Marie Wallaert | Apprendre à marcher sur les traces de Nicodème
LE POINT DE VUE DE MARIE WALLAERT | Prise dans le rythme du quotidien, Marie Wallaert évoque la figure de Nicodème, partagé entre ses obligations et l'appel du Christ. Un témoignage sur ces moments où l'on hésite à s'engager pleinement et la nécessité de faire une pause pour mieux entendre cet appel.
Marie Wallaert ©DRJe me laisse souvent prendre par le flot de mon quotidien : mes problématiques familiales, mon travail, mes amis... Les temps de pause me permettent de prendre du recul, de faire un pas de côté par rapport à mon quotidien. J'espère les mettre à l'écoute de l'appel que Dieu a pour moi parce que parfois, j'ai du mal à sortir des sentiers battus. Je pense que c'est la raison pour laquelle je suis très touchée par la figure de Nicodème.
Nicodème face à l'appel
Nicodème, c'est un rabbi à l'époque de Jésus. C'est un grand prêtre qui est appelé aux quatre coins du pays pour prêcher. Un jour, il se rend à Jérusalem pour enseigner et il croise Jésus. Nicodème, il comprend que Jésus, c'est ce Messie qu'on attend depuis si longtemps. Alors, Jésus l'invite à le suivre. Il lui propose de devenir son disciple, mais Nicodème n'est pas capable de tout abandonner pour suivre Jésus. Sa vie est déjà bien remplie, il a de nombreuses obligations, une femme avec laquelle il a construit sa vie, des enfants qui vont se marier cet été, une liste d'invitations longue comme le bras. Il a une vie bien occupée, qu'on n'abandonne pas si facilement. Il répond alors à Jésus qu'il pourra peut-être le suivre plus tard, mais que tout de suite, il ne peut pas.
Au pied de la croix, les doutes
Nicodème n'est jamais devenu un disciple de Jésus, mais on le retrouve au pied de la croix, à la passion du Christ. Quand je vois Nicodème qui pleure Jésus au pied de la croix, j'imagine ses doutes, ses regrets. Je le visualise en train de refaire le parcours mental qui l'a poussé à ne pas suivre Jésus et aux arguments rationnels qu'il doit se répéter. Il ne pouvait pas abandonner sa femme. Il ne pouvait pas abandonner ses enfants. Il a aidé Jésus comme il a pu depuis sa position privilégiée. Il a même fait des donations à ses disciples. Jésus n'avait pas besoin d'un disciple de plus. Nicodème a été plus utile comme ça. Cependant, j'imagine les doutes qu'il assaille. Il a vécu en même temps que le Messie. Ce Messie qu'on attendait depuis des siècles, il l'a rencontré, il lui a proposé de le suivre. Nicodème aurait pu vivre avec lui, mais il ne l'a pas fait.
Je suis vraiment bouleversée par Nicodème parce que moi non plus, je ne suis pas certaine que j'arrive à faire comme les disciples, à me dire "ok, je lâche tout, je te suis". C'est la raison pour laquelle j'ai besoin de prendre ces moments de recul dans mon quotidien, pour laisser la porte ouverte à cette présence de Dieu dans ma vie, pour entendre que Jésus m'appelle à une vie radicale. Car dans l'agitation de mon quotidien, je ne suis pas certaine d'être capable d'entendre cet appel à quitter mon confort pour m'engager pour les défis du monde.


Des chroniqueurs d'horizons variés nous livrent leur regard sur l'actualité chaque matin à 7h10, dans la matinale de Pierre-Hugues Dubois :
- Le lundi : Etienne Pépin, directeur de la rédaction de RCF Notre Dame ;
- Le mardi : Madeleine Vatel, journaliste au service foi & spiritualité de RCF ;
- Le mercredi : Laurent Landete, directeur général du Collège des Bernardins ;
- Le jeudi : Isabelle de Gaulmyn, présidente des Semaines sociales de France ;
- Le vendredi : Erwan Cloarec, président du Conseil national des évangéliques de France et Elisabeth Walbaum, déléguée à la vie spirituelle à la Fédération de l'Entraide Protestante.




