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« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois,...» (Mt 18, 21 – 19, 1)

« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois,...» (Mt 18, 21 – 19, 1)

Un article rédigé par Pasteur Nicole Fabre (50629) - RCF, le 13 août 2026 - Modifié le 13 août 2026
Prière du matin« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois,...» (Mt 18, 21 – 19, 1)

« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21 – 19, 1)

Méditation par la Pasteur Nicole Fabre

Chant final : "Vienne ta grâce" de Be Witness

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
     Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
    Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
     Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Lorsque Jésus eut terminé ce discours,
il s’éloigna de la Galilée
et se rendit dans le territoire de la Judée,
au-delà du Jourdain.

Source : AELF

Méditation Pasteur Nicole Fabre

Faut-il voir Dieu comme celui qui a la capacité de faire grâce ou de condamner, selon sa colère ou sa pitié ? La parabole, en fait, centre sur l’attitude des serviteurs, en réponse au souci de Pierre : combien de fois dois-je pardonner à mon frère ? Pour lui, comme peut-être pour nous, il y a une limite au pardon. Or la seule limite, que révèle cette parabole, c’est la façon dont nous accueillons nous-même le pardon donné par Dieu. Car il y a quelque chose d’invraisemblable dans cette histoire. La dette du premier est écrasante, colossale : le salaire d’une vie entière ne suffirait pas à la rembourser. Sa supplique auprès de son débiteur est irréaliste. Comment peut-il prétendre rembourser un jour ? D’ailleurs, ce qui fait changer son maître, c’est sa compassion viscérale pour son serviteur, et non l’espoir d’être un jour remboursé. Littéralement, le maître laisse aller la dette. Il ne lui doit plus rien. Or, croisant quelqu’un qui lui doit une petite somme, ce serviteur est incapable de se détacher de son dû et de regarder son compagnon : il n’a pas reçu ce qu’il vient de vivre, cette libération immense et sans raison qui lui a été offerte. Il n’a pas accueilli la compassion viscérale de son maître à son égard : c’est dans les faits, comme si sa dette écrasante n’avait pas été remise.

L’origine du pardon n’est pas et ne peut pas être en nous. Elle est en Dieu, depuis toujours, et son pardon nous fait vivre. Apprenons à le faire circuler, comme une source intarissable de vie.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Prière du matin
©RCF
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