
LA CHRONIQUE DES ENFANTS DU MEKONG - Aujourd'hui Guillaume Mariau nous emmène dans le nord de la Thaïlande, à la rencontre d'une religieuse qui l'a particulièrement marqué. Elle est directrice d'un foyer qui accueille les mères victimes de violences conjugales, le foyer "Wildflower".
Alors aujourd’hui, Guillaume, j'aimerai vous parler d’une religieuse que j'ai rencontrée dans le nord de la Thaïlande et qui m'a particulièrement marqué. Mais avant de vous parler d’elle, je voudrais vous donner un peu de contexte. Chez Enfants du Mékong, nous avons la chance de collaborer avec près de 1 000 responsables locaux. Ce sont, pour beaucoup, des religieuses, des prêtres, parfois des moines bouddhistes ou encore d’anciens filleuls de l’association. Tous s’engagent bénévolement pour aider les enfants les plus pauvres. Et beaucoup d'entre eux ont des personnalités fortes et inspirantes.
Je reviens tout juste d’une mission en Thaïlande et, dans le nord du pays, près de Chiang Mai, j’ai eu le privilège de rencontrer Sœur Susita. Elle est la directrice d’un foyer qui porte un nom magnifique : Wildflower, « La Fleur Sauvage ». Ce foyer accueille des mamans victimes de violences conjugales et bien sûr leurs enfants, pour leur offrir un environnement sécurisé et leur permettre d’aller à l’école.
Son charisme, son énergie incroyable et surtout son engagement bien au-delà de son foyer m'ont marqué. En plus de diriger Wildflower, elle intervient dans de nombreuses écoles des quartiers pauvres et a mis en place un programme de sensibilisation qu’elle appelle "Le programme du courage". Ce programme repose sur trois piliers fondamentaux qu’elle enseigne aux enfants : le courage de vivre, le courage de prendre soin, le courage de dire NON.
Le courage de vivre, c’est apprendre à ne pas se comparer aux autres. Même si tu viens d’une famille très pauvre, tu as ta propre valeur, tes propres talents, et c’est cela qui doit te guider. Le courage de prendre soin : peut-être que tes parents ne s’occupent pas toujours bien de toi, mais ça ne t’empêche pas, toi, de prendre soin des autres et de ton environnement. C’est un cercle vertueux : en prenant soin, on grandit. Et enfin, le courage de dire NON. Dire NON, c’est avoir le discernement du bien et du mal, et le courage de refuser ce qui est mauvais. Mais c’est aussi savoir fixer ses priorités, ne pas vouloir tout faire, ne pas s’éparpiller.
Imaginez l’impact que cela peut avoir sur des enfants de 10 ans, qui vivent dans des bidonvilles et des quartiers extrêmement précaires. Quand on voit la force et la détermination de cette sœur, on ne peut qu’être admiratif.
Association de loi 1901, reconnue de bienfaisance et habilitée à recevoir dons et legs, Enfants du Mékong n’a cessé d’évoluer depuis 1958 pour s’adapter aux demandes du terrain. Voulue comme un lien d’amitié avec les peuples d’Asie du Sud-Est, elle est restée fidèle à sa vocation première : aimer et secourir les enfants pauvres et souffrants en leur offrant un avenir grâce à l’instruction.
Retrouvez la chronique Loin des yeux, près du cœur tous les lundis à 6h44 dans la Matinale.
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