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« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu » (Lc 4, 31-37)

« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu » (Lc 4, 31-37)

Un article rédigé par Père Sébastien Antoni (50468) - RCF, le 1 septembre 2026 - Modifié le 1 septembre 2026
Prière du matin« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu » (Lc 4, 31-37)

« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu »

Méditation de l'évangile (Lc 4, 31-37) par le Père Sébastien Antoni

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée,
et il y enseignait, le jour du sabbat.
    On était frappé par son enseignement
car sa parole était pleine d’autorité.
    Or, il y avait dans la synagogue
un homme possédé par l’esprit d’un démon impur,
qui se mit à crier d’une voix forte :
    « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
    Jésus le menaça :
« Silence ! Sors de cet homme. »
Alors le démon projeta l’homme en plein milieu
et sortit de lui sans lui faire aucun mal.
    Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux :
« Quelle est cette parole ?
Il commande avec autorité et puissance
aux esprits impurs,
et ils sortent ! »
    Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.

Source : AELF

Méditation  Père Sébastien Antoni

Il y a chez Jésus une manière de parler qui subjugue et qui, du même mouvement, chasse les esprits mauvais. Luc nous replace ce matin devant ce mystère, en ce jour de rentrée des classes où tant d'enfants s'assoient à nouveau devant un maître.

Au temps de Jésus, les commentateurs de la Loi se retranchaient volontiers derrière l'autorité des rabbis célèbres du passé, quitte à souligner leurs divergences : « Rabbi Untel a dit ceci, mais Rabbi Tel autre a dit cela. » Jésus, lui, ne se réfère qu'à lui-même : « Moi, je vous dis. » Cela rendait un son neuf dans les synagogues où il prêchait. Avec lui, on se sentait sur un terrain solide, et l'Écriture redevenait vivante.

Aujourd'hui encore, sa parole surprend toute communauté qui décide de l'écouter et de se laisser mesurer par elle. Quand Jésus parle dans la liturgie ou dans le secret de l'oraison, il pénètre plus profond que toutes nos théories et toutes nos dissensions. On peut contester une théologie, renvoyer dos à dos deux penseurs. Mais les paroles de Jésus sont celles qu'il a entendues auprès du Père, et elles sont solides comme l'éternité. Quand il surgit au milieu de nous, d'eucharistie en eucharistie, il n'y a plus qu'à répondre ou à se taire pour écouter.

Pourquoi cette parole a-t-elle une telle autorité ? Sans doute parce que Jésus croit en ce qu'il dit. Une parole n'a d'autorité que si celui qui la porte y engage sa vie. Un enfant qui rentre en classe ce matin le sent très vite : son maître enseigne-t-il avec passion, ou fait-il seulement son travail ? Il le sent chez ses parents aussi : habitent-ils leur vie, ou courent-ils après leurs problèmes ? La passion ne se feint pas : elle est là ou elle n'y est pas.

Et le mal, justement, ne reste pas indifférent à cette passion. Dans la synagogue de Capharnaüm, un possédé nomme Jésus avant tout le monde : « Je sais qui tu es : le Saint de Dieu ! » Cette lucidité fait peur, et elle est aussitôt mise au service d'un refus : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Tu es venu pour nous perdre ! » Voilà le paradoxe des forces du mal : elles rendent l'homme lucide et pourtant fermé.

Ce sont ces mêmes forces qui travaillent notre cœur, sournoisement, lorsque, ayant rencontré la lumière de l'Évangile, nous détournons les yeux et remettons à plus tard le moment du pardon ou l'entrée dans un vrai silence contemplatif. « De quoi viens-tu te mêler, Jésus de Nazareth ? Pourquoi viens-tu décaper mes illusions et secouer mon inertie ? Je sais que tu as raison, mais laisse-moi dans ma solitude et dans mon refus. »

Mais Jésus ne nous laisse pas, et c'est sa patience qui nous sauve. Il nous donne le temps de retrouver pour lui le meilleur de nous-mêmes. Celui qui vit ainsi, avec passion, fait reculer le mal qui pousse à la médiocrité. Imaginons un enseignant qui parle comme cela, un chrétien qui habite sa vocation avec cette même flamme. Heureuse ténacité du Pasteur, heureuse vigueur du Maître qui commande d'un mot, d'un regard, et qui délivre.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Prière du matin
©RCF
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