"Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson" (Mt 13, 24-30)
"Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson" (Mt 13, 24-30)
Méditation par la Père Jean-Paul Cazes
Chant final : "Je n’ai que ma prière" par le grouype Glorious
benny-jackson-UNSPLASHÉvangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
Il leur dit :
‘C’est un ennemi qui a fait cela.’
Les serviteurs lui disent :
‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’
Il répond :
‘Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.’ »
Source : AELF
Méditation Père Jean-Paul Cazes
Bonjour amis au-delà du micro : je suis heureux de vous retrouver. Merci de prier pour moi afin que cette semaine avec vous porte du fruit.
Avec le chapitre 13 de st Matthieu, nous abordons un des cinq discours de Jésus, composé de plusieurs paraboles au sujet du Royaume des Cieux. Arrêtons-nous sur la parabole qui met en scène un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Jésus lui-même expliquera sa parabole ; cette explication se trouve au même chapitre 3, versets 36-43 ; elle se trouve dans la lecture longue de ce jour.
Revenons au verset 24 et aux suivants. Nous sommes dans un champ ou le bon grain côtoie l’ivraie. Il y a, dans cette parabole, une question de frontière mal définie puisque l’ivraie est mêlée au bon grain. Mais vous sentez bien que nous ne sommes pas seulement dans ce champ : nous sommes nous-mêmes le champ. Il m’est impossible de dire de quel côté je suis : au lieu de passer entre moi et les autres, la frontière passe en moi. Je suis en même temps ivraie et bon grain.
Je distingue au moins deux richesses dans cette parabole.
Première richesse : le temps m’est laissé pour que je puisse, avec l’aide de l’Esprit Saint, repousser ma frontière intérieure et gagner de la bonne terre pour que la semence puisse donner 100, 60 ou 30 pour un, comme le dit Jésus dans une autre parabole agricole que nous lirons vendredi.
Seconde richesse encore plus importante : la patience du Seigneur à l’égard de chacun. Saint Pierre écrira plus tard dans sa seconde épître : « Si notre Seigneur montre une telle patience, croyez bien que c’est pour votre salut … » (2 P 3,15) Moi, si j’étais jardinier, j’aurais tendance à arracher l’ivraie pour avoir un jardin parfait ; quel éducateur n’a jamais eu, de temps à autre, cette envie ? Le Christ, lui, sait ce qu’il y a dans le cœur de chacun, et qu’on ne gagne rien en le brusquant. Heureusement pour vous comme pour moi !
Il y a certainement d’autres richesses dans cette parabole ; à vous de les chercher.
A demain !


Chaque matin, l'Évangile du jour commenté par un prêtre ou un pasteur. Ce temps de prière invite à prendre le temps de la méditation et s'achève par la proclamation du Notre Père.
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