Blanche Streb | Euthanasie et suicide assisté: Ecosse et Royaume-Uni disent non
LE POINT DE VUE DE BLANCHE STREB – Le texte de loi sur la fin de vie poursuit son parcours parlementaire. Il est aujourd’hui examiné en commission des affaires sociales et reviendra au Sénat à la mi-mai. L’Écosse et le Royaume-Uni se sont à leur tour emparés du sujet.
Blanche Streb © DRLe texte français poursuit son funeste chemin. On verra. Deux autres pays, récemment, ont freiné. L’Ecosse, d’abord. Il y a un mois, après deux ans de débat, le Parlement a rejeté une loi sur le suicide assisté. Elle avait été adoptée en première lecture, puis finalement rejetée par 69 voix contre 57.
Protéger les personnes vulnérables
Ce temps du débat a permis aux positions des uns et des autres d’évoluer. Le rejet par l’Écosse de la mort assistée est une bonne nouvelle. Il montre que ce sujet si sensible, où la vie et la mort sont en jeu, nécessite du temps pour que les vrais enjeux apparaissent. De nombreuses organisations professionnelles (de psychiatres, généralistes, médecine palliative, pharmacie, de personnes handicapées) ont eu le temps d’exprimer leurs inquiétudes ou de s’y opposer. Plusieurs députés ont invoqué la crainte que des personnes vulnérables ne soient soumises à des influences ou pressions les incitant à envisager de mettre fin à leurs jours. Le député handicapé Jeremy Balfour a relayé les craintes de personnes « terrifiées » par cette législation. La députée Pam Duncan-Glancy, paralysée des jambes, a plaidé pour « rendre la vie plus facile que la mort ».
Les conditions posées dans le texte se sont en fait révélées intenables. L’ancien premier ministre écossais, Humza Yousaf, a relevé le choix truqué de ce type de loi. Je le cite : « Ma conscience me dit ceci : une société qui laisse une personne atteinte d’une maladie en phase terminale croire que ses seules options sont soit d’endurer des souffrances intolérables, soit de mettre fin à sa vie prématurément est une société qui l’a laissée tomber. Je refuse d’accepter que ce soient les deux seules options possibles ». Et concluant croire à une troisième voie. Cette voie, c’est bien sûr celle des soins palliatifs, la seule véritable « aide à mourir » digne, fraternelle et juste. Bref, le pays a fait preuve de bon sens et rejeté ce texte.
Un abandon du texte au Royaume-Uni
Un texte a aussi été débattu pour l’Angleterre et le pays de Galles. La Chambre des communes l’avait approuvé, mais il a échoué et a été abandonné en fin de semaine dernière.
Le président de Care Not Killing (en français : « Soigner, ne pas tuer »), Gordon Macdonald, a salué l’échec d’un texte « à la fois dangereux, inapplicable, truffé de lacunes et qui aurait laissé les plus vulnérables, y compris les personnes suicidaires ou sous pression financière, dangereusement exposés aux pressions ».
Espérons que cela enseigne notre pays. Ici aussi, on voit que l’euthanasie et le suicide assisté, plus on comprend les enjeux, et moins on en veut.


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