Le diaconat permanent, une vocation de service au cœur de l’Église
Moins connu que le ministère de prêtre, le diaconat permanent occupe pourtant une place essentielle dans la vie de l’Église catholique. À travers le service de la Parole, de la liturgie et surtout de la charité, les diacres sont appelés à être des témoins concrets du Christ serviteur au cœur du monde.
©ViktorCap, PixabayDepuis plusieurs décennies, de nombreux hommes, souvent mariés et engagés dans la vie professionnelle, répondent à cet appel. Mais que signifie concrètement être diacre aujourd’hui ? C’est ce qu’ont partagé deux diacres du diocèse de Marseille, Dominique Giabiconi, récemment ordonné, et François Debelle, engagé dans ce ministère depuis plus de vingt ans.
Le chemin vers le diaconat est avant tout une histoire de discernement. Pour Dominique Giabiconi, cet appel s’est imposé progressivement comme une évidence intérieure. De son côté, François Lebel évoque une sensibilité ancienne au service des plus fragiles, profondément enracinée dans son histoire familiale et nourrie par l’Évangile.
À un moment de ma vie, j’ai ressenti le besoin d’aller au bout de ma vocation
Être diacre, ce n’est pas seulement accomplir des missions liturgiques — proclamer l’Évangile, prêcher, célébrer des baptêmes ou accompagner des funérailles — c’est avant tout une manière d’être. « Le diacre est à l’image du Christ qui lave les pieds de ses disciples », rappelle Dominique Giabiconi. Une vocation tournée vers les autres, en particulier les plus vulnérables.
Souvent décrit comme un « ministre du seuil », le diacre se tient à la frontière entre l’Église et le monde. Par sa présence dans la société, notamment dans le milieu professionnel, il rejoint ceux qui sont éloignés de la foi ou en situation de fragilité. Il rappelle ainsi à toute l’Église l’importance du service et de l’attention aux périphéries, chères au pape François.
Le diaconat trouve ses racines dans les premiers temps du christianisme, lorsque les apôtres ont choisi des hommes pour servir les communautés, notamment dans l’aide aux plus pauvres. Aujourd’hui encore, cette mission demeure centrale.
Devenir diacre suppose un engagement exigeant : plusieurs années de discernement et une formation de cinq ans, vécue souvent en couple. Car cette vocation engage toute la vie familiale et nécessite l’accord de l’épouse.
Au cœur de ce ministère, la charité occupe une place essentielle. Elle se vit dans des rencontres concrètes, souvent marquées par la confiance et la profondeur humaine.
Les personnes se confient avec une grande sincérité, et cela nous engage profondément», témoigne François Debelle.
Signe du Christ serviteur, le diacre est ainsi un pont entre l’Église et le monde. Une présence discrète mais essentielle, au service de tous, et particulièrement de ceux que l’on ne voit pas.


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