A Gandigal Mbour, les Soeurs de Notre Dame soignent sans distinction
A 80 km au sud de Dakar, sur la commune de Gandigal-Mbour, les sœurs de Notre Dame du Sacré-Cœur d’Issoudun s’occupent d’un dispensaire, seul poste de santé qui prend en charge tous les patients du secteur. Sœur Jacqueline Diouf dirige l’établissement qui accueille jusqu’à 400 patients par jours.
Soeur Jacqueline F.D.N.S.C, directrice du poste de santé de Gandigal-MbourJérémi COULON : Sœur Jacqueline, quels sont les patients que vous accueillez dans ce dispensaire ?
Soeur Jacqueline : Notre poste de santé a été ouvert en mai 2011. Ici, nous avons les consultations générales, enfants et adultes, et la maternité. Nous avons aussi un laboratoire fonctionnel. Nous prenons en charge les enfants malnutris et nous les suivons aussi pour le programme élargi de vaccination. Les pathologies qui sont fréquentes ici sont les dermatoses, la fièvre typhoïde, tout ce qui est ORL et puis les rhumatismes aussi qui sont fréquents ici. Au niveau des enfants, nous avons beaucoup plus les diarrhées et les dermatoses. Notre laboratoire nous permet de poser les bons diagnostics pour trouver le bon traitement. Il y a des cas un peu spécifiques aussi au ramadan parce que les gens ne se nourrissent pas toute la journée, ce qui peut les amener à se rendre ici.

JC : Comme se compose votre équipe ?
SJ : Moi qui suis la responsable, je suis sage-femme d'état de profession. Je travaille avec la sœur Angélique qui est infirmière et la sœur Emma qui est chargée de la gestion des projets. Au niveau du poste, nous avons des infirmiers d'état, ainsi qu’un médecin biologiste au laboratoire. Nous avons aussi un dentiste et quatre sages-femmes, une qui est formée pour l'échographie, une qui fait les visites prénatales et les deux autres alternent pour la garde.

JC : Comment fonctionne concrètement le dispensaire ?
SJ : Nous sommes le poste de premier recours. Les malades nous arrivent ici vers 4h-5h du matin. Parfois mêmes avant que nous ne soyons réveillés. Quand le malade arrive, il est enregistré et reçoit une consultation, qui peut déboucher sur des analyses en laboratoire. Ensuite, on lui prescrit des médicaments qu'il va prendre à la pharmacie. Ceux qui sont fatigués peuvent rester en observation. Qu’elle que soit l’heure à laquelle ils arrivent, nous les prenons jusqu’à la fin de la journée. Toutefois, comme nous ne sommes qu’un poste de santé, nous n’avons pas le droit d'hospitaliser, donc on ne travaille pas la nuit, sauf à la maternité, qui fonctionne 24h sur 24.

JC : Les malades payent-ils les soins ?
SJ : Le ticket d’entrée est abordable, 1000 francs CFA. Beaucoup n'arrivent pas à payer, donc on leur donne gratuitement les médicaments, même les analyses. Le poste est ouvert à tout le monde, sans distinction de race ni d'ethnie, nous essayons de voir selon les moyens, parce que ce qui est prioritaire, c'est la santé de la personne. Si le patient arrive à payer, tant mieux, mais s'il n'y arrive pas, nous faisons quand même notre travail. Le poste est d’ailleurs devenu un peu trop petit par rapport à l’activité. Nous espérons qu'un jour, nous pourrons faire une extension pour offrir à nos patients le plateau technique nécessaire à une bonne prise en charge des maladies et de nos patients.
JC : Vous avez un grand sourire. On comprend vite que cette mission vous rend heureuse !
SJ : Oui, nous sommes très heureuses. Ce travail qui me rapproche des patients, du monde souffrant, c'est une manière aussi de vivre ma spiritualité du Cœur. C'est le charisme de notre communauté religieuse que je suis en train d'expérimenter au quotidien, celle de la souffrance du Christ, le Christ compatissant.



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