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Carême : se rapprocher du Christ par l'eucharistie

Carême : se rapprocher du Christ par l'eucharistie

Un article rédigé par Madeleine Vatel, avec OR - RCF, le 22 février 2026 - Modifié le 1 mars 2026
Halte spirituelle, l'intégrale"Ils se réveilleront" : Jésus Eucharistie, vivant avec nous

Croire que Jésus est réellement présent dans le pain et le vin que le prêtre a consacrés n'est pas toujours simple, même pour les catholiques pratiquants. D'ailleurs le prêtre le proclame : "Il est grand le mystère de la foi." Quelle juste attitude avoir pendant la consécration ou devant l'hostie ? Dans quel état d'esprit communier à la messe ? Le Carême est l'occasion de redécouvrir le sens de l'eucharistie.

"Imaginez un cœur qui s’éveille, un cœur qui crie de joie : c’est exactement ce que peut faire l’eucharistie dans nos vies de chaque jour." ©Corinne Simon / Hans Lucas"Imaginez un cœur qui s’éveille, un cœur qui crie de joie : c’est exactement ce que peut faire l’eucharistie dans nos vies de chaque jour." ©Corinne Simon / Hans Lucas

Et si le Carême était le moment propice pour redécouvrir le sens de l'eucharistie ? Durant ce temps liturgique, les chrétiens se préparent à célébrer Pâques, la plus importante des fêtes chrétiennes. Cette année RCF - Radio Notre-Dame a choisi comme thème du Carême 2026 : "Un temps de conversion", à la suite du verset d’Isaïe : "Ils se réveilleront, crieront de joie !" (Is 26, 19)

"Imaginez un cœur qui s’éveille, un cœur qui crie de joie : c’est exactement ce que peut faire l’eucharistie dans nos vies de chaque jour", nous dit le Père Richard Tchamande, prêtre du diocèse de Nkongsamba (Cameroun), envoyé comme fidei donum dans le diocèse de Lille et auteur du livre "40 jours de méditation sur l’Eucharistie - Si tu savais le don de Dieu (Jn 4, 10)" (éd. Parole et Silence, 2026). Invité de Halte Spirituelle pour la deuxième semaine de Carême, il rappelle que c'est "un temps de grâce et de gratitude à l’endroit de Dieu, pour ce qu’il fait pour nous et parce qu’il a tout donné pour nous".

Pour le Carême, redécouvrir le sens de l’eucharistie

Vivre chaque eucharistie comme si c'était la dernière célébration de notre vie : c'est le défi que propose le Père Tchamende aux auditeurs de Halte Spirituelle. Mais qu'est-ce que l'eucharistie ? Pourquoi est-elle si centrale dans la vie des chrétiens ? 

Par-dessus tout, il y a l'idée du mystère. Le prêtre le proclame lors de la messe : "Il est grand le mystère de la foi". Il le dit après avoir consacré le pain et le vin. Désormais, ils sont le corps et le sang de Jésus et non pas des symboles. Catholiques et orthodoxes croient en effet à la transsubstantiation, une "doctrine selon laquelle au cours de l’eucharistie, au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales" (Source : Église catholique en France)

"Lorsque je m’approche pour recevoir l’eucharistie, recommande le Père Richard Tchamande, je dois avoir conscience que ce n’est pas seulement un morceau de pain, c’est Jésus ressuscité et ce regard change tout."

 

"Faites ceci en mémoire de moi"

Lors du Jeudi saint, quatre jours avant Pâques, les chrétiens célèbrent la Cène, le dernier repas de Jésus. Celui où il a dit : "Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi" (Lc 22, 19). Pour les chrétiens, c'est le moment où il a institué l’eucharistie. À la messe, "on ne se contente pas de se rappeler un événement passé", précise le Père Tchamande. "Dans la Bible, le mémorial signifie l’événement du salut rendu présent et efficace aujourd’hui."

Pour les croyants, à chaque messe, ce que Dieu a accompli est actualisé. Cette idée d’actualisation a son importance. Elle nous vient de la tradition juive ancienne. Lors de la fête de Pessah, où les Juifs célèbrent la fin de l’esclavage et la sortie d’Égypte du peuple hébreu, ils doivent se considérés comme eux-mêmes sortis de l’esclavage, à chaque fois qu’ils célèbrent la Pâque.

 

On ne peut pas tous se mettre à genoux [devant l'eucharistie]. Le plus important, c’est d’abord le cœur. Avant que l’acte physique ne se manifeste, il faudrait que le cœur se soit déjà incliné

 

Quelle attitude avoir devant l’eucharistie ?

On le voit souvent à la messe, lors de la consécration et au moment de communier, les catholiques n’ont pas tous la même attitude. Certains restent debout et s’inclinent, d’autres s’agenouillent. Quelle est la bonne attitude ? Le Père Tchamande reconnaît que "l’on ne peut pas tous se mettre à genoux", parfois pour des raisons de santé. "Le plus important, dit-il, c’est d’abord le cœur. Avant que l’acte physique ne se manifeste, il faudrait que le cœur se soit déjà incliné."

Pour un croyant, s’approcher de l’hostie consacrée, c’est être comme Moïse devant le buisson ardent. "Je dois le faire avec crainte et tremblement c’est-à-dire avec beaucoup d’humilité et d’adoration." Le simple geste de l’inclination de la tête ou du buste "dit beaucoup", souligne le prêtre. Il signifie que l’on prend conscience que l’on ne se sauve pas soi-même, "que Dieu est Dieu et que seul Dieu est Dieu".

 

Vivre l'eucharistie pas seulement comme un rite mais "comme un mystère"

Pour le Père Tchamende, on ne mesure pas assez l’importance de l’eucharistie. "Je pense qu’aujourd’hui on ne vit pas assez l’eucharistie. On vit l’eucharistie peut-être comme un rite mais on oublie la dimension de mystère qui se cache à l’intérieur de ce rite." Pour inciter les croyants à en mesurer l'importance, il rappelle que c'est "un sacrement d’amour" qui "rend présent le don total de Dieu pour l’humanité". C'est donc "le paradis sur la terre", dit-il à la suite du livre de Charles Rolland, "Le paradis sur terre ou le mystère eucharistique" (XIXe siècle).

D'une certaine manière, lors de la consécration, "un coin du ciel s'ouvre sur la terre", comme dit Jean-Paul II ("Ecclesia de Eucharistia", 2003). Et à travers la communion, le chrétien est amené à faire l'expérience de l’amour inconditionnel de Dieu pour l’humanité. Communier, c'est répondre à la promesse de Jésus : "Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde." (Mt 28, 20). Comme le dit Benoît XVI, "dans l’eucharistie Jésus continue de nous aimer « jusqu’au bout », jusqu’au don de son corps et de son sang", (exhortation apostolique "Sacramentum Caritatis sur l’eucharistie source et sommet de la mission de l’Église", 2007). 

 

Émission Halte spirituelle © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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