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Joseph de Cupertino
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Joseph de Cupertino

Un article rédigé par Jean-Luc Moens - 1RCF Belgique, le 2 novembre 2022  -  Modifié le 2 novembre 2022

Patron des aviateurs car jamais aucun saint n'a lévité comme lui !

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Aujourd’hui, je vais vous parler de saint Joseph de Copertino qu’on traduit Cupertino en français.


C’est un saint que j’ai découvert par hasard avec ma femme lorsque nous vivions en Italie. Nous prenions quelques jours de vacances le long de l’Adriatique et nous sommes arrivés dans la ville d’Osimo, tout près d’Ancône. Nous sommes entrés par hasard dans une église (la seule que nous ayons visitée) et nous avons été accueillis par un charmant père franciscain conventuel qui nous a demandé si nous connaissions saint Joseph de Copertino. Devant notre ignorance, le brave religieux nous a fait visiter la dernière cellule du saint et nous a raconté les grandes lignes de sa vie extraordinaire. Nous étions subjugués ! À la sortie, nous avons acheté la grande biographie de 350 pages en italien que j’ai dévorée.


Notre guide nous a expliqué que Joseph de Copertino avait des charismes tellement extraordinaires qu’il a été persécuté toute sa vie, en particulier par l’inquisition. On a essayé de le cacher pour qu’il échappe à la curiosité des foules, et finalement, il a été amené en 1657 dans le plus grand secret dans le couvent franciscain de la ville d’Osimo où il a été enfermé jusqu’à sa mort. Presque personne ne connaissait sa présence, même parmi les frères de son propre couvent. Mais, nous dit notre sympathique guide, rapidement, les gens de la ville se sont rendu compte que quelque chose avait changé : en effet, leurs prières étaient plus exaucées qu’avant ! Finalement, fra Giuseppe est mort le 10 août 1663 à l’âge de 60 ans, après 6 années passées dans la solitude de sa cellule à Osimo.

 

Pourquoi un tel secret ? Pourquoi une telle exclusion ?


Pour le savoir, il faut comprendre qu’elle a été la vie de Giuseppe da Copertino.


Joseph Marie Desa est né à Copertino, un petit village des Pouilles, le 17 juin 1603. Son père meurt avant sa naissance laissant sa mère dans une très grande pauvreté. On la chasse de la maison et elle doit accoucher dans l’étable.
Je vous ai souvent parlé de saints exceptionnellement intelligents. Ici, nous sommes dans un autre cas. Joseph a de la peine à l’école. Il a souvent la bouche ouverte, un peu comme l’idiot du village. On le surnomme boccaperta, bouche ouverte, bouche bée. Dans son enfance, il contracte une maladie, une sorte de furoncle qui l’empêche d’aller à l’école. Il en est guéri miraculeusement.


À l’âge de 17 ans, il essaie d’entrer chez les franciscains conventuels. Il est refusé car il n’a pas le niveau intellectuel. C’est le moment de vous dire que Joseph de Copertino est patron des étudiants. Je vous dirai bientôt pourquoi.


Finalement, il est accepté comme frère laïc chez les capucins mais les braves frères se rendent vite compte que leur jeune recrue n’arrive pas à assumer les tâches qui lui sont confiées. On ne sait pas si c’est par maladresse naturelle (qui est réelle) ou à cause de nombreuses extases. Un de ses biographes a écrit de lui : « L'incapacité naturelle et la préoccupation surnaturelle semblaient s'unir pour le rendre inapte à tout. » Bref, Marcel Pagnol aurait dit de lui : « Il n’est pas bon à rien, il est mauvais à tout ! »


Au bout de huit mois, les bons pères capucins renvoient notre pauvre Joseph et sa maman est désolée de le voir revenir. Elle a un frère qui est aussi franciscain conventuel à Balsorano dans le couvent de Grottella. Elle insiste tant et si bien que Joseph est accepté à Grottella comme frère convers. On le charge de s’occuper de la mule du couvent.


Rapidement, les supérieurs de Joseph sont touchés par sa piété et sa joie. Il lui propose de devenir prêtre, sachant que, par ailleurs, le pauvre Joseph sait à peine lire et écrire.


C’est ici qu’interviennent les épisodes qui font de saint Joseph de Cupertino le patron des étudiants.


Pour devenir prêtre, il y a des examens à passer, chose difficile pour Joseph vu son manque de formation. Il y a d’abord un premier examen pour l’admission aux ordres mineurs. L’examen consiste à commenter un verset de la Bible. Notre Joseph est bien incapable d’expliquer grand-chose, sauf un verset de l’Évangile de Luc, 11, 27 : « Heureuses les entrailles qui t'ont porté… » L’évêque examinateur, Jérôme de Franchis, ouvre au hasard sa Bible et son doigt sur un verset : c’est Luc 11, 27 : « Heureuses les entrailles qui t'ont porté… »


Joseph fait un brillant commentaire et est admis aux ordres mineurs.


Trois ans plus tard, c’est l’examen pour le sacerdoce. Ce sera une autre paire de manches !


Cette fois, l’évêque examinateur s’appelle Jean-Baptiste Deti. Il est évêque de Castro. Il reçoit tous les candidats, un a un. Les premiers passent haut la main leur examen. Arrive alors un courrier urgent qui distrait l’évêque. Il interrompt l’examen. Il accepte tous les candidats, pensant que les derniers sont aussi brillants que les premiers. Parmi les derniers, il y a Fra Joseph qui est donc accepté à la prêtrise grâce aux bonnes notes de ses amis. Voilà pourquoi saint Joseph de Cupertino est patron des étudiants !


Frère Joseph est ordonné le 4 mars 1628.

 

C’est à partir de 1630 que les ennuis de frère Joseph commencent.

 

Au cours d’une procession, il s’élève brusquement dans les airs : c’est le phénomène de lévitation. Les gens sont émerveillés, lui est honteux et cherche à se cacher. Ces phénomènes vont se répéter de plus en plus. Il y a un nombre incalculable de témoins. Il suffit d’un rien pour provoquer une lévitation. Par exemple, à Rome, son supérieur lui fait visiter des cardinaux. Le supérieur dit : « Éminence, le rouge votre calotte me fait penser au sang de Jésus Christ… » Et hop, voilà frère Joseph qui entre en lévitation.

Sa lévitation la plus connue a eu lieu en présence du pape Urbain VIII. Admis en présence du pontife, frère Joseph baise ses pieds et, hop, il se retrouve en l’air au-dessus du pape devant l’assistance médusée. Son supérieur lui intime l’ordre de redescendre et la lévitation cesse. Sans broncher, le pape s’adresse alors au supérieur :

« Si le frère Joseph meurt durant Notre pontificat, Nous voulons servir de témoin à son procès [de canonisation] pour déposer du prodige dont Nous venons d’être témoin. » 


Avec le successeur d’Urbain VIII, les choses deviennent plus difficiles. L’inquisition s’en mêle. Le pauvre frère Joseph est envoyé à Assise, dans le grand monastère en dessous de la basilique saint François. Mais là aussi, il dérange par ses miracles et ses phénomènes extraordinaires. Finalement, il est envoyé en exil à Osimo, où comme je vous l’ai raconté, il meurt à l’âge de 60 ans.

 

Vous avez compris que j’ai un faible pour Joseph de Copertino.

Voici pourquoi.

 

Dans ses extases, le frère Joseph partait souvent en arrière, soit il tombait en arrière et demeurait par terre, soit il s’envolait en arrière pendant une eucharistie, comme pris d’une sainte terreur devant le mystère incroyable de Dieu qui se fait homme et qui se cache dans un petit morceau de pain.
Ces phénomènes me font pensé à ce qu’on appelle dans le Renouveau Charismatique le « repos dans l’Esprit ». C’est un charisme qui n’est pas évident, mais il me semble que ce qu’a vécu saint Joseph de Copertino quand il tombait en extase à la renverse s’apparente à ce que certaines personnes vivent dans le Renouveau Charismatique.


Joseph de Cupertino a été canonisé en 1767 par le pape Clément XIII qui a déclaré qu’en matière de lévitation, aucun saint ne le surpasse. Et Jean-Paul II, pour le 400ème anniversaire de sa naissance, l’a appelé le saint des lévitations.

 


En tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que saint Joseph de Copertino n’est pas seulement le patron des étudiants parce qu’il passait entre les mailles des questions de ses examinateurs. Il est aussi le patron de tous ceux qui volent, des pilotes d’avion et de montgolfières, des cosmonautes, des passagers des avions… et là, oui, il y a de très nombreux témoins qui l’attestent : frère Joseph volait avant l’invention de l’avion !
 

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