Accueil
Blanche Streb | Liberté, vérité, résister

Blanche Streb | Liberté, vérité, résister

Un article rédigé par Blanche Streb - RCF, le 24 juin 2026 - Modifié le 24 juin 2026
Point de vueBlanche Streb | Liberté, vérité, résister

LE POINT DE VUE DE BLANCHE STREB - Résister au nom de la vérité et de la liberté : l'héritage de Marc Bloch peut-il encore nous inspirer aujourd'hui ? Blanche Streb relit l'actualité à la lumière de cette grande figure de la Résistance. 

Blanche Streb © DRBlanche Streb © DR

Je voulais parler de résistance, de vérité et de liberté en partant de cet événement d’hier : la panthéonisation de Marc Bloch et de sa femme, Simonne Vidal. Tous deux rejoignent d’autres figures de la résistance, comme les admirables Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, entrées en 2015 au Panthéon. Je ne vous cache pas que ces personnalités, la résistance en général, me touchent beaucoup. 

Mon grand-père aussi était résistant, arrêté, envoyé en camp. D’où, Dieu merci, il est revenu vivant, bien que très affaibli. S’il était mort, comme tellement d’autres, comme Marc Bloch assassiné en 1944 par la Gestapo, je n’existerai pas. Mon père ne serait pas né. Mais au-delà de mon histoire, c’est la grande histoire de notre pays dont il a été question, hier. 

Au nom de la vérité 

C'est une histoire qu’il ne faut jamais oublier, et qu’on a le devoir de transmettre. À Lyon, au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation, un mur affiche : « Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre ». C’est si juste. Or, l’histoire de Marc Bloch, c’était son métier. Une phrase de lui est à retenir, tirée de son livre L’étrange défaite. Il nous dit : « Nos chefs ne se sont pas seulement laissé battre. Ils ont estimé très tôt naturel d’être battus ». Marc Bloch, lui, s’est battu pour notre liberté. Sa conscience lui dictait de résister, au péril de sa vie. Au nom de la vérité, qu’il chérissait. Il avait demandé que l’on grave sur sa tombe "Dilexit veritatem", qui signifie "Il aimait la vérité".

Résister aujourd'hui 

Je voulais faire réfléchir à une autre forme de résistance d’aujourd’hui, dans notre pays, autour de la loi qui vise à légaliser le suicide assisté et l’euthanasie. Sans confondre les situations historiques, évidemment. Mais ces résistants nous rappellent qu'un citoyen ne doit pas renoncer à sa conscience lorsque l'État adopte des mesures contraires à la dignité humaine. Aujourd'hui, une résistance contre cette loi existe, elle s'exprime par la parole, la mobilisation associative, par des pétitions, des alertes de tous bords, et par la défense fondamentale de l'objection de conscience. Ce qui est légal n’est pas toujours moral, ne l’oublions jamais. 

Aujourd’hui sort un film au cinéma : "Anesthésia", réalisé par Damien Boyer. C’est une enquête exceptionnelle sur la fin de vie au cœur de plusieurs pays. J’invite nos auditeurs à aller le voir ou même à organiser une projection, c’est facile. Toutes les infos sont sur Orawa, le site du réalisateur.  

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Point de vue
©RCF
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Pour aller plus loin

Suivez l’actualité nationale et régionale chaque jour

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.