Etienne Pépin | Peut-on vivre la joie de Pâques en temps de guerre ?
Peut-on être joyeux en temps de guerre ? À l’heure de Pâques, Etienne Pépin voit dans la Résurrection une espérance plus forte que la violence du monde, incarnée cette année par le baptême d’Ali, réfugié iranien.
Etienne pépin ©DRLa joie de Pâques au cœur des ténèbres
Qu’ éclate dans le ciel la joie des anges, Qu’éclate de partout la joie du monde, Qu’éclate dans l’Église la joie des fils de Dieu : La lumière éclaire l’Église, La lumière éclaire la terre, Peuples, chantez ! Je me suis dit à cet instant. Quel est le sens de ma joie de chrétiens pendant que partout sur la planète des hommes et des femmes souffrent de la guerre en particulier au moyen orient. Je pensais à nos frères chrétiens de terre sainte qui ont célébré Pâques dans des conditions très difficiles, certains même en ont été empêchés.
Nous les entendons souvent sur l’antenne de RCF Notre Dame nous dire combien ils comptent sur nous, non pas uniquement pour le soutien matériel que nous pouvons leur apporter mais pour notre prière fervente pour eux, notre fidélité à la foi chrétienne. Alors ma joie dans ce contexte a été de vivre cette nuit de pâques en communion avec les catéchumènes baptisés pendant la nuit de Pâques. Ils sont un témoignage d’espérance pour le monde.
Parmi les baptisés, Ali… Voici son histoire
J’ai rencontré Ali hier soir. Il est iranien il est arrivé en France il y a quelques années. Il a été pris en charge par l’association JRS, le service jésuite des réfugiés. Deux familles catholiques, lui ont ouvert leurs portes, à lui musulman, comme il était, sans conditions. Il m’a raconté encore ému : « je suis arrivé là, j’étais perdu, et on m’a donné les clés, on m’a prêté de l’argent pour m’aider ». Il a découvert que ses hôtes étaient chrétiens, ils n’en faisaient pas la publicité, ils en parlaient simplement avec enthousiasme, conviction et engagement mais sans prosélytisme, l’accueillir comme le christ lui-même étaient déjà, en tant que tel, un témoignage de foi et petit à petit il a cheminé, il a découvert une paroisse, puis a commencé à fréquenter l’église de son quartier et finalement il a demandé le baptême.
Ali dans la nuit de Pâques est devenu chrétien et, il a demandé aux deux personnes qui l’ont accueilli à son arrivée en France de devenir son parrain et sa marraine. Il est le véritable signe de la joie de pâques cette année. Son pays, l’Iran est ravagé par la guerre, mais il fait partie de ces très nombreux catéchumènes. Une conjugaison heureuse de l’actualité temporelle et spirituelle. Le symbole de ce que représente la résurrection pour les chrétiens, la lumière de la vie qui transcende l’ombre de la mort. Il incarne en ces heures terribles ce verset du chapitre 30 du deutéronome : « je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie ».
Le message pascal de Léon XIV
C’est tout le sens du message pascal du pape Léon XIV, en effet il a commencé la vigile pascale samedi soir avec ces mots : « Que la lumière du Christ ressuscitant dans la gloire dissipe les ténèbres du cœur et de l’esprit ». La lumière des cierges qui ont illuminé les églises pendant la nuit de Pâques, flammes fragiles issues d’un même feu, le feu de la foi. Pour le pape, « C’est le signe de la lumière pascale qui nous unit dans l’Église comme des lampes pour le monde ».
Inscrivant Pâques dans l’actualité, dimanche dans son homélie, il n’a pas béatement parlé d’un monde soudain apaisé par la résurrection, mais d’un monde où « la mort est toujours à l’affût ». Il la sait visible « dans la violence, dans les blessures du monde, dans le cri de douleur qui s’élève de toutes parts », jusque dans « la violence de la guerre qui tue et détruit ». Mais, face à cette réalité, le pape refuse toute résignation : « Dans cette réalité, la Pâques du Seigneur nous invite à lever les yeux et à ouvrir notre cœur (…) Il ouvre notre cœur à l’espérance qui nous soutient par les fissures de résurrection qui s’ouvrent dans les ténèbres ».
Chers amis le christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, elle est là notre joie, la joie de l’espérance de la résurrection et de la vie éternelle.


Des chroniqueurs d'horizons variés nous livrent leur regard sur l'actualité chaque matin à 7h20, dans la matinale.
- Le lundi : Madeleine Vatel, journaliste au service foi & spiritualité de RCF ;
- Le mardi : Claire des Mesnards, pasteure de l'EPUdF et secrétaire exécutive du réseau européen chrétien pour l’environnement, et Elisabeth Walbaum, déléguée à la vie spirituelle à la Fédération de l'Entraide Protestante ;
- Le mercredi : Blanche Streb, essayiste, chroniqueuse, docteur en pharmacie, auteure de "Grâce à l’émerveillement" (éd. Salvator, 2023), "Éclats de vie" (éd. Emmanuel, 2019) et "Bébés sur mesure - Le monde des meilleurs" (éd. Artège, 2018), et Marie Wallaert de Lutte & Contemplation ;
- Le jeudi : Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne, et Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de La Vie ;
- Le vendredi : Etienne Pépin, directeur des programmes de RCF et Radio Notre-Dame.




