Comment devient-on évêque ? Entretien avec le chancelier du diocèse de Limoges.
Le diocèse de Limoges a un nouvel évêque. C'est Monseigneur Benoît Aubert. Il sera ordonné évêque le 14 juin prochain, à 15 heures, en la cathédrale Saint-Étienne de Limoges. À cette annonce, nous nous sommes interrogés sur le processus de nomination des évêques, en compagnie du père Claude Chartier, chancelier du diocèse de Limoges.
Cathédrale Saint-Etienne de Limoges. Source : service communication diocèse de Limoges. Monseigneur Benoît Aubert sera ordonné évêque de Limoges le 14 juin prochain, en la cathédrale Saint-Étienne. En attendant, le père Claude Chartier, chancelier du diocèse de Limoges nous aide à comprendre de quelle façon les évêques sont nommés.
Que se passe-t-il quand un évêque est appelé dans un autre diocèse ?
Dans cette situation, on dit que le siège est “vacant”. Il faut que quelqu'un prenne la responsabilité du diocèse. Pour cela, il existe, dans le droit canon, le collège des consulteurs. Ce groupe de prêtres diocésains élit un administrateur. C’est donc lui qui assure les affaires courantes du diocèse pendant la vacance épiscopale. Depuis le départ de Monseigneur Bozo à La Rochelle, c’est le père Pierre Morin qui est administrateur diocésain à Limoges.
Quel est le rôle d'un évêque ?
Sa mission principale, c'est la communion : faire que tous les chrétiens et non chrétiens de son diocèse s'entendent bien. Deuxièmement, l'enseignement : il est chargé de faire connaître l'évangile de Jésus-Christ des habitants de son territoire. Enfin la mission : il doit guider son peuple dans les pas du Christ.
Comment un évêque est-il nommé ?
Quand un évêque quitte son siège, une enquête est menée. Le nonce apostolique, ambassadeur du Pape interroge un certain nombre de personnes. De ces entretiens, il détermine les besoins du diocèse. Il cherche ensuite parmi les prêtres ou évêques déjà nommés en France quelqu'un qui corresponde au souhait du peuple de Dieu. Le nonce envoie trois noms au dicastère pour les évêques.
Le nom choisi par Rome est ensuite renvoyé à la nonciature apostolique. À ce moment-là, le nonce convoque l'intéressé pour savoir s'il est d'accord avec sa nomination. Auquel cas il y a un certain délai jusqu’à son installation, puisqu'il faut consulter le ministère de l'Intérieur et des cultes, ainsi que les préfectures. C'est un processus qui prend six à neuf mois.
C’est tout de même le Pape qui valide la nomination de chaque évêque ?
C'est le Pape qui signe. Après, il y a ce ministère des évêques à Rome appelé dicastère pour les évêques. Il fait donc confiance à ceux qu’il a chargés de ce travail là. D'ailleurs, Léon XIV en était le responsable avant d’être nommé pape. Il sait donc très bien comment cela fonctionne. Après, il y a des nominations qui varient en fonction du Pape. On sait très bien que les évêques nommés par Benoît XVI ne sont pas du même type que ceux nommés par le Pape François. En fonction de la politique qu’il veut mener.
Pourquoi Limoges accueille souvent des premières nominations ?
C'est traditionnel. C’était le cas de Mgr Rastouil, Mgr Gufflet, Mgr Dufour, Mgr Kalist puis Mgr Bozo. Le diocèse de Limoges n’a pas une démographie très dense. Donc on peut y mettre de plus jeunes évêques, moins expérimentés. Il y a des diocèses plus difficiles : Paris, Lyon, Marseille. Y être appelé n’est pas une promotion, mais demande une progression dans l’épiscopat. Il faut donc, avant cela, que soit vérifiées les capacités à diriger un diocèse, disons plus facile.
Quel sera le plus grand challenge pour Mgr Benoît Aubert ?
Il y en a deux. Un : le monde rural. C'est-à-dire une démographie dispersée et en baisse. Deuxièmement, nous sommes un diocèse que l'on dit relativement loin de l'église. Non pas éloigné de la foi, mais le limousin a une foi individuelle, singulière. Comment va-t-il être à l'écoute et animer une foi populaire comme celle des ostensions ? Voilà les deux défis que je décèle : le monde rural et la foi populaire du Limousin.


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