« Laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 1-11)
« Laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 1-11)
Médiation par le Père Sébastien Antoni
michal-galezewski-UNSPLASHÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
la foule se pressait autour de Jésus
pour écouter la parole de Dieu,
tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus
et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon,
et lui demanda de s’écarter un peu du rivage.
Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler,
il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait,
ils capturèrent une telle quantité de poissons
que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque
de venir les aider.
Ceux-ci vinrent,
et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu’elles enfonçaient.
à cette vue,
Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant :
« Éloigne-toi de moi, Seigneur,
car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi,
lui et tous ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon.
Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage
et, laissant tout, ils le suivirent.
Source : AELF
Méditation Père Sébastien Antoni
Ce jour-là, une foule s'agglutine près du lac de Tibériade pour écouter Jésus. Comment se fait-il que, dans cette foule anonyme, quelques vies prennent soudain une tournure singulière ? Jésus, sans doute, choisit ses disciples moins en évaluant ce qu'ils sont qu'en écoutant ce qu'ils cherchent. Nous sommes tous des personnes ordinaires. Ce qui donne à notre esprit sa dimension extraordinaire, c'est notre soif.
On imagine Simon un peu à l'écart de l'agitation. Il est accroupi dans l'eau, absorbé par la répétition têtue de ses gestes quotidiens. Il lave ses filets et les range sous le banc, au cas où le vent lèverait dans la nuit des vagues plus hautes. Il vaut mieux, pour Simon, ne pas laisser filer sa pensée vers le retour à la maison, où l'attendent des visages qui espéraient du poisson. Bien sûr, il y a cet homme qui parle d'une voix forte, avec ce petit tiraillement qui laisse entendre que la Parole ne tient pas tout entière dans des mots. Mais Simon n'écoute pas vraiment. Il connaît déjà les prophètes et attend un Messie qui viendra un jour. En attendant, il faut bien manger.
La rencontre commence, ce matin-là, d'une manière presque banale. Jésus demande à Simon un tout petit service : éloigner un peu la barque du rivage pour que sa voix porte mieux. Simon accepte de bonne grâce. Un détail pourtant ne lui a pas échappé : Jésus se met au travail à l'instant même où les pêcheurs viennent de renoncer et rangent leur matériel. Même quand il est trop tard pour les réussites humaines, il n'est jamais trop tard pour Dieu. Aux heures de fatigue, il nous demande souvent ce petit geste qui n'a l'air de rien et qui, déjà, nous met en marche vers lui.
Quand Jésus se tourne vers Simon et lui murmure une parole qui n'est adressée qu'à lui, la lassitude du pêcheur cède. « Sur ta parole, je vais jeter les filets. » Simon devient Pierre en acceptant d'aller chercher plus profondément ce qu'il n'a pas trouvé. Il devient Pierre parce que Jésus s'est penché vers lui, et c'est comme s'il entendait pour la première fois.
La pêche dépasse alors toutes les espérances, et sa démesure même signale que c'est l'œuvre de Dieu. Quand Dieu agit dans une vie, tout devient royal ; le plus difficile reste de lui laisser les mains libres. La première réaction de Simon est la crainte : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un pécheur. » Il appelait Jésus « rabbi », le voici qui l'appelle « Seigneur ». Il a perçu la majesté de Dieu, mais comme une majesté qui éloigne, qui éveille l'adoration sans encore ouvrir à l'amour. Une religion bien réglée en somme ou si tous les gestes et les bonnes paroles sont dites dans un nuage d’encens et de décorum il n’est pas encore sur que l’amour soit trouvé…. Or Dieu, qui est le tout-autre, veut être aussi le tout-proche. Il écarte la peur d'un mot : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Souvent, ce qui freine notre amour, c'est la peur : peur de ce que le Christ peut faire de nous, peur de jeter le filet sur sa seule parole. Mais « l'amour parfait bannit la peur ». Laissons le Christ nous conduire en haute mer aussi loin qu'il le voudra, et nous aimer autant qu'il désire nous aimer. La pêche suivra, à l'heure de Dieu. Une bonne manière de savoir si vous aimez dieu… avez-vous peur de lui ? etes vous terrorisée par une idée de punition qui pourrait vous tomber dessus ? priez vous par peur ou encore par devoir… ? si a toute ces questions vous répondez « oui »… c’est qu’il est temps de rencontrer Jésus et vous défaire d’une idée que vous avez sur lui… promis, l’amour changera tout, tout… laissez vos filets qui vous encombrent et dans lesquels vous vous prenez les pied, pour décourvir le Seigneur…, tel qu’il se révèle.


Chaque matin, l'Évangile du jour commenté par un prêtre ou un pasteur. Ce temps de prière invite à prendre le temps de la méditation et s'achève par la proclamation du Notre Père.
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