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RCF Thu Ha, étudiante vietnamienne confrontée à la malnutrition, par Antoine Besson
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Thu Ha, étudiante vietnamienne confrontée à la malnutrition, par Antoine Besson

Un article rédigé par Antoine Besson - RCF, le 25 juin 2024  -  Modifié le 27 juin 2024
Loin des yeux, près du cœur Thu Ha, étudiante vietnamienne confrontée à la malnutrition, par Antoine Besson

Retour sur le reportage d'Antoine Besson paru dans Asie Reportages il y a de cela un an et demi, une enquête sur la situation des étudiants à Hanoï face à l’inflation post-COVID. Un reportage qui parle d'étude supérieure au Vietnam à travers le parcours d'une étudiante : Thu Ha.

Antoine Besson © DR Antoine Besson © DR

Vous vous en souvenez peut-être, j’ai publié dans Asie Reportages il y a de cela un an et demi une enquête sur la situation des étudiants à Hanoï face à l’inflation post-COVID. Lors de cette enquête, j’avais rencontré Thu Ha.

Une vie de souffrance

Je la revois encore : Thu Ha a 22 ans, mais en paraît 16 tant son corps porte les stigmates de la sous-nutrition. Elle loge dans une chambre d’à peine 9 m² avec une colocataire. Il faut monter plusieurs étages et suivre un dédale de coursives serpentant entre des immeubles collés les uns aux autres pour parvenir à sa mansarde. La seule fenêtre de la chambre est aveugle : un immeuble l’a bouchée depuis longtemps, raréfiant l’air vicié qui circule et privant l’espace de lumière naturelle. Seul un néon éclaire Thu Ha qui tousse en nous accueillant. Elle apprend le français et prépare une licence de tourisme.

Thu Ha n’a plus ses parents qui ont fui leurs créanciers en laissant leur fille derrière eux pour disparaître dans la nature. C’est malheureusement encore souvent le cas dans certaines régions du pays, quand les familles ne peuvent honorer les dettes qui s’accumulent. Cette chambre est tout ce qu’elle peut s'offrir. Son prix est largement inférieur aux tarifs habituels –_"seulement" 1 200 000 dongs (50 euros) – mais pour payer cette somme, Thu Ha multiplie les petits emplois : elle donne des cours et vend des vermicelles sur internet, fait des livraisons. La jeune fille ne se plaint pas, mais a bien conscience que sa santé se dégrade de plus en plus : sa vue baisse, dit-elle en remontant ses lunettes sur son nez camus où perlent des gouttes de sueur. Elle a été diagnostiquée en sous-nutrition lors d’une visite médicale à l’université, mais n’a pas de quoi se soigner. Pourtant, Thu Ha reste déterminé et veut à tout prix décrocher son diplôme, même si elle ne pourra sans doute pas exercer le métier pour lequel elle s’est formée, à cause de sa santé défaillante.

Et qu’est-elle devenue ?

Suite à la publication de cet article et grâce à l’aide financière de plusieurs lecteurs, Thu Ha a pu finir ses études dans de meilleures conditions et est aujourd’hui diplômée. C’est une première nouvelle que je voulais vous partager parce qu’on oublie trop souvent de dire ce que deviennent les enfants que nous rencontrons à un moment donné. Thu Ha a trouvé un emploi et sa situation s’est nettement améliorée.

Une bonne nouvelle !

Oui, mais la situation de Thu Ha n’est pas un cas isolé et cela nous a donné une idée : proposer en plus du parrainage aux étudiants post-bac une bourse quand cela est nécessaire pour leur permettre d’étudier dans des conditions dignes. Depuis un an, nous recevons donc des lettres de motivations qui nous éclairent davantage sur la vie et les sacrifices de ces jeunes si courageux et plein d’espoir. Il n’y a pas si longtemps, c’était un jeune homme, Bat, qui nous écrivait : "Depuis que je suis à l’université, les frais de scolarité constituent la principale préoccupation de mes parents dont le seul revenu provient des champs que nous cultivons. Malgré cela, ils continuent de mettre l’éducation de leurs enfants en priorité. Quand je rentre au village, trop rarement, je travaille à leur côté, et leur état de fatigue me donne encore plus de motivation et de détermination pour me concentrer sur mes études et don­ner le meilleur de moi-même. Je me suis fixé pour objectif de devenir un ingénieur automobile compétent, pour ma famille et pour mon pays. Je travaille également à temps partiel comme serveur dans un restaurant, 6 heures par semaine, mais ce n’est pas suffisant. J’espère que vous pourrez envisager ma situation familiale et m’aider à réaliser mon rêve."

Tout est dit ! Grace au parrainage, grâce aux bourses étudiantes, vous avez le pouvoir de réaliser le rêve de ces jeunes !

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©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Loin des yeux, près du cœur

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