« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (Mt 9, 32-38)
« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (Mt 9, 32-38)
Méditation par le Père Jean-Baptiste Arnaud
Chant Final : "La moisson est abondante" de Ensemble Cinq Mars
David-Zawila-UNSPLASHÉvangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
voici qu’on présenta à Jésus
un possédé qui était sourd-muet.
Lorsque le démon eut été expulsé,
le sourd-muet se mit à parler.
Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient :
« Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! »
Mais les pharisiens disaient :
« C’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages,
enseignant dans leurs synagogues,
proclamant l’Évangile du Royaume
et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles
parce qu’elles étaient désemparées et abattues
comme des brebis sans berger.
Il dit alors à ses disciples :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Source : AELF
Méditation Père Jean-Baptiste Arnaud
« Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Souvent nous entendons cette phrase comme une lamentation de Jésus. Peut-être, même si nous n’avons pas le ton de sa voix. Méfions-nous de prendre nous-mêmes une voix déprimée pour implorer le Seigneur de nous donner des vocations. C’est sans doute plutôt un constat : la moisson est abondante, les ouvriers sont peu nombreux. Dieu a choisi un homme Abraham, et un peuple pour sauver tous les hommes. Le Christ appelle les disciples un par un, et ses collaborateurs les plus proches seront 12, pour porter l’évangile, le temps venu, jusqu’aux extrémités de la terre.
Les foules sont désemparées et abattues come des brebis sans berger. Ce n’est pas tant une question de quantité mais de qualité. Il n’y a pas de berger. Les bergers sont absents. Les scribes, les pharisiens, les chefs des institutions juives de l’époque de Jésus se révèlent défaillants. D’ailleurs ils traitent Jésus de démon et l’accuse d’agir par le chef des démons. C’est un blasphème, un renversement total. Qualifier de Satan l’envoyé de Dieu. Ils sont sourds et muets. C’est eux que Jésus est venu guérir mais ils n’accueillent pas ce salut.
Les foules, quant à elles, sont dans l’admiration. Certes ce n’est pas encore la foi, c’est toujours ambigu l’admiration, mais elles s’ouvrent ainsi à la reconnaissance de ce que fait Jésus. Et Jésus a compassion de ces foules. Il est saisi aux entrailles comme une mère bouleversée par l’affection pour ses enfants. Par la puissance de sa parole il enseigne, proclame et guérit, se révélant comme le véritable berger et l’unique pasteur. Et pourtant il veut s’associer quelques ouvriers pour son immense moisson. Il les reçoit du Père. Nous entrons dans cette confiance en osant les demander au Père, et en osant entendre pour nous cet appel à collaborer à l’œuvre du salut.


Chaque matin, l'Évangile du jour commenté par un prêtre ou un pasteur. Ce temps de prière invite à prendre le temps de la méditation et s'achève par la proclamation du Notre Père.
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