Congrès Mission : chaque baptisé est appelé à évangéliser
Les 9, 10 et 11 octobre 2026, Lyon accueillera la onzième édition du Congrès Mission. Pour la première fois, les évêques de la province ecclésiastique de Lyon ont choisi d’en faire un rendez-vous commun à leurs diocèses. À quelques semaines de l’événement, Florence Penet, responsable du pôle Initiation et Vie chrétienne, et le père Roch-Marie Cognet, curé in solidum de la paroisse Notre-Dame de l’Espérance à Grenoble, expliquent pourquoi la mission concerne tous les baptisés.
Florence Penet, Roch-Marie Cognet (c) RCF IsèreStéphane Debusschère, RCF : Vous avez déjà participé à plusieurs éditions du Congrès Mission. Qu’en avez-vous retiré ?
Florence Penet : J’y ai participé quatre ou cinq fois, à Paris ou en région. Chaque édition a constitué un véritable temps de ressourcement pour commencer l’année en Église. Ces rencontres m’ont aussi profondément transformée. Étudiante puis jeune adulte, j’étais peu missionnaire et assez réticente à l’idée d’annoncer explicitement le Christ. Les expériences vécues lors du Congrès Mission m’ont progressivement donné davantage d’aisance et surtout le désir de témoigner. Les tables rondes, les ateliers et le village des initiatives permettent de rencontrer des personnes très différentes et de découvrir de nombreuses manières de vivre la mission. On repart avec des pistes que l’on peut ensuite approfondir dans sa paroisse.
Roch-Marie Cognet : J’ai participé à l’édition organisée à Paris pour les dix ans du Congrès Mission, ainsi qu’à une précédente rencontre à Lyon. Cette expérience a changé ma manière d’aborder plusieurs sujets. Elle a également engagé la paroisse Notre-Dame de Vouise, où j’exerçais alors mon ministère, dans une transformation profonde de sa manière d’annoncer l’Évangile. Je dois beaucoup au Congrès Mission.
Une rencontre ouverte à tous
SD : Le Congrès Mission s’adresse-t-il d’abord aux prêtres et aux personnes déjà engagées dans l’évangélisation ?
FP : Ce n’est pas une rencontre réservée à des spécialistes. Tous les chrétiens sont invités à commencer l’année ensemble et à se laisser envoyer par le Christ là où ils vivent. Être missionnaire ne suppose pas nécessairement d’exercer une responsabilité dans l’Église. Chacun peut porter le Christ auprès des personnes qu’il rencontre, dans sa famille, son travail, ses engagements et la société.
RMC : Le premier à devoir se convertir sur cette question est parfois le pasteur lui-même. Les prêtres ont aussi besoin d’être renouvelés dans leur vie de disciples et dans leur manière d’accomplir la mission première de l’Église : annoncer l’Évangile. Le Christ demande d’aller vers toutes les nations et de faire des disciples. L’Église sait préparer et célébrer les sacrements, mais faire grandir des disciples demande une réflexion et une conversion permanentes. Le Congrès Mission aide à renouveler cette préoccupation et à la partager avec tous.
J’encourage donc les prêtres à participer avec des paroissiens, qu’ils soient déjà engagés ou non. Venir seul présente un risque : repartir avec beaucoup d’idées, puis éprouver des difficultés à transformer la vie quotidienne de la paroisse. Une participation en groupe permet de prolonger la réflexion et d’agir ensemble au retour.
Évangéliser dans la société actuelle
SD : Que signifie évangéliser aujourd’hui ? Suffit-il d’accueillir les personnes qui viennent demander un sacrement ?
FP : Notre société connaît désormais très peu Dieu et le Christ. Évangéliser consiste d’abord à faire connaître à nos contemporains un Dieu vivant, agissant et attentif à chacun personnellement. Cette annonce passe par l’accueil des personnes qui s’adressent à l’Église pour demander un sacrement, poser une question ou confier une difficulté. Mais elle suppose aussi d’aller vers celles qui ne franchissent pas spontanément la porte d’une église. Nous devons réapprendre cette démarche et croire que des personnes l’attendent, parce que la découverte de Dieu peut transformer leur vie. Les façons d’être missionnaire sont multiples. Cela peut consister à rendre une église accueillante, à adresser une parole à quelqu’un après une célébration, à saluer ses voisins ou simplement à prendre le temps de connaître les personnes que l’on croise. Chacun peut évangéliser selon sa personnalité et sa situation.
RMC : Une expérience très simple illustre cette attitude. Après une messe dans une église du centre de Grenoble, j’ai aperçu deux jeunes filles. L’une accompagnait une amie qui souhaitait entrer dans une église pour la première fois. Je suis allé à leur rencontre pour leur souhaiter la bienvenue et leur dire que cette maison était aussi la leur. Il y a quelques années, je ne l’aurais peut-être pas fait, par crainte de déranger. Le Congrès Mission m’a notamment aidé à acquérir cette audace intérieure.
L’annonce de l’Évangile peut prendre la forme d’une parole, d’un acte ou d’un témoignage discret, notamment dans le monde professionnel. Nous retrouvons aujourd’hui une certaine simplicité dans le témoignage. Les personnes ont des questions et expriment une véritable attente, mais nous devons apprendre à entrer dans leur langage et à sortir de nos expressions de spécialistes. Les mêmes mots et les mêmes propositions ne conviennent pas partout. Les réalités diffèrent entre un village, une vallée et une grande agglomération. Le Congrès Mission offre des outils pour réfléchir à la manière d’annoncer l’Évangile dans chaque contexte.
Trois journées particulières le vendredi
SD : Que proposera concrètement le Congrès Mission ?
FP : Le vendredi 9 octobre sera organisé autour de trois propositions destinées à des publics particuliers. Une première journée, accueillie à l’église Sainte-Blandine, sera consacrée aux couples. Elle leur permettra de se ressourcer, de réfléchir à la manière d’être missionnaires ensemble et de découvrir comment leur relation peut elle-même devenir un témoignage.
Une deuxième journée réunira les éducateurs, au sens large : personnels de l’enseignement catholique, animateurs, grands-parents, catéchistes et toutes les personnes en contact avec des enfants et des jeunes. Elles pourront réfléchir à la transmission de la foi dans leur réalité quotidienne.
La troisième proposition s’adressera aux prêtres et aux laïcs qui collaborent dans l’Église. Ils seront invités à participer ensemble afin d’approfondir leurs relations et leur manière de travailler au service de la mission.
Ces journées restent ouvertes aux inscriptions individuelles. Il n’est pas nécessaire de recevoir une mission officielle ou d’être envoyé par une institution pour y participer.
Partager des expériences sans chercher de recettes
SD : Le samedi constituera le principal temps de rassemblement. Quel en sera l’esprit ?
RMC : Le Congrès Mission est né d’un constat : de nombreuses initiatives intéressantes existent dans les paroisses, mais elles restent parfois méconnues et dialoguent peu entre elles. Le samedi permettra donc de découvrir des actions conduites dans des territoires ruraux, des milieux populaires ou des centres urbains. Il ne s’agit pas de venir chercher des recettes prêtes à appliquer. La pastorale repose d’abord sur la rencontre avec Dieu, qui aime et envoie chacun témoigner dans le souffle de l’Esprit Saint. Cependant, les communautés rencontrent souvent des difficultés comparables, même si leur échelle et leur contexte diffèrent. Le partage des expériences aide à prendre du recul et à envisager d’autres réponses.
Le village des initiatives missionnaires donnera à chacun la possibilité de découvrir librement des propositions venues du terrain. Des tables rondes aborderont également des questions essentielles : comment entretenir le feu missionnaire dans de grands espaces ruraux ? Comment accompagner les nouveaux baptisés et ceux qui renouent avec la foi après la réception d’un sacrement ? Comment les intégrer durablement dans une communauté paroissiale ? Des rencontres plénières rappelleront aussi que l’Église est missionnaire par nature et que tous ses membres sont envoyés. De nombreux ateliers permettront aux participants de choisir les sujets correspondant à leur situation : enseignement catholique, milieu rural, centre-ville ou accueil dans les églises.
Le samedi soir, des veillées à la basilique Notre-Dame de Fourvière proposeront des temps de louange, des témoignages et, pour ceux qui le souhaitent, une expérience de mission dans la rue. Le dimanche 11 octobre, quatre messes présidées par quatre évêques de la province ecclésiastique de Lyon concluront la rencontre par un envoi en mission.
Une dynamique à prolonger dans les communautés
SD : Comment s’informer, s’inscrire et participer depuis le diocèse de Grenoble-Vienne ?
FP : Le Congrès Mission traverse actuellement une période de transition. L’équipe nationale qui l’a porté et développé pendant dix ans a achevé sa mission. Le site national est donc encore en chantier. Pour obtenir les informations et s’inscrire, le plus simple est de consulter le site du diocèse de Grenoble-Vienne. Un accès très visible permet de retrouver la présentation du Congrès et les modalités d’inscription.
Il est possible de venir seul, à deux ou en groupe. Même une personne isolée pourra faire de belles rencontres. Cependant, une participation avec sa paroisse, sa communauté ou son mouvement offre un véritable avantage : au retour, le groupe peut relire ce qu’il a vécu, discerner ce qu’il souhaite transformer et prolonger ensemble la dynamique engagée.
RMC : Cette réflexion intervient également dans le contexte de la venue prochaine du pape en France. Un tel événement réveille et conforte la foi. Il aura nécessairement des conséquences missionnaires et conduira les paroisses à s’interroger sur la manière d’accueillir les personnes touchées par cette visite.
Le Congrès Mission pourra aider les communautés chrétiennes à réfléchir ensemble aux suites de cet événement et à poursuivre leur conversion missionnaire. Il ne donnera pas de solution toute faite, mais offrira des expériences, des outils et un élan commun pour mieux accueillir et annoncer l’Évangile aujourd’hui.


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