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Madeleine Vatel | A-t-on oublié le bonheur que promet l'Evangile ?

Madeleine Vatel | A-t-on oublié le bonheur que promet l'Evangile ?

RCF, le 4 mai 2026 - Modifié le 8 juin 2026
Point de vueMadeleine Vatel | A-t-on oublié le bonheur que promet l'Evangile ?

Même si le Carême s’éloigne, l’austérité qui a pu marquer ce temps habite encore parfois une pratique de la foi exigeante. Comment ne pas oublier la joie que donne le Christ ?

Madeleine Vatel © DRMadeleine Vatel © DR

Au milieu des sujets stressants, ceux de la guerre en Iran, en Ukraine, les tensions politiques, et puis celle de son propre quartier, de ses amis, j’ai eu envie de m’arrêter avec le dominicain Sylvain Détoc sur ce qu’il appelle « l’Evangile du bien-être ». Dans son livre, il retrace la façon dont certains grands penseurs de l’Eglise ont élaboré une sorte de « théologie du bien-être » : une manière, au fond, de chasser la tristesse en prenant soin de son âme et de son corps. En effet, aurait-on fini par oublier le bonheur que promet l’Evangile ? Les chrétiens font-ils de la coquetterie encore un tabou ? Sylvain Détoc s’inspire de la Bible pour repenser le bon plaisir et il déjoue intelligemment les fausses culpabilités.

Il y a parfois une certaine difficulté pour les chrétiens à goûter au bien-être, à savourer la vie, à se détendre, à saisir le bonheur. Ce frère dominicain va explorer pourquoi il n’y a rien d’évident à associer la foi au bonheur tout en rappelant que la vocation du chrétien est d’être heureux…voire bienheureux ! Autrement dit, quand le Christ dit « Soyez parfait, comme votre père est parfait » dans le chapitre 5 de l’Evangile selon saint Matthieu, il nous veut épanouis, il invite à développer ses talents, bref : à trouver l’accomplissement dans ce que nous sommes. 

Quelle différence avec le développement personnel ? 

Il faut peut-être convoquer Bernanos et son Journal d’un curé de Campagne. Dans ce magnifique livre, l’écrivain du XXème siècle y examine la dureté avec laquelle nous nous traitons parfois. Voilà ce qu’il écrit :  « Il est plus facile que l’on croit de se haïr. La grâce est de s’oublier. Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s’aimer humblement soi-même, comme n’importe lequel des membres souffrants de Jésus-Christ. » « Il est plus facile que l’on croit de se haïr, la grâce est de s’oublier ».

 « Clapoter en Dieu comme dans son bain »

Pour Mère Geneviève, cette sœur bénédictine du XXeme siècle, le bonheur c’est de "clapoter en Dieu comme dans son bain". L’idée est que pour cette religieuse artiste-peintre, le bain c’est celui de l’oraison. Le cœur qui s’abandonne à Dieu, c’est un peu comme si l’âme plongeait en Dieu, se relaxait dans la prière, détendue. L’image,  « clapoter en dieu » est assez parlante, la joie c’est, comme ajoute Mère Geneviève, « avoir une nappe phréatique sous nos pieds » . « Je barbotte dans le magnificat » s’exclame-t-elle. 

Et d’ailleurs, dans son livre, le dominicain Sylvain Détoc évoque aussi longuement comment de grands théologiens étaient adeptes des thèmes. Qu’il s’agisse de l’austère Tertullien de Carthage, ou plus récemment de saint Jean-Paul II, qui fit construire une piscine dans la résidence d’été du palais pontifical de Castel Gandolfo. Cette construction suscita quelques critiques. Comment soigner son âme pouvait-il aller de pair avec quelques longueurs ? Mais pour Jean-Paul II, grand sportif, nager semblait encourager la disponibilité à Dieu. Après tout, si des kilomètres de natation finissent par vous rendre saint, voilà qui pourrait nous inspirer. N’ayons pas peur du bien-être que procure la joie de retrouver le bon Dieu. 
 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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