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Édito de Blanche Streb - Les souffrances liées à la fin de vie ne sont pas une fatalité
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Édito de Blanche Streb - Les souffrances liées à la fin de vie ne sont pas une fatalité

RCF, le 21 octobre 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
Le point de vue de 7h55 Édito de Blanche Streb - Les souffrances liées à la fin de vie ne sont pas une fatalité

Cette semaine a eu lieu la Journée mondiale contre la douleur. Le collectif Soulager, mais pas tuer s’est mobilisé dans 65 villes à la rencontre des Français, pour les sensibiliser à la lutte contre la douleur. Un enjeu d’humanité qui concerne toute la société. Des centaines de volontaires ont pris le temps d’aller discuter avec les passants, ils ont distribué des tracts et ont partagé des photos sous le hashtag #ToujoursEnVie.

Blanche Streb ©Paul-Augustin Frécon Blanche Streb ©Paul-Augustin Frécon

C’est un sujet important notamment parce que nous sommes dans un contexte, vous le savez, où les débats sur la prise en charge de la fin de vie s’amplifient dans notre pays. Et aussi parce que plane le spectre du suicide assisté et de l’euthanasie. 

 

Ce collectif, qui existe depuis 2014, défend principalement le développement d’une véritable culture palliative dans notre pays. Il lutte aussi contre toute forme d’acharnement thérapeutique. On y retrouve par exemple "Soigner dans la dignité", qui rassemble des étudiants soignants, "100% vivants" animé par des personnes porteuses de handicap, mais aussi Alliance Vita, mobilisée depuis toujours sur ce sujet, ou encore l’Institut européen de bioéthique.

 

Soulager, mais pas tuer est parrainé par Philippe Pozzo di Borgo, nous le connaissons tous, c’est l’homme dont la vie a inspiré le film "Intouchables", il est directement concerné par ces questions. Et il vient de publier un nouveau très beau livre chez Albin Michel : "Le promeneur immobile". 

 

Si la lutte contre la douleur a fait d’énormes progrès, il reste encore beaucoup à faire pour accompagner le mieux possible ceux qui souffrent. Qu’elles soient physiques ou psychiques, chroniques et / ou en fin de vie, les douleurs doivent être prises en compte et soulagées non seulement par des spécialistes, mais aussi par toute la société. Au fond, chacun est concerné : une personne qui souffre trop, risque de se renfermer sur elle-même et de s’isoler. De n’être plus capable de demander de l’aide et perdre goût à la vie. 

 

Les souffrances spécifiques à la fin de vie ne sont pas une fatalité. Les soins palliatifs sont reconnus comme un droit par la loi, il faut absolument les développer. La Croix, sous la plume d’Antoine d’Abbundo, s’est fait l’écho de cette mobilisation et a donné la parole à Caroline Brandicourt, atteinte d’une maladie neurodégénérative incurable qui rend tout difficile, même parler, à cette ancienne professeure de français, porte-parole de "100% vivants". Elle témoigne que pour elle, "le plus douloureux, c’est d’entendre qu’une vie n’est pas digne d’être vécue si l’on doit mettre des couches et qu’on ne peut plus bouger" : "C’est mon quotidien et cela ne m’empêche pas d’être heureuse. Je refuse qu’on nous oblige à choisir entre souffrir ou mourir. Il existe une troisième voie. Vivre sans souffrir, puisque la science le permet, pour revenir à l’essentiel : l’amour des autres."

 

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