Blanche Streb | Liberté, vérité, résister
LE POINT DE VUE DE BLANCHE STREB - Résister au nom de la vérité et de la liberté : l'héritage de Marc Bloch peut-il encore nous inspirer aujourd'hui ? Blanche Streb relit l'actualité à la lumière de cette grande figure de la Résistance.
Blanche Streb © DRJe voulais parler de résistance, de vérité et de liberté en partant de cet événement d’hier : la panthéonisation de Marc Bloch et de sa femme, Simonne Vidal. Tous deux rejoignent d’autres figures de la résistance, comme les admirables Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, entrées en 2015 au Panthéon. Je ne vous cache pas que ces personnalités, la résistance en général, me touchent beaucoup.
Mon grand-père aussi était résistant, arrêté, envoyé en camp. D’où, Dieu merci, il est revenu vivant, bien que très affaibli. S’il était mort, comme tellement d’autres, comme Marc Bloch assassiné en 1944 par la Gestapo, je n’existerai pas. Mon père ne serait pas né. Mais au-delà de mon histoire, c’est la grande histoire de notre pays dont il a été question, hier.
Au nom de la vérité
C'est une histoire qu’il ne faut jamais oublier, et qu’on a le devoir de transmettre. À Lyon, au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation, un mur affiche : « Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre ». C’est si juste. Or, l’histoire de Marc Bloch, c’était son métier. Une phrase de lui est à retenir, tirée de son livre L’étrange défaite. Il nous dit : « Nos chefs ne se sont pas seulement laissé battre. Ils ont estimé très tôt naturel d’être battus ». Marc Bloch, lui, s’est battu pour notre liberté. Sa conscience lui dictait de résister, au péril de sa vie. Au nom de la vérité, qu’il chérissait. Il avait demandé que l’on grave sur sa tombe "Dilexit veritatem", qui signifie "Il aimait la vérité".
Résister aujourd'hui
Je voulais faire réfléchir à une autre forme de résistance d’aujourd’hui, dans notre pays, autour de la loi qui vise à légaliser le suicide assisté et l’euthanasie. Sans confondre les situations historiques, évidemment. Mais ces résistants nous rappellent qu'un citoyen ne doit pas renoncer à sa conscience lorsque l'État adopte des mesures contraires à la dignité humaine. Aujourd'hui, une résistance contre cette loi existe, elle s'exprime par la parole, la mobilisation associative, par des pétitions, des alertes de tous bords, et par la défense fondamentale de l'objection de conscience. Ce qui est légal n’est pas toujours moral, ne l’oublions jamais.
Aujourd’hui sort un film au cinéma : "Anesthésia", réalisé par Damien Boyer. C’est une enquête exceptionnelle sur la fin de vie au cœur de plusieurs pays. J’invite nos auditeurs à aller le voir ou même à organiser une projection, c’est facile. Toutes les infos sont sur Orawa, le site du réalisateur.


Des chroniqueurs d'horizons variés nous livrent leur regard sur l'actualité chaque matin à 7h20, dans la matinale.
- Le lundi : Madeleine Vatel, journaliste au service foi & spiritualité de RCF ;
- Le mardi : Claire des Mesnards, pasteure de l'EPUdF et secrétaire exécutive du réseau européen chrétien pour l’environnement, et Elisabeth Walbaum, déléguée à la vie spirituelle à la Fédération de l'Entraide Protestante ;
- Le mercredi : Blanche Streb, essayiste, chroniqueuse, docteur en pharmacie, auteure de "Grâce à l’émerveillement" (éd. Salvator, 2023), "Éclats de vie" (éd. Emmanuel, 2019) et "Bébés sur mesure - Le monde des meilleurs" (éd. Artège, 2018), et Marie Wallaert de Lutte & Contemplation ;
- Le jeudi : Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne, et Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de La Vie ;
- Le vendredi : Etienne Pépin, directeur des programmes de RCF et Radio Notre-Dame.




