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Claire des Mesnards | Quand l'eau n'est plus source de vie

Claire des Mesnards | Quand l'eau n'est plus source de vie

Un article rédigé par Claire des Mesnards - RCF, le 2 juin 2026 - Modifié le 2 juin 2026
Point de vueClaire des Mesnards | Quand l'eau n'est plus source de vie

Peut-on encore faire confiance à l'eau que nous buvons ? Dans une lettre ouverte, des médecins alertent sur la présence de pesticides, microplastiques et polluants chimiques dans l'eau potable. Claire des Mesnards revient sur cette alerte et sur ses conséquences pour la santé de chacun. 

Claire des Mesnards ©DRClaire des Mesnards ©DR

Je suis tombée hier sur cette lettre ouverte qui m’interroge parce qu’elle vient de personnes généralement tenues à la discrétion, voire au secret. Il s’agit de médecins qui ont en charge un certain nombre de patients ; des médecins avec une expertise clinique, qui ont l’habitude d’ausculter, de poser un diagnostic et de prescrire un remède adapté à chacun. Des professionnels de santé qui lorsqu’ils préconisent quelque chose, le font non seulement avec une méthodologie scientifique, mais aussi dans un cadre strictement privé.

L'eau sous surveillance

Aujourd’hui, la parole de ces médecins s’élève dans l’espace public pour lancer l’alerte face à un phénomène inquiétant : la pollution du bien le plus indispensable à la vie, l’eau
De l’eau, on en a bu un peu plus que d’habitude récemment, avec ces fortes chaleurs ! Justement le genre de situations où on peut s’estimer heureux d’en avoir à volonté, quand on sait que plus de deux milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services sûrs d’alimentation en eau potable – ce sont les chiffres de l’ONU. Bien sûr, quand on parle de situation de stress hydrique on pense spontanément à des pays en développement, comme en Afrique ou en Asie. Mais cela existe aussi dans les pays riches comme les États-Unis, où l’eau est devenue inflammable par endroits à cause des produits employés pour extraire en profondeur le gaz de schiste.
                                                                                                                                          
Cependant, en France, des régulations sont en vigueur pour garantir un réseau d’eau potable performant. Ce qui n’empêche plus les pollutions locales, malheureusement. Par exemple, dans les Ardennes, 13 communes ont été affectées par des épandages industriels qui ont rendu l’eau impropre à la consommation. L’eau en bouteille n’est pas toujours une solution, le scandale des eaux Perrier dans le Gard l’a montré. Alors que faire ? La Conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux estime que près d’un tiers des Français ont consommé une eau non conforme au moins une fois en 2024. Non-conforme, c’est-à-dire présentant des taux trop élevés de pesticides, de micro-plastiques ou de polluants éternels, les PFAS. C’est dramatique parce que ces substances sont corrélées à des risques graves pour le système hormonal, nerveux et immunitaire. 

L'heure d'agir 

les médecins signataires de cette lettre identifient des liens possibles entre ces produits chimiques et des pathologies cardiaques et cancéreuses, des troubles neurodégénératifs, des troubles de la fertilité. Reste à savoir à qui incombe la charge de la preuve. Mais pour le docteur Pascal Meyvaert :  « L'heure n’est plus aux études supplémentaires : l’heure est au courage des solutions ». Ces dernières années, l’accent a plutôt été mis sur la responsabilité individuelle : vous avez entendu qu’il a été dit de ne pas boire d’alcool et de ne pas fumer, de manger cinq fruits et légumes par jour et de bouger. Mais dites-moi combien de comportements exemplaires ont été soudain radiés par un cancer inexpliqué ?  Combien de vies broyées par ces pollutions silencieuses dans lesquelles l’individu n’a absolument rien à dire, au motif que son cas serait isolé ? Aujourd’hui, ni les malades, ni ceux qui les soignent ne croient plus aux discours d’une science faussement humble, qui s’abaisserait à croire en la génération spontanée de troubles toujours plus fréquents.

En témoignent, avec ces médecins, d’autres organismes comme le Réseau Environnement Santé présidé par le chercheur André Cicolella, ou le collectif Cancer Colère lancé par la patiente Fleur Breteau. Les victimes et les scientifiques en sont bien d’accord : il faut en finir avec les pollutions. À l’heure où se préparent déjà les événements de la rentrée, avec au 1er septembre le Temps pour la Création, cette année sur le thème de l’eau, il est urgent d’agir pour que l’eau n’apporte plus la mort, mais la vie.


 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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