Canicule : et si la chaleur nous invitait à une conversion intérieure ?
Face à la canicule, Jean-Marie Durand, délégué général des services pastoraux du diocèse de Montpellier, propose une lecture spirituelle du dérèglement climatique. Entre Genèse, Laudato Si' et cri des pauvres.
La canicule, facteur de rassemblement ? © PexelsAvant de parler de ce qui va mal, Jean-Marie Durand invite à un geste préalable : la gratitude. Le récit de la Genèse le rappelle sept fois, tout cela était bon. L'univers est un don de Dieu, offert par amour. Et si la canicule nous écrase, elle ne doit pas nous faire oublier cette grâce première.
Mais ce même récit dit autre chose : Dieu a fait l'homme à son image, l'a appelé à remplir la terre et à la soumettre, non pas à l'exploiter, mais à en être l'administrateur responsable. "Nous marchons tous ensemble vers le Royaume", rappelle le délégué général des services pastoraux du diocèse de Montpellier. Une marche collective, qui engage notre rapport à la création autant qu'à Dieu et au prochain.
Trois relations rompues
Le pape François, dans l'encyclique Laudato Si', s'appuie précisément sur les récits de la création pour identifier trois relations fondamentales : avec Dieu, avec le prochain, avec la terre. Et constate que ces trois relations ont été rompues. Cette rupture, dit-il, c'est le péché.
Jean-Marie Durand souligne que cette préoccupation n'est pas nouvelle dans l'Église. Paul VI l'avait déjà soulevée. Et le pape Léon XIV affirme à son tour : "Nous ne pouvons pas aimer Dieu en méprisant ses créatures, ni nous dire disciples de Jésus Christ sans partager sa vision de la création."
Le cri des pauvres et le prix de la terre
La canicule, nous la subissons tous. Mais ce sont toujours les plus fragiles qui souffrent le plus. Jean-Marie Durand le dit sans détour : le climat a toujours évolué, mais jamais aussi vite. Et les conséquences sont concrètes : la Méditerranée qui se réchauffe, les cultures qui grillent, les incendies qui ravagent des territoires entiers, les liens sociaux qui se défont, les risques de pandémies qui s'accroissent. Des réalités que l'on a trop souvent tendance à oublier.
Un facteur d'unité inattendu
Il y a pourtant, dans ce tableau sombre, un point lumineux. Le dérèglement climatique est peut-être, dit Jean-Marie Durand, "le seul facteur positif du réchauffement" : il rassemble. Les chrétiens de toutes confessions, et au-delà les grandes religions du monde, se retrouvent sur ce terrain, pour appeler à une conversion intérieure, et pour porter ensemble un plaidoyer auprès des autorités politiques.
La canicule, au fond, nous pose une question simple : de quelle création voulons-nous être les administrateurs ?


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