L'archevêque de Dakar en visite dans le Bourbonnais
Nommé archevêque de Dakar en 2025, Mgr André Gueye séjourne depuis quelques jours dans le Bourbonnais. Une visite pour rencontrer les prêtres originaires du Sénégal et qui sont en mission dans le diocèse de Moulins. Dans un emploi du temps chargé, entre célébrations eucharistiques et rendez-vous de travail, le prélat africain est passé se confier au micro de RCF en Auvergne.
Mgr André Gueye, archevêque de DakarJérémi COULON, RCF : Excellence, quel est le message que vous êtes venu porter aux Bourbonnais qui vous ont rencontré au cours de ces quelques jours de visite pastorale ?
Mgr André : Visite pastorale, c'est trop dire, parce que c'est l'évêque du lieu qui fait sa visite pastorale. Je suis venu en visite d'amitié dans le cadre du jumelage entre Moulins et Dakar. Je suis venu d'abord pour connaître le diocèse de Moulins, puisque je viens d'arriver à Dakar, et pour rendre visite à mes prêtres, pour me rendre compte des situations concrètes où ils exercent leur ministère, et pour les encourager.
L'impression générale, bien sûr, c'est le bel accueil dont les prêtres ont bénéficié partout où ils servent. J'étais témoin d'enthousiasme, d'expression de gratitude de la part de presque tous les paroissiens des paroisses que j'ai visitées [NDRL : Notre-Dame de Moulins, Sainte Famille, Souvigny, Notre-Dame des Sources, Louise-Thérèse de Montluçon...] Et je voudrais profiter de votre radio pour remercier du bon accueil et de la générosité, l'ouverture à l'égard des prêtres de Dakar qui sont venus ici partager aussi leur témoignage, participer à la mission de l'église ici en France.

RCF : Que peut-on souhaiter pour ce jumelage entre Moulins et Dakar pour les années à venir ?
Mgr André : Il me faut d'abord prendre la température du jumelage. J'ai rencontré Mgr Marc Beaumont. Tout à l'heure, je rencontrerai le comité du jumelage pour qu'on voit ensemble l'avenir. Le jumelage exige que l'on s'écoute les uns les autres pour pouvoir ouvrir de nouvelles perspectives. En tout cas, ce qu'il faut retenir avant tout, c'est cette dimension spirituelle qui est la base et qui est à renforcer pour que le jumelage puisse porter du fruit.

RCF : En février dernier, une délégation du diocèse de Moulins est venue vous rendre visite. Quels sont les défis de l'église d'Afrique aujourd'hui et plus particulièrement celle de Dakar que vous dirigez ?
Mgr André : Vous avez dû aussi entendre parler du plan pastoral pour le diocèse de Dakar, qui essaie de répertorier tous ces défis et de proposer des moyens pour les relever. C'est d'abord le défi universel de la synodalité pour marcher ensemble, mettre les structures de collaboration pour que laïcs, prêtres et consacrés, que nous nous sentions tous la même famille. Nous devons marcher ensemble, chacun déployant bien sûr son sacerdoce, ses talents pour le bien de tous. Nous sommes tous dans la même vigne du Seigneur, tous complémentaires et la richesse consiste en ce que chacun déploie ses potentialités pour le bien de la mission. Donc, synodalité.
Et ensuite, comme toutes les églises de l'Afrique, le défi de l'autonomie. Nos églises ne sont pas multicentenaires comme ici en Europe, mais quand même, nous sommes des églises adultes qui doivent prendre, pour autant que cela est possible, leurs responsabilités dans le domaine économique qui est aussi essentiel pour la mission, pour le déploiement de cette pastorale, en tout cas bien appréciée au Sénégal, qu'on appelle la pastorale sociale, les œuvres caritatives qui ont besoin de moyens, les écoles, la santé et le développement à la base. Nous avons besoin de financement et notre défi est que nous continuions d'abord sur nous-mêmes avant de compter sur la solidarité des autres.
Et enfin, nos églises sont dans un contexte sociopolitique où la contribution de l'église est attendue. C'est ainsi que le troisième défi, c'est marquer notre présence sur le terrain du développement en insistant sur l'exigence de construire nos pays, nos sociétés, sur la justice et sur la paix.
RCF : Quel est votre sentiment général en découvrant notre Eglise Bourbonnaise ?
Mgr André : C'est vrai que la pratique est faible, mais j'ai senti une profondeur spirituelle partout où nous avons célébré. La foi a encore sa place dans le cœur, il faut un peu plus de conviction pour réveiller les braises encore ardentes pour que l'église puisse aussi remplir sa fonction, sa mission au sein de cette société.


