    Voyant cela, les pharisiens lui dirent :
« Voilà que tes disciples
font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! »
    Mais il leur dit :
« N’avez-vous pas lu ce que fit David,
quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ?
    Il entra dans la maison de Dieu,
et ils mangèrent les pains de l’offrande ;
or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger,
mais seulement les prêtres.
    Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi
que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple,
manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ?
    Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple.
    Si vous aviez compris ce que signifie :
Je veux la miséricorde, non le sacrifice,
    vous n’auriez pas condamné
ceux qui n’ont pas commis de faute.
En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

Source : AELF

Méditation Père Sébastien Antoni

Et vous, l'avez-vous lu, ce passage ? Jésus est malin car le texte qu’il pointe et à ce passage est… imprécis, c'est dans le 1er livre de Samuel que l’on en trouve un écho, comme vous le savez... puisque… vous l’avez lu, n’est-ce pas ? Mais pas exactement comme ont pourrait le comprendre dans ce passage d’évangile qui en reprend l’idée.

L’enseignement est ailleurs… Jésus cloue le bec à des soi-disant spécialistes de la Parole en la citant, de manière un peu imparfaite, mais ces derniers ne rétorquent rien pour le corriger... faisant mine de connaître, mais sans peut être l’avoir lue… On en connait tous des gens comme cela non ? Il arrive bien souvent encore aujourd'hui que l'on pense pratiquer ce que Dieu veut, attend et exige, et même aurait dit... mais sans avoir seulement pris la peine de vérifier ou d'approfondir ce que l’on croit être la foi... Et du coup, on peut être pris à son propre piège, comme ces pharisiens. Car en fait, David n'a pas troublé le sabbat en se nourrissant, c'était en accord, sans transgression avec la loi qu’il l’a fait lui qui avec ses soldats n’avaient pas couché avec des femmes... Mais cela, les pharisiens de l'Évangile, mal connaisseurs de la parole et à cheval sur des principes qu'ils ne comprennent pas, eh bien n’en tiennent pas compte, n’allant pas au bout du texte… bref à la surface des mots ils  disent n'importe quoi... Belle invitation pour nous aujourd'hui à toujours vérifier ce qui se dit au nom de Dieu... car parfois, ceux qui usent et abusent de son nom lui font dire ce qu'il n'a jamais dit, pensé et imaginé, dupant ainsi ceux qui, sans réfléchir, s'en remettent à eux... Hélas, l'histoire récente de l'Église le prouve. Abdiquer la réflexion en faisant une confiance aveugle en un gourou travesti en prêtre, ou en berger de communauté conduit au désastre... Dans sa deuxième réponse, Jésus recadre encore mieux les choses car il revendique les pouvoirs de Dieu même. Autrement dit : en lui, pas de risque de se tromper. Mais cela suppose de se fonder en lui seul. De ne compter qu'en lui seul. De construire en lui seul. L'Église, si elle bâtit sa tradition sans lui, ou en mettant Jésus au service d'un pouvoir, d'un contrôle, d'une puissance sur les autres... eh bien, elle s'égare et va droit dans le mur. En voyant les disciples froisser des épis, les Pharisiens ont dit : "Ils méprisent la loi !" S’ils étaient des hommes de la parole, adoucie par elle, ils auraient dû dire : "Ces hommes ont faim !" Avant de jauger la fidélité d'un frère ou d'une sœur sur des critères de comportement extérieurs, il faut nous dire, pour rejoindre la pensée de Jésus : "Pourquoi mon frère est-il contraint de froisser des épis ? Et ma sœur, quelle faim la tenaille ?" Ainsi nous approcherons-nous de l'attitude de Jésus, celle qui ne trompe pas et nous garde sur la juste voie. Ce que Dieu attend de nous, c'est donc un vrai regard sur le frère, plutôt que l'observance tout extérieure. Mais pour cela… il faut que la parole la juste parole toute la parole ait fait son œuvre en nous… Alors l’avez-vous lue ?

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