Blanche Streb | Maximilien Kolbe, martyr de la charité
LE POINT DE VUE DE BLANCHE STREB - Alors que sort en salles, "Maximilien Kolbe, une vie donnée", Blanche Streb revient sur le destin bouleversant du prêtre polonais mort à Auschwitz après avoir pris la place d'un père de famille condamné par les nazis.
Blanche Streb © DROn est en 1941, dans ce terrible camp de concentration qu’est Auschwitz. Un homme vient de s’évader. En représailles, dix sont choisis, condamnés au bunker de la mort, sans eau, nourriture, sans rien. Un père de famille est désigné. Il s’effondre. Le prêtre polonais sort du rang, s’avance, demande aux nazis de prendre sa place. Saisissant. L’originalité de ce film, c’est qu’il commence là. On est embarqué dans une forme de huis clos, là où tout espoir semble éteint. On est là, avec lui, avec eux, jusqu’à la fin. Maximilien sera encore vivant après deux semaines d’agonie. C’est surhumain ! Les Allemands, perdants de ce bras de fer spirituel, finissent par l’exécuter par injection létale.
Un film éprouvant mais lumineux
Le film est à déconseiller avant 14/15 ans. C’est dur, mais ce film est un miracle. Chaque image est un tableau. Les jeux de lumière, les visages… c’est poignant, tragique mais beau. Une journaliste américaine le décrit comme un « chef d’œuvre caravagesque » (de Caravage, le peintre). Les dialogues sont d’une puissance à couper le souffle : simples mais d’une grande intelligence, et d'une grande profondeur. C’est sobre, humble. Dans cet enfer, des miettes de Paradis s’insinuent, au cœur de la souffrance la plus inimaginable et de la cruauté nazie la plus inhumaine et la plus totale. C’est le combat du bien contre l’immensité de l’absurdité du mal. Un combat pour faire triompher l’amour dans cet enfer sur terre. Pour faire triompher l’humain contre l’inhumain.
Un combat qui se termine par la mort du prêtre franciscain, désormais connu dans le monde entier, qui sera canonisé en 1982 par jean-Paul II qui l’érige en « martyr de la charité ».
La victoire de l'espérance
On comprend avec Maximilien Kolbe que la barbarie ne gagne pas. Son geste, sa présence, le fait que ces hommes prient et chantent depuis leur bunker. Ce qui s’entendait et se répandait dans le camp, contagion de l’espérance et de la grâce, ont sûrement, d’une manière insoupçonnée, changé l’histoire du monde.
Je voudrais finir sur ces mots d’un survivant et témoin, Bielecki : « Grâce au Père, nous savions que quelqu’un parmi nous, dans cette nuit spirituelle de l’âme, brandissait l’étendard de l’amour haut et fort… C’est pourquoi il n’est ni vaincu par les oppresseurs, ni submergé par le désespoir. Des milliers de prisonniers se rappelaient brusquement que le monde véritable continuait d’exister, et que nos bourreaux ne seraient pas en mesure de le détruire. Plus d’un commença alors à chercher à l’intérieur de lui-même les traces de cet univers qui était le seul réel. Dire que le Père Kolbe est mort pour l’un d’entre nous est réducteur. Sa mort a été le salut de milliers de personnes. »
"Maximilien Kolbe, une vie donnée", film américano-polonais d’Anthony d'Ambrosio, distribué par Saje en France au Cinéma le 20 mai. C’était un missionnaire, un homme de médias et de radio…


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