Le chemin de Croix de Bruno Desroche nous emmène vers la résurrection
« Je voulais que chacun puisse se dire : je suis dans le tableau ». Le chemin de croix de Bruno Desroche offre une plongée bouleversante dans la Passion, au cœur de notre monde d’aujourd’hui. Dans l'émission Des livres et vous sur RCF, Laetitia de Traversay reçoit Bruno Desroche, peintre lyonnais, qui revisite le chemin de croix à travers une œuvre saisissante : quinze tableaux où la Passion du Christ se joue avec des visages contemporains. Une expérience spirituelle qu'il a proposé à des figurants de tous les âges. Et une invitation à entrer, personnellement, dans ce mystère.
Bruno Desroche - © RCF LyonEntrer dans la Passion… comme dans un miroir
Tout commence par une intuition, presque un appel. En levant les yeux dans l’église Saint-Nizier, Bruno Desroche imagine ce qui n’existe pas encore : un chemin de croix incarné, vivant, habité. Très vite, le projet prend forme, avec une idée forte : faire entrer le spectateur dans la scène. « Ce que je voulais, c’était mettre en scène ces images d’un homme supplicié (…) entouré de personnes qui nous ressemblent. Pour que chacun puisse se dire : je suis dans le tableau ». Et pour cela, il choisit des modèles d’aujourd’hui. Des jeunes, des proches, sa propre famille. Certains tiennent même un téléphone portable. Une manière volontaire de relier la Passion à notre présent, sans filtre. « Pourquoi je suis dans le tableau ? Et pourquoi, au début, je participe peut-être comme un bourreau… ? »
Peu à peu, le regard bascule. Le spectateur n’est plus extérieur. Il devient acteur, questionné dans ses propres attitudes face à la souffrance, à la violence, à l’indifférence.
Du regard à la rencontre : une œuvre qui appelle à se laisser rejoindre
Ce chemin de croix ne cherche pas seulement à montrer. Il provoque une rencontre. À travers des scènes parfois dures — violence collective, indifférence derrière les écrans — Bruno Desroche interroge notre rapport au corps souffrant. « Est-ce que l’écran du téléphone ne fait pas écran entre moi et la personne qui souffre ? » Mais l’œuvre ne s’arrête pas à ce constat. Elle ouvre un chemin. Celui d’une transformation intérieure, à l’image des personnages eux-mêmes : « J’ai utilisé les mêmes acteurs pour jouer les bourreaux et les compatissants. (…) Parce que peut-être que nous allons, en cheminant avec le Christ, changer aussi notre cœur ».
Et au bout de ce chemin, une lumière : la résurrection, ajoutée comme une quinzième station. « Rien ne peut résister à cette force de vie ».
Ce chemin de croix s’adresse à moi personnellement… vous m’avez mis un coup de poing dans le cœur
Une œuvre qui continue de voyager et de toucher
Depuis sa création, ce chemin de croix a été demandé par d'autres personnes et il a rejoint de nombreuses églises, écoles, et même d’autres pays. Mais la version originelle est toujours sur les murs de l'église Saint Nizier à Lyon. Souvent, il interpelle et bouleverse. Pour Bruno Desroche, l’essentiel est que chacun puisse ouvrir les yeux. « Le Christ est présent aujourd’hui au milieu de nous (…) à nous d’aller à la rencontre de celui qui souffre ». Et nous pourrons nous ouvrir en chemin à une espérance, celle de la résurrection.


Chaque semaine, un écrivain nous dévoile son ouvrage, sa personnalité, ses passions et les coulisses de son écriture, au micro de Laetitia de Traversay. L'émission est diffusée sur RCF Lyon le vendredi à 19h et le dimanche à 17h45.
