Marie Wallaert | Désarmer les structures de péchés !
LE POINT DE VUE DE MARIE WALLAERT - Et si les canicules n'étaient pas seulement le symptôme du dérèglement climatique, mais celui aussi d'une société mal préparée ? Marie Wallaert relit cette crise à la lumière de l'Évangile.
Marie Wallaert © DRAlors que la deuxième vague de canicule de ce printemps 2026 s’achève, et qu’une troisième se profile, moi, j’entends l’appel de Dieu à construire notre maison sur le roc. Comme l’écrit Matthieu : « (…) Les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. »
Pendant cette période de canicule, je me suis rendu compte que notre maison commune n’était pas construite sur du roc, justement. Quand je vois les hôpitaux surchargés et les écoles surchauffées. Quand je croise les personnes sans-abri laissées sans solution à la rue. Quand j’entends les logements sociaux qui se transforment en four, les personnes âgées qui meurent seules dans leur appartement. J’ai l’impression qu’on a plutôt construit nos sociétés sur du sable. Comme si nos politiques n’avaient pas écouté le conseil de Jésus, lorsqu’il dit : « Celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. » Parce que ces canicules ne sont pas des catastrophes naturelles. Ce sont les conséquences de nos comportements, et de nos politiques publiques.
Des choix qui engagent l'avenir
Si j'affirme que la canicule est le fruit de politiques publiques, c'est parce qu’aujourd’hui nos politiques n’adaptent pas le territoire. Ils continuent à soutenir des activités qui contribuent à la crise climatique, comme les énergies fossiles. La semaine dernière, le gouvernement a drastiquement réduit le plan vert. Ce plan intégrait par exemple l’adaptation des écoles aux canicules. En refusant d’adapter le territoire, ces politiques nous mettent en danger.
Par ailleurs, l’État français soutient des entreprises qui développent de nouveaux projets pétroliers, considérés comme des bombes climatiques. Même si on arrêtait toutes les émissions du monde, rien que les 33 mégaprojets pétroliers et gaziers dans lesquels Total est impliqué nous mèneraient directement à un monde à +2°.
Les politiques nous mettent en danger en n’adaptant pas le territoire, et en continuant à soutenir des activités qui nous mènent droit dans le mur climatique. Or, en tant que chrétiens, nous sommes appelés à lutter contre ces structures de péché. Ces structures qui mettent en danger nos vies.
Et si les décideurs avaient chaud ?
Pour lutter contre ces structures de péché, cela peut sembler absurde, mais je suis persuadée que si on retirait la climatisation de l’Élysée et des plateaux télévisés pendant une journée, cela aurait des conséquences politiques immédiates. Les personnes qui prennent des décisions feraient peut-être des choix différents après avoir dormi plusieurs nuits sous les combles dans une passoire thermique. Enfin, j’ose l’espérer...


Des chroniqueurs d'horizons variés nous livrent leur regard sur l'actualité chaque matin à 7h20, dans la matinale.
- Le lundi : Madeleine Vatel, journaliste au service foi & spiritualité de RCF ;
- Le mardi : Claire des Mesnards, pasteure de l'EPUdF et secrétaire exécutive du réseau européen chrétien pour l’environnement, et Elisabeth Walbaum, déléguée à la vie spirituelle à la Fédération de l'Entraide Protestante ;
- Le mercredi : Blanche Streb, essayiste, chroniqueuse, docteur en pharmacie, auteure de "Grâce à l’émerveillement" (éd. Salvator, 2023), "Éclats de vie" (éd. Emmanuel, 2019) et "Bébés sur mesure - Le monde des meilleurs" (éd. Artège, 2018), et Marie Wallaert de Lutte & Contemplation ;
- Le jeudi : Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne, et Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de La Vie ;
- Le vendredi : Etienne Pépin, directeur des programmes de RCF et Radio Notre-Dame.




