Les Sœurs de Portieux célèbrent 150 ans de mission au Vietnam
En janvier 2026, les Sœurs de la Divine Providence de Portieux ont célébré 150 ans de présence au Vietnam, un jubilé marqué par la prière, la communion et la gratitude. Entre rencontres fraternelles, commémorations émouvantes et témoignages de vitalité religieuse, ce voyage a été une immersion au cœur d’une Église vivante, unie par l’esprit de Jean Martin Moye. Découvrez les échos d’un pèlerinage qui a rassemblée des sœurs venues du monde entier, et qui rappelle que la Providence s’écrit aussi à travers l’histoire et l’engagement.
Soeur Jacqueline Sœur Jacqueline, de la communauté de Portieux, a partagé son expérience d’un voyage au Vietnam pour célébrer les 150 ans de la fondation par des sœurs françaises d’une communauté locale. Initialement hésitante à cause de la fatigue et du coût du voyage, elle a finalement voyagé avec un groupe de sœurs auquel s’est joint Monseigneur Gourdon.
Ce voyage au Vietnam a permis de découvrir la richesse culturelle des montagnards et de célébrer l’arrivée des premières sœurs à Cu Lao Gieng. Le voyage a également inclus une visite au cimetière où reposent les sœurs missionnaires et une participation à une cérémonie de vœux définitifs de 13 jeunes sœurs. Ce voyage a renforcé la conviction que la vie religieuse est une forme d’offrande et de mission au service de l’humanité.
« Les Pas de la Providence »
L’appel du Jubilé:

En ce 12 janvier 2026, alors que le Vietnam s’éveillait sous un ciel chargé d’histoire, les Sœurs de la Divine Providence de Portieux ont allumé une lumière particulière : cent cinquante ans de présence sur cette terre, cent cinquante ans de pas discrets et de prières murmurées. Pour célébrer ce jubilé, Sœur Marie Raymonde, Supérieure générale, lança une invitation, comme on tend une main fraternelle à travers les océans. Certaines ne purent venir, retenues par les vents contraires de la vie, mais deux Supérieures générales franchirent les distances, accompagnées d’une poignée de Sœurs de France et de Mgr François Gourdon, évêque de Saint-Dié, porteur lui aussi de cette flamme providentielle.
L’Arrivée : Quand le Ciel Embrasse la Terre
Elles partirent de Paris, le 2 janvier, comme on quitte un rivage familier pour un appel lointain. Et le 3, à l’aube, Hô Chi Minh-Ville les accueillit, ville bouillonnante où le passé danse avec le futur, où 100 millions d’âmes battent au rythme d’un pays en mouvement. Six heures de décalage, mais pas une seconde de retard pour l’accueil : des fleurs, des sourires, une chapelle où déposer ses fatigues et ses grâces. Hai Bà Trưng leur offrit ce premier geste, répétée ensuite dans chaque communauté comme un rituel sacré. Partout, la même chaleur, la même attention délicate, tissée de prévenances et de silences complices.

Saigon, ou l’Écho d’une Ville en Marches
Quatre jours à arpenter les rues de Saigon, à découvrir une ville qui pulse, qui grandit, qui porte en elle la fougue d’un peuple et la discrète présence d’une Église vivante. 7% de catholiques, une minorité qui rayonne, qui sert, qui espère. Les Sœurs y lurent l’histoire du Vietnam comme on feuillette un livre précieux, où chaque page raconte une résilience, une foi inébranlable.
Les Hauts Plateaux : Où la Mission Devient Visage
Puis ce fut l’ascension vers les Hauts Plateaux, là où les montagnes gardent des secrets et où les Sœurs ouvrent des portes. Des internats où des enfants, venus des villages perdus, trouvent un toit, une école, un avenir. Des jeunes filles dont les rires résonnent comme une promesse. La mission des Sœurs, ici, est double : éduquer et accompagner, porter la lumière de l’Évangile dans les recoins les plus humbles. Une soirée festive éclata, où costumes traditionnels, musiques et danses racontèrent la richesse des cultures montagnardes. Un groupe de musiciens, venu pour l’accueil, joua des mélodies anciennes, comme pour rappeler que la Providence s’écrit aussi en notes et en couleurs.
Cu Lao Giêng : Le cœur battant de la mémoire
Le 12 janvier, enfin, le jour tant attendu. Cu Lao Giêng, berceau de la première implantation, devint le théâtre d’une communion exceptionnelle. Des Sœurs venues des trois provinces, des postulantes et novices aux yeux brillants d’espoir, des prêtres, des évêques, des laïcs engagés… Tous se rassemblèrent, frères et sœurs d’un même élan. La veille, les Vêpres s’élevèrent devant la statue de Jean Martin Moye, fondateur inspirant, et une soirée méditative retraça le chemin parcouru depuis l’arrivée des premières missionnaires. Puis, à l’aube, 5h30, un pèlerinage silencieux vers le cimetière, où les six pionnières furent honorées dans une cérémonie de reconnaissance, où les larmes se mêlèrent aux chants. La messe d’action de grâces, solennelle, ouvrit officiellement l’année jubilaire, suivie d’un repas festif où chaque bouchée avait le goût de la gratitude.

Can Thô : L’Engagement comme Horizon
Les derniers jours se vécurent à Can Thô, sous le signe de l’engagement. Treize junioristes prononcèrent leurs vœux définitifs, scellant leur vie à celle de la Providence. Un moment sacré, qui ramena chacune au cœur de sa vocation : servir, aimer, annoncer. Les rencontres avec les Sœurs vietnamiennes révélèrent une congrégation jeune, joyeuse, ardente, où plus de 600 sœurs portent ensemble l’héritage de Jean Martin Moye. Les évêques du Vietnam, rencontrés lors de ce séjour, témoignèrent d’une Église attentive, inventive, malgré les limites imposées. L’accompagnement des jeunes et la formation des prêtres y sont des priorités, comme des graines semées pour l’avenir.
L’Église Universelle en un seul regard
Ce voyage fut aussi une épiphanie de l’Église universelle : Mgr François Gourdon, bien sûr, mais aussi les évêques de Taipei et de Phnom Penh, présents par leur prière ou leur personne. Une Église aux mille visages, unie par un même souffle : annoncer l’Évangile, non par des mots seulement, mais par des gestes, des engagements, une présence aux plus pauvres.

L’adieu et la Grâce
Comment quitter ce pays sans emporter en soi l’émerveillement et la reconnaissance ? Comment ne pas rendre grâce pour ces jours qui furent un cadeau du ciel, une grâce offerte, un appel renouvelé ? Les mots de l’office des Vêpres résonnent comme une prière pour l’avenir :
« Que chaque sœur sache, sans cesse, approfondir et vivre le charisme de la Providence avec créativité, afin que l’annonce de l’Évangile porte toujours davantage de fruits. »
Pour en savoir plus sur les Soeurs de La Divine Providence :
https://www.providenceportieux.com/fr/vie-des-provinces/can-tho.html


«VIVRE EN MEUSE» est notre nouvelle émission qui donne la parole à ceux qui croient en notre beau territoire et qui en témoignent. Ainsi nous donnerons la parole à des responsables des mouvements et associations de fidèles, des acteurs de la charité, des passionnés de l’Histoire de notre église et de notre département ou encore à ceux qui sont attachés à notre environnement et au monde animal.
