Appelé(e) à témoigner du Christ
C’est le 4e dimanche après Pâques, le dimanche du bon Pasteur où l'on célèbre le dimanche des vocations. L’occasion d’y consacrer une émission, alors que les marches à cette intention démarrent dans nos diocèses normands ce dimanche 26 avril. Pour en parler, Catherine Zheng, sœur de la Nouvelle Alliance à Montligeon et le Père Sébastien Savarin, prêtre du diocèse de Rouen et responsable du service diocésain des vocations.
©diocèse de Rouen“Si on prie pour les vocations, c’est d’abord parce que le Christ nous le demande !”, lance le Père Sébastien Savarin en introduction de notre échange. "Le christ dans l’Evangile nous dit de prier le père d’envoyer des ouvriers pour la moisson, et lui-même passe la nuit en prière avant d‘appeler ses disciples", poursuit-il. Entre 2000 et 2023 on est passé de de 66 000 religieux(ses) à 22 0000 : une réalité statistique qui ne doit cependant pas tant nous inquiéter, car la soif spirituelle est là ! Il n'est qu'à voir le nombre croissant de baptêmes ces dernières années. Pour Sœur Catherine, la vocation est une affaire tout à la fois personnelle et communautaire. Il y a bien sûr une rencontre personnelle avec le Christ à faire, mais pour elle, c'est aussi en voyant et en côtoyant les religieuses de la Nouvelle Alliance que l’appel a résonné. C’est tout le sens de ce mot "appel", du latin vocare qui signifie "être appelé(e)".
La première réponse c’est la réponse baptismale
“Dans ce mot de vocation qui peut faire peur, on sent bien qu’il y a quelque chose de grand qui se joue” souligne le père Sébastien. C'est ce que les communautés paroissiales ont à montrer, à faire découvrir à tous les catéchumènes qui demandent ce sacrement. "Le baptême, c’est un engagement personnel de vie, pour Dieu et pour l’Eglise aussi !" , poursuit-il. Le baptême est la semence initiale sur laquelle va se greffer ensuite l'appel. Sœur Catherine sent une grande soif d'absolu chez les jeunes. Selon elle, beaucoup de jeunes ont entendu l’appel, mais n’ont pas encore répondu. "Le nombre de baptisé(e)s ne cesse de croître, cela dit peut-être quelques chose de prophétique pour les années à venir. Qui sait si les couvents ne vont pas bientôt se remplir !", ajoute-elle avec humour.
Les critères d’un bon discernement
Pour Sœur Catherine, il faut avoir cet attrait, vouloir déjà donner toute sa vie à Dieu. Ensuite, la question est de reconnaitre si cet élan vient de plus grand que moi : est-ce la volonté de Dieu ? Et enfin face à ces questions, savoir recueillir les fruits de sa réflexion : suis-je dans la paix, dans la joie en pensant à cette vocation, ou au contraire, je sens de la tristesse ? "Et il n’y a rien de grave à se rendre compte que finalement ce n’est pas cette vocation de prêtre, de moine ou de religieux(se) qui est faite pour moi". Pour Sœur Catherine, c’est toujours un acte courageux d’aller jusqu’au bout du discernement. Le Père Sébastien distingue le travail dans le for interne, qui se fait grâce à l’accompagnement spirituel de la personne. En tant que responsable des vocations, lui n’intervient que très ponctuellement pour vérifier plutôt le for externe : voir, vérifier comment les choses évoluent. Et d'insister : "le temps est un critère indispensable à prendre en compte". "Le plus beau des voyages c’est celui qui se passe au fond de soi” témoigne encore Sœur Catherine, qui dit avoir expérimenté cela dans son cheminement.
Marcher, c'est biblique !
Cette dimension pèlerine est véritablement une démarche d’Eglise. Le déplacement est partout dans la bible et le Père Sébastien d’ajouter : "n’oublions jamais que celui qui marche le premier, c'est Dieu ! C’est bien le père qui sort à la rencontre de son fils dans la parabole du fils prodigue. Et c’est encore lui qui va chercher le fils aîné qui ne veut pas rentrer pour célébrer le retour de son frère !”
À noter que des sessions de discernement vocationnel sont régulièrement organisés par les diocèses ou les communautés religieuses. "C‘est une manière de prendre au sérieux sa vocation que de prendre 4, 5 jours pour réfléchir comment orienter sa vie. Le bilan est toujours très positif à la fin du séjour !", conclut Sœur Catherine.


Comment l'Église annonce aujourd'hui la bonne nouvelle qu'est l'Évangile du Christ ici en Normandie ? Acteurs paroissiaux, membres de mouvements chrétiens ou bien pôles spirituels à l'image des sanctuaires ou des communautés religieuses, les bonnes volontés sont nombreuses au service de leurs frères et de Dieu.
Chaque jeudi à 13h30 et 18h15


