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Elisabeth Walbaum | Logement et hébergement

Elisabeth Walbaum | Logement et hébergement

Un article rédigé par Elisabeth Walbaum - RCF, le 26 mai 2026 - Modifié le 26 mai 2026
Point de vueElisabeth Walbaum | Logement hébergement

LE POINT DE VUE D’ELISABETH WALBAUM - Et si la crise du logement était devenue la crise sociale la plus silencieuse de notre époque ? Derrière les chiffres, il y a des vies empêchées, des familles fragilisées, des étudiants sans solution. Elisabeth Walbaum revient sur une urgence qui touche bien au-delà des plus précaires.

 Elisabeth Walbaum ©DR Elisabeth Walbaum ©DR

Nous avions la semaine dernière, à la Fédération de l’Entraide protestante, une journée d’étude consacrée au logement. Ou plutôt à cette crise du logement qui devient, année après année, une véritable crise humaine. Cette journée a réuni des associations engagées dans l’hébergement d’urgence, des foyers pour enfants, des résidences étudiantes, des structures d’accueil pour les plus fragiles… Tous ces lieux qui, partout en France, tentent de maintenir un peu de dignité : le CASP, l’Armée du Salut, les Diaconesses de Reuilly, le Diaconat Protestant de Bordeaux, Accès 68 etc... Et les constats sont alarmants !

Ce qui frappe aujourd’hui, c’est que cette crise du logement ne concerne pas seulement les plus pauvres. Cela parait évident. Quand on est précaire, exilé, en situation de handicap psychique, ou sortant de prison, trouver un logement relève du parcours impossible. Mais désormais, les étudiants eux-mêmes ne trouvent plus à se loger. Les familles modestes non plus. Les classes moyennes commencent à décrocher.

Depuis les années 2000, les prix de l’immobilier ont flambé. Entre 2000 et 2010, ils ont quasiment doublé. Les loyers ont augmenté de près de 50 % en dix ans. En moyenne, ils représentent 30 % du budget des ménages. Mais pour certains, c’est jusqu’à 70 %. Quand on a payé son loyer, il ne reste parfois presque rien pour vivre. Cette crise est un vrai facteur d’inégalités !

Toute la vie fragilisée

Cette tension produit beaucoup de souffrance, parce qu’avoir un logement, c’est la condition de tout le reste : travailler, étudier, se soigner, élever ses enfants, se projeter dans l’avenir. Quand le logement manque, c’est toute la vie qui se fragilise. Nous avons besoin de nouveaux logements, 400 000 chaque année, et on n’en construit pas assez : 300 000 seulement. Résultat : le parc social est saturé. Les ménages qui n’ont plus accès au privé restent plus longtemps dans le logement social. Les plus pauvres sont repoussés toujours plus loin. Le cercle des victimes de la crise du logement s’élargit.

Un droit fondamental

La Fondation pour le Logement des Défavorisés alerte sur cette aggravation du mal-logement. Toutes leurs associations rappellent une chose essentielle : le logement est un droit fondamental. Une société ne peut pas s’habituer au sans-abrisme. Elle ne peut pas considérer comme normal que des familles dorment à l’hôtel, que des étudiants vivent dans leur voiture, ou qu’une femme de 85 ans se retrouve expulsée sans solution. Pourtant, depuis 40 ans, nos protections sociales se sont peu à peu affaiblies. Les aides n’ont pas suivi l’évolution des loyers. Le RSA protège moins qu’autrefois. Les dispositifs existent, mais ils ne sont plus adaptés. Je donne juste un exemple : lorsque le RMI a été créé, en 1988, il représentait 41% du SMIC. En 2026, il n’est plus que de 33%. 

Alors, il faut redire quelques évidences : il est nécessaire de construire davantage de logements sociaux, de prévenir les expulsions, de renforcer les aides aux personnes en difficulté. Parce qu’au fond, le logement n’est pas qu’une question technique. 

En ce lendemain de Pentecôte, je me demande : que reste-t-il du souffle de l’Esprit si nous oublions que le logement est un droit nécessaire à la dignité humaine ?

 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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