JavaScript is required
Accueil
Demandes de baptêmes multipliées par 4 dans les Hauts de France

Demandes de baptêmes multipliées par 4 dans les Hauts de France

Un article rédigé par Claire Kiral - RCF Hauts de France, le 2 avril 2026 - Modifié le 2 avril 2026

Les diocèses de Lille, Arras, Cambrai et Amiens ne font pas exception à la croissance exponentielle des demandes de baptême depuis le début de la décennie : les demandes sont multipliées par 2,5 à Arras, par 3 à Cambrai, et même par 4 dans les diocèses de Lille et d’Amiens. Un afflux qui a pris tout le monde par surprise, poussant l’Eglise à se réinventer. 

Les demandes de baptême ont été multipliées par 2,5 à Arras, par 3 à Cambrai, et même par 4 dans les diocèses de Lille et d’Amiens. Crédits photos : diocèse de LilleLes demandes de baptême ont été multipliées par 2,5 à Arras, par 3 à Cambrai, et même par 4 dans les diocèses de Lille et d’Amiens. Crédits photos : diocèse de Lille

« On a été les premiers surpris ! » confie Sébastien Vereecken, responsable du catéchuménat dans le diocèse d’Arras. Après des années de stagnation voire de déclin, rien n’annonçait un inversement de la courbe des demandes de baptême. 

A la sortie du Covid, les services de catéchuménat ont vu affluer des demandes de sacrements de plus en plus nombreuses, et surtout, émanant de catéchumènes très majoritairement âgés entre 13 et 25 ans. 

Des explications multiples

Si chaque parcours est unique, quelques éléments se dégagent pour expliquer en partie ce phénomène complexe. 

Parmi eux, l’impact du confinement durant la pandémie de Covid, propice aux questionnements existentiels, arrive en tête. Il est suivi par le témoignage des proches, les grands-parents ou des amis pratiquants assumés. 

On observe également un effet miroir par rapport à l’islam, avec cette question “et moi, en quoi est-ce que je crois?”. Les plus jeunes évoquent aussi la présence active d’influenceurs chrétiens sur les réseaux sociaux. 

Enfin, nombreux sont ceux qui témoignent avoir vécu une expérience forte de la présence de Dieu dans une église.

Multiplication par 2,5 à Arras, par 3 à Cambrai, et par 4 dans les diocèses de Lille et d’Amiens

Dans les diocèses des Hauts de France, les chiffres suivent la tendance nationale: les demandes de baptême sont multipliées par 2,5 à Arras, par 3 à Cambrai, et même par 4 dans les diocèses de Lille et d’Amiens. 

A Pâques 2026, ce sont ainsi 120 catéchumènes dans le diocèse d'Amiens, 283 dans celui d'Arras, 270 dans le diocèse de Cambrai et 300 dans celui de Lille. 

Les demandes de baptême ont été multipliées par 2,5 à Arras, par 3 à Cambrai, et même par 4 dans les diocèses de Lille et d’Amiens par rapport à 2022. Crédits : RCF Hauts de France

Sur le territoire, on constate des chiffres particulièrement élevés dans les villes, mais aussi dans les milieux populaires comme le Bassin Minier. En revanche, les milieux ruraux sont les lieux les moins dynamiques : « ce sont des milieux dans lesquels la tradition de faire baptiser ses enfants est encore bien présente » explique-t-on dans le service catéchuménat du diocèse d’Arras. 

Enfin, la forte proportion de jeunes âgés de moins de 35 ans parmi les catéchumènes explique la croissance particulièrement forte dans les diocèses de Lille et Amiens, villes étudiantes aux aumôneries dynamiques : « aujourd’hui, les jeunes en demande de sacrement constituent 70 % de nos effectifs » confirme Marie-Laure Dufour, animatrice de l'aumônerie St-Leu à Amiens, et par ailleurs responsable du service formation et initiation chrétienne.

L’impact des catéchumènes dans la vie de l’Eglise

Si cet afflux de nouveaux venus est accueilli avec joie dans l’Eglise, il est aussi perçu comme un défi majeur pour l’institution : les catéchumènes arrivant le plus souvent sans aucune culture religieuse, il devient nécessaire de réintroduire les bases du catéchisme à chaque étape de la vie chrétienne. Un enjeu qui invite à revoir certaines pastorales, comme celle de la préparation au mariage. 

Par ailleurs, les catéchumènes plébiscitent massivement la messe et la liturgie, sans pour autant en comprendre tout le sens. L’accueil dans les paroisses devient donc capital, ainsi que la pédagogie autour des célébrations (carnets explicatifs, messes des curieux, équipes d’accueil, etc.). De même, les homélies doivent tenir compte de ce public qui ne maîtrise pas le jargon ecclésial, tout en ayant une grande soif de mieux comprendre la foi. A la recherche du beau, du sacré mais aussi d’un cadre ritualisé, les jeunes catéchumènes sont attirés par la liturgie. Une invitation à soigner cette dernière, tout en la rendant compréhensible par des explications et une dimension participative claire (explications des gestes de l’assemblée et du prêtre, des symboles utilisés, invitations à s’agenouiller, etc.).

Des catéchumènes qui doivent trouver leur place dans les communautés existantes. La mise en place de petites fraternités dans les paroisses est pressenti comme un moyen efficace d’intégration, tout comme la proposition de services ou de même de responsabilités dans la paroisse.

Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.