Grand pardon de Sainte-Anne-d'Auray : l'espérance au cœur du message de Monseigneur Dupont
Après le Jubilé de Sainte-Anne d'Auray qui s'est tenu en 2025, la 401ème édition du Grand Pardon sera présidée, cette année, par Monseigneur Matthieu Dupont, évêque de Laval. Le pèlerinage se tiendra, ce samedi 25 et dimanche 26 juillet, pour un moment populaire et fédérateur. Entretien.
Monseigneur Matthieu Dupont a été nommé évêque de Laval (Mayenne) en 2024. © Diocèse de LavalMonseigneur Matthieu Dupont, qu'est-ce que cela représente de présider le pardon de l'après Jubilé ?
Il y a une forme de pardon ordinaire qui s'ouvre dans la grâce de ce qui a été vécu l'année dernière. En tant que nouvel évêque de Laval depuis deux ans et demi, c'est l'occasion d'aller puiser, au-delà de la Mayenne, de cette grâce particulière de Sainte-Anne-d'Auray et de pouvoir renouveler, pour ma part, la grâce qui est vécue là-bas.
Qu'est-ce qui fait, selon vous, la force de ce pèlerinage depuis quatre siècles ?
D'abord, je perçois le caractère populaire, au sens très noble du terme, c'est-à-dire que ce pèlerinage rejoint le peuple breton. Il est populaire aussi par son déroulement immuable, qui permet à chacun de pouvoir s'y associer. J'aime bien prendre comme image celle de la procession : on est libre d'y entrer, d'y sortir, d'y chanter, d'y marcher. Il n'y a pas de complexité. Le pèlerinage à Sainte-Anne a aussi cette caractéristique. On peut y participer sans être totalement un initié.
Le pèlerinage permet de nous ramener à l'essentiel par Sainte-Anne, la grand-mère de Jésus, et de pouvoir, par cette filiation, nous redire que nous sommes de la famille et que Jésus fait partie de cette famille puisqu'il s'est inséré dans notre humanité.
En quoi cet événement est-il fédérateur ?
C'est l'occasion d'une expérience d'ouverture : permettre au plus grand nombre, des curieux, des touristes et peut-être certains qui veulent tout simplement vivre un moment un peu fort au cœur de l'été, de nous rejoindre.
Donc charge à nous, les plus fervents catholiques, de vivre ce pèlerinage avec intériorité et, en même temps, d'être perméable pour que ceux qui vont nous rejoindre, puissent goûter quelque chose de notre ferveur sans se sentir à côté.
Avez-vous des attentes lors de ce pardon pour votre propre vie de foi ?
Le mystère de la grand-mère de Jésus nous amène, en ces temps où les personnes âgées peuvent parfois être un peu mises de côté ou considérées comme inutiles, à nous redire que nous sommes dans une histoire.
En venant à ce grand pardon, cela permet de pouvoir me replacer dans cette histoire sainte, toute humaine que j'ai reçue de mes parents, de mes grands-parents et dans laquelle Jésus a choisi de s'insérer. Donc il y a quelque chose qui rejoint mon histoire et que j'aimerais renouveler.
Quel est votre lien avec Sainte-Anne, mère de Marie et patronne des Bretons ?
Quand je pense à Sainte-Anne, je pense bien sûr à Saint-Joachim. Je crois qu'il y a quelque chose d'une prière, parfois simple et spontanée, notamment pour nos anciens qu'il m'arrive de confier à Sainte-Anne.
Existe-il une place pour Sainte-Anne dans le cœur des Français ?
Dans le cœur des Bretons, c'est une évidence ! Dans le cœur des Français, je ne serais pas aussi systématique. Il y a une place parce que cela fait partie de notre amour de la Vierge Marie.
La Mayenne fait partie de ces rares diocèses en France qui ont vu l'apparition de la Vierge Marie. Et je vois comment cette affection pour la Vierge Marie, qui traverse notre pays, retentit sur l'affection pour sa mère, Sainte-Anne. Donc c'est peut-être par Marie que l'ensemble du pays rejoint Sainte-Anne. Il n'est pas rare que dans nos églises, il y ait de fait cette fameuse statue de Sainte-Anne éduquant Marie.
À la suite du jubilé de Sainte-Anne, le diocèse de Vannes et le sanctuaire ont relancé la confrérie de Sainte-Anne qui avait été créée en 1646. Que signifie la renaissance de cette confrérie ?
Cette renaissance est un besoin, un appel à pouvoir retrouver notre histoire et nos racines pour revenir à des intuitions, qui ont pu porter notamment la dévotion envers Sainte-Anne. Et de pouvoir aujourd'hui s'y insérer et renouveler notre suite du Christ en 2026.
Quel message comptez-vous délivrer lors de ce grand pardon ?
Il me semble que l'espérance reste l'un des messages qu'avait pu prononcer le pape Jean-Paul II lorsqu'il était venu, il y a 30 ans, à Sainte-Anne. Il y a quelque chose dans le fait de pouvoir aller au-delà de ce que l'on considère dans la réalité et qui peut être pesant. L'espérance demeure, à mon sens, un message que Sainte-Anne porte dans l'éducation, elle qui a pu éduquer la Vierge Marie.
Une messe à suivre en direct sur RCF
Suivez en direct la messe pontificale du pardon de Sainte-Anne-d'Auray, présidée par Monseigneur Matthieu Dupont, ce dimanche, à 11 h, sur RCF Bretagne.


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