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La Guyane, terre de missions (2/2)
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La Guyane, terre de missions (2/2)

Un article rédigé par Elise Le Mer - RCF, le 18 octobre 2019  -  Modifié le 11 janvier 2024
Contre courant La Guyane, terre de missions (2/2)

Comment annoncer la foi catholique aux peuples de Guyane? À l'occasion du synode sur l'Amazonie, rencontre avec les catholiques de Guyane.

Image par Jolanda de Koning de Pixabay Image par Jolanda de Koning de Pixabay

Créoles, Haïtiens, Brésiliens, Surinamais, Bushinengués, Hmong et métropolitains... Comment annoncer la foi catholique aux peuples de Guyane ? Longtemps majoritaire, l'Église catholique perd peu à peu du terrain, et pourtant elle ne cesse d'aller à la rencontre de ces populations réparties sur un territoire vaste comme le Portugal et recouvert à 95% par la forêt amazonienne. Et où 35% de la population est de nationalité étrangère.

 

À la rencontre des Bushinengués catholiques de Guyane

 

Saint-Laurent-du-Maroni est la deuxième plus grande ville de Guyane. C'est là où vit Rosalie. Elle est la seule de sa famille à parler français. Ses parents, ses frères et sœurs parlent la langue des Saramaca, l'un des six peuples bushinengués, ces descendants d'esclaves fugitifs partis vivre dans la forêt. Rosalie est catholique, elle va accompagner Mgr Emmanuel Lafont, l'évêque de Cayenne, à Rome, pour assister au synode sur l'Amazonie.

Elle y témoignera de la réalité des Bushinengués catholiques de Guyane, qui doivent parfois composer avec les traditions bushinenguées. "Nous en tant que Bushinengués, on sait jusqu'où on peut se mélanger par rapport à nos coutumes, par rapport à nos ancêtres..." Ainsi les rites pour invoquer les morts ou les esprits errants, Rosalie et les catholiques bushinengués décident de ne pas y participer. "Nous en tant que chrétiens catholiques pratiquants on n'y va pas, chaque personne fait son choix, nous qui avons le Christ on prie pour eux, on parle avec eux de la parole, de ce que le Christ est capable de faire pour eux..." 

 

À Cayenne, une paroisse pour les migrants

 

La paroisse Saint-Martin-de-Porrès expérimente quelques nouveautés depuis l’arrivée de son nouveau curé en octobre 2018, le Père Jean-Paul Komisikoué, membre de la Société du Verbe divin (SVD). L’objectif de cette paroisse est de créer un espace d’accueil, ouvert à tous, en particulier pour les migrants, dans un pays où 35% de la population est de nationalité étrangère. La mission de cette paroisse sera, selon les mots de son curé, "d'aider l'Église de Guyane à regarder d'une autre manière les immigrés, à ne pas les regarder comme les gens qui viennent pour détruire mais pour trouver une vie différente".

Des Guyanais qui parlent créole, des Surinamais qui comprennent l'anglais ou le hollandais... Comment rendre l'Église plus proche de ces populations, dont la plupart ne parlent pas français ? C'est notamment la mission du Père Komisikoué. À Saint-Martin-de-Porrès, lors du troisième dimanche de chaque mois, la messe est dite en portugais et en français. Peu à peu on trouve des façons de dépasser la barrière de la langue... "mais le premier langage, celui que tout le monde comprend dans le monde, c'est la langue de l'amour", dit le curé. Ainsi, le fait "d'être présent" est déjà une façon de toucher les cœurs. 

 

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