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Guerre en Birmanie, le point sur le conflit, par Antoine Besson

Guerre en Birmanie, le point sur le conflit, par Antoine Besson

Un article rédigé par Antoine Besson - RCF, le 20 février 2024  -  Modifié le 12 mars 2024
Loin des yeux, près du cœur Guerre en Birmanie, le point sur le conflit

LA CHRONIQUE D'ANTOINE BESSON - La guerre civile qui déchire la Birmanie est extrêmement violente. Cela fait 3 ans depuis le 1er février que le peuple birman est en guerre. 

© Antoine Besson / DR © Antoine Besson / DR

D’un côté, une armée puissante et une poignée de généraux qui ont pris en otage le pays et ses ressources financières, c’est la junte du général Min Aung Hlaing, de l’autre, un peuple opprimé pendant plus de 60 ans qui a connu une courte parenthèse d’ouverture démocratique entre 2011 et 2021, qui n’accepte pas que les militaires reviennent au pouvoir et qui n’a pas hésité cette fois-ci à prendre les armes. 

La réalité du terrain

Récemment, l'agence des Nations unies a recensé plus de 18 millions de Birmans dans le besoin. On le sait, dans un pays en guerre, ce sont les produits de première nécessité qui sont les premiers à manquer : l’essence et l’huile de cuisson en tête. Il y a deux mois à Rangoun, il fallait faire la queue pendant 24 heures à une station-service pour espérer faire le plein.


Le représentant de l’Union européenne a quant à lui compter près de 2 millions 600 mille déplacés internes, des réfugiés qui ont dû fuir leur village et leur maison bombardés et se retrouvent entièrement dépouillés. 2 600 000 habitants c’est plus que la population de Paris. Vous imaginez si tous les Parisiens erraient dans notre pays sans aucunes ressources ?

La jeunesse prise en otage par l'armée 

Depuis le 10 février dernier, l’armée cible directement la jeunesse du pays. La junte a annoncé la mise en place d’un service militaire obligatoire pour les garçons de 18 à 35 ans et les filles de 18 à 27 ans. Pire si vous êtes considérés comme une ressource stratégique : un médecin ou un ingénieur, vous pouvez être forcé à rentrer dans l’armée jusqu’à 45 ans et risquez 5 ans de prison si vous refusez. Une catastrophe pour les Birmans en général, les réfugiés en particulier et surtout nos jeunes parrainés.

Loin des yeux, près du cœur Guerre en Birmanie, le point sur le conflit

« Quand vous êtes jeune, vous n’êtes plus en sécurité nulle part en Birmanie» nous confie un prêtre que nous soutenons dans ses œuvres d’éducation à Rangoun. La réalité c’est que l’armée pourtant forte d’un armement de premier ordre perd du terrain et des soldats face à des milices ethniques et un peuple déterminé à ne pas céder.

Quand vous êtes jeune, vous n’êtes plus en sécurité nulle part en Birmanie .

Hier la junte a raflé une cinquantaine de jeunes à Myitkyina dans l’État Kachin au nord du Pays. Pareil dans la capitale à Rangoun. On connait la cruauté des dictateurs quand ils sont acculés. La junte ne fait pas exception. Elle a déjà sans aucune hésitation ces derniers mois bombardés des cibles civiles et ses troupes rassemblent régulièrement des civils, en particulier dans les zones rurales, pour les utiliser comme boucliers humains, les forçant à marcher devant dans des champs de mines présumés et des zones d’embuscades.


Voilà le sors que réserve aujourd’hui la Birmanie à sa jeunesse. Nous tremblons pour tous nos filleuls déjà victimes des conséquences de cette guerre iniques et qui seront peut-être demain obligés par l’armé de participer aux combats de manière active : ils n’échapperont malheureusement peut-être pas à cette boucherie.


Nous appelons donc toutes les bonnes volontés à soutenir la Birmanie par la prière et par tous les moyens possibles et nous vous faisons une promesse : nous continuerons à prendre le parti de cette jeunesse martyr d’une guerre que le monde veut ignorer.

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