Liban: un peuple lassé par les guerres et qui garde l'espérance
ENTRETIEN - Carine Marret, azuréenne, est docteur en Sciences du Langage, spécialiste de la question des chrétiens d’Orient et des relations diplomatiques entre la France et le Levant, est l’auteur d’une dizaine de livres, dont Les chrétiens d’Orient et la France, mille ans d’une passion tourmentée (Balland, 2025). Elle est aussi collaboratrice de L’Orient Littéraire, supplément mensuel du quotidien libanais L’Orient-Le Jour.
Le drapeau du Liban - Pexels - Jo KassisMaintenir la paix, aider le gouvernement. Comment faire ? Au Liban, la population est victime d'un conflit entre le Hezbollah et Israël. Le 8 avril, les populations civiles ont été aussi touchées à Beyrouth. "Malheureusement, le Liban c'est un petit paradis, et donc évidemment il est toujours victime de conquêtes, d'envies des autres d'envahir ce territoire, et il y a toujours eu des ingérences" nous explique Carine Marret. "Il y a eu l'invasion syrienne pendant la guerre civile, l'invasion israélienne, les palestiniens, et aujourd'hui, depuis une bonne vingtaine d'années, c'est le Hezbollah, et donc c'est l'Iran". Une situation complexe "alors que les Libanais eux évidemment aspirent à la paix".
Le Liban peut-il se défendre ?
Le Liban est un tout petit pays, il y a un peu plus de 6 millions d'habitants, "et le Liban a eu beaucoup de mal à se reconstruire après la guerre civile qui a duré 15 ans, d'autant plus qu'il était occupé à l'époque, à la fin de la guerre civile, par la Syrie, et donc pour l'armée libanaise, qui est la seule légitime à défendre le Liban, il y a eu un affaiblissement et l'État a beaucoup de mal à se faire entendre, parce que le Liban est une myriade de populations, de communautés".
Tout le monde a t-il le même objectif ?
Chacun a ses intérêts mais "avoir un Liban unifié, et c'est la volonté de la plupart des Libanais, mais malheureusement, tous ne l'entendent pas de cette oreille, et donc l'armée libanaise, même si elle s'était déjà engagée par un accord en septembre dernier à désarmer le Hezbollah, elle ne l'a pas fait. Est-ce que c'est une question de volonté politique ? Est-ce que c'est une question de possibilités sur le terrain ? C'est un mélange des deux, parce qu'il faut savoir qu'au Liban, le président est chrétien, le premier ministre est sunnite, et le chef du parlement est chiite".
Sur place, qu'est-ce que vous disent les personnes qui sont au Liban ?
"Ce sont des gens très courageux, très dignes, jamais ils ne vont se plaindre directement, il y a une insécurité qui est en train de monter, des tensions avec les déplacés. Néanmoins, ils essayent de dire que tout va bien, mais en les connaissant bien, moi j'ai des échanges avec des gens qui me sont très proches, et on sent bien en effet qu'ils n'en peuvent plus, qu'ils essayent de garder l'espérance, et ils se sont toujours battus avec beaucoup d'engagement, beaucoup de ferveur".
Pour approfondir:
Les chrétiens d’Orient et la France, mille ans d’une passion tourmentée - Editions Balland - 26 euros.



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