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Catéchumènes à Amiens : l’après-baptême en question

Catéchumènes à Amiens : l’après-baptême en question

Un article rédigé par Claire Kiral - RCF Hauts de France, le 30 mars 2026 - Modifié le 30 mars 2026
Eglise en Hauts-de-FranceAmiens: l'accompagnement des néophytes et la messe Chrismale

Face au flux croissant de demandes de sacrements, l’Eglise s’organise au pas de course pour accueillir et accompagner ces nouveaux venus. Mais si le parcours catéchuménal est bien balisé, l’après sacrement reste flou. Un enjeu crucial, car de nombreux néophytes disparaissent des églises peu après avoir reçu leur sacrement. A Amiens le 21 mars, les services de catéchuménat et d’initiation chrétienne se sont penchés sur cette question au travers d’une journée d’assemblée diocésaine dédiée.

si le parcours catéchuménal est bien balisé, l’après sacrement reste flou. Un enjeu crucial, car un grand nombre de néophytes disparaissent des églises peu après avoir reçu leur sacrement. Le diocèse d'Amiens cherche des solutions. Crédits photo :Paroisse Saint-Vincent, Le Mesnil-le-Roi (78)si le parcours catéchuménal est bien balisé, l’après sacrement reste flou. Un enjeu crucial, car un grand nombre de néophytes disparaissent des églises peu après avoir reçu leur sacrement. Le diocèse d'Amiens cherche des solutions. Crédits photo :Paroisse Saint-Vincent, Le Mesnil-le-Roi (78)

Dans le diocèse d’Amiens comme ailleurs, les chiffres des demandes de sacrements parlent d’eux-mêmes : 120 catéchumènes et 260 confirmés cette année. C’est 2 fois plus qu’il y a 3 ans, et c’est 4 fois plus qu’il y a 6 ans, voire même 5 fois plus en ce qui concerne les confirmations. Une augmentation spectaculaire à laquelle les paroisses s’adaptent localement en recrutant des accompagnateurs et en réorganisant les parcours de catéchuménat. Mais un autre défi se profile, celui de l’intégration dans la communauté chrétienne paroissiale. 

Un grand défi : l’intégration dans les communautés paroissiales

«  Dans les paroisses, on constate qu’une fois les sacrements reçus, il y a un moment de fragilité chez les néophytes. Comme le parcours est terminé, ils voient moins leurs accompagnateurs, on se retrouve moins en groupe, et le lien avec la communauté se perd, ils ont moins envie d’aller à la messe. Donc le grand défi, c’est comment garder ce lien ! » explique Marie-Laure Dufour, responsable du service initiation et formation chrétienne pour le diocèse d’Amiens.

Pour réfléchir ensemble à cette question, les services catéchuménat et formation chrétienne ont organisé une journée diocésaine. Pensée comme une session de travail, la journée comprenait des interventions au sujet des catéchumènes ainsi que la restitution d’un sondage réalisé auprès des néophytes des 5 dernières années. Puis les participants se sont retrouvés en petits groupes pour creuser différentes pistes à proposer pour faciliter l’intégration des nouveaux chrétiens dans les paroisses. 

Le grand défi, c’est comment garder ce lien avec la communauté.

Temps forts, visibilité, et responsabilités

Les propositions n’ont pas manqué au cours de cette journée : « L’idée d’un temps fort propre aux néophytes est revenu souvent, tout comme la nécessité de rendre les catéchumènes plus visibles, et ce, dès le début de leur cheminement » raconte Marie-Laure Dufour. Témoignages de découverte de la foi, présentation à la fin de la messe dominicale ou encore signe reconnaissable sont ainsi évoqués. 

Autre possibilité évoquée également : donner des responsabilités, ou du moins confier une mission dans la paroisse aux catéchumènes, sans attendre qu’ils soient baptisés. Un puissant levier pour s’intégrer de manière concrète dans la vie de la paroisse.

Ne pas attendre d’être baptisé pour faire partie de la communauté

Car pour Marie-Laure Dufour la clé est là : « ce n’est pas au moment où les sacrements sont reçus qu’il faut tisser ce lien, c’est pendant l’accompagnement. Il faut qu’ils soient vus comme des fidèles habituels de la paroisse. »

Au-delà des solutions pratiques, l’écoute est une attitude à privilégier : 

Ces néophytes ont plein d’idées, des choses intéressantes à proposer, il faut leur laisser la place. Mais cela demande une vraie conversion personnelle de la part de la communauté qui les accueille car ils nous poussent à nous transformer.

Si, au terme de cette journée « boostante », il reste encore beaucoup à faire, la suite se dessine déjà : des tests de certaines solutions envisagées seront lancés en paroisses ou en diocèse prochainement. 

Eglise en Hauts de France - RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Eglise en Hauts-de-France
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